Le chef de file de la Ligue, Matteo Salvini. REUTERS/Alessandro Bianchi

Les dirigeants du parti populiste Mouvement 5 Etoiles (M5S) et de la formation d'extrême droite la Ligue se sont entendus jeudi en Italie sur les grands principes d'un accord de gouvernement.

Au terme d'une journée de discussions, Luigi Di Maio (M5S) a annoncé avoir achevé avec Matteo Salvini (Ligue) l'examen du programme commun et qu'ils le présenteraient lundi au président Sergio Mattarella.

L'accord doit encore être ratifié par les adhérents des deux partis avant d'être soumis à l'approbation du chef de l'Etat.

Dans les grandes lignes, on sait ainsi que leur projet prévoit de réduire les impôts et d'amplifier les dépenses sociales, ce qui ne manquera pas d'irriter les partenaires européens de Rome déjà confrontés au Brexit.

Ces derniers seront intéressés par ce que le projet exclut: 

  • Le contrat ne demande pas d'exclure du calcul de la dette les rachats d'obligations par la Banque centrale européenne (BCE).
  • Il ne prévoit pas non plus une sortie de l'Italie de l'euro ou de référendum sur la question. "Toute référence à la monnaie unique a été supprimée", avait annoncé une source proche du dossier un peu plus tôt à Reuters.
  • Le projet exclut aussi que l'un des deux chefs des partis de la coalition — Luigi Di Maio ou Matteo Salvini — devienne le prochain président du Conseil

En revanche, le projet envisage de

  • revoir avec les partenaires européens les règles de la gouvernance économique, y compris le pacte de stabilité.
  • Luigi Di Maio et Matteo Salvini réclament que les dépenses d'investissement ne soient pas prises en compte dans le calcul du ratio dette/PIB.
  • Leur prévoit aussi la création d'un revenu universel mensuel de 780 euros par personne.
  • Un volet porte sur l'émission d'obligations à court terme pour régler les dettes de l'Etat auprès des entreprises. Le ministre de l'Economie du gouvernement sortant, Pier Carlo Padoan, avait critiqué cette proposition, la qualifiant de "plan visant à mettre en circulation une devise parallèle déguisée", ce qui risquait d'"aggrave[r] considérablement" les finances publiques du pays.
  • Il est prévu de ramener l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés à deux tranches, taxées respectivement à 15% et 20%. 
  • Une enveloppe de 5 milliards d'euros est prévue pour abolir la réforme des retraites passées en 2011 et permettre la retraite après 41 ans de cotisation.
  • Le projet propose aussi de rediscuter le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin.
  • La compagnie aérienne Alitalia serait relancée. 

Les craintes qui entourent la composition et le programme des deux mouvements inquiètent les marchés financiers ainsi qu'à Bruxelles et à Francfort.

On redoute que la nouvelle équipe gouvernementale freine les efforts menés pour un approfondissement de l'intégration européenne et fasse replonger la zone euro  dans une crise de la dette.

En Italie, elle représente actuellement 132% du produit intérieur brut, un niveau qui n'est dépassé dans la zone euro que par la Grèce.

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