Voici pourquoi les étudiants doivent s'inquiéter pour leurs examens si leur université est bloquée

Manifestation étudiante devant le campus de Jussieu à Paris, 10 avril 2018. REUTERS/Benoit Tessier

  • Au moins 13 établissements d’enseignement supérieur sont bloqués en France.
  • Quelques uns sont occupés depuis des semaines par des étudiants qui protestent contre la réforme de l'accès à l'université.
  • Alors que des partiels devraient avoir lieu dès la semaine prochaine, de nombreux professeurs soutiennent les comités de mobilisation étudiants et renoncent à organiser des examens.

De Montpellier 3 à Paris 1 en passant par Toulouse 2, Paris 8, Rennes 2, Lille 2 et 3, Lyon 2: la liste des universités bloquées ou occupées ne cesse de s'allonger. Depuis plusieurs semaines, les étudiants dénoncent ainsi la loi modifiant l'accès à l'université, dite "Ore" pour "Orientation et Réussite des Etudiants". 

Le texte veut réduire le taux d'échec en première année d'université mais revient, pour ses détracteurs, à faire une "sélection" à travers le classement des candidatures des bacheliers. 

Or, alors que les partiels commencent dès lundi dans certaines universités, les étudiants n'ont toujours aucune information sur le maintien ou non des examens et surtout leur organisation. 

Voici les différentes initiatives proposées pour le moment:

1. Partiels annulés  

C'est le résultat des votes d'une assemblée générale du personnel de Paris I qui s'est tenue en Sorbonne le 5 avril. Composée essentiellement de professeurs,  l'AG a décidé qu'aucun partiel ne serait organisé sans le retrait de la loi relative à l'Orientation et à la réussite des étudiants (ORE) et au dispositif ParcoursSup (qui a remplacé cette année la plateforme Admission Post Bac). Pour ce qui est des notes, les professeurs feraient une moyenne des notes obtenus au contrôle continu, donc au début du semestre, certains proposeraient à leurs étudiants de leur envoyer des devoirs supplémentaires par email.

Capture d'écran du compte Twitter de Guillaume Mazeau, maître de conférences à Paris 1

2. Partiels annulés et note minimale accordée à tous les étudiants

Les comités de mobilisation demandent une annulation des partiels puisqu'il n'y a pas eu de cours. Ils veulent aussi une note minimale accordée à tous les étudiants pour ne pas pénaliser ceux qui étaient mobilisés et bloquaient/occupaient leurs facs, ni ceux qui ont été empêchés de se rendre en cours, en TD ou même à la bibliothèque. Les militants ne sont pas d'accord sur la note:

  • à Lille 2, les AG ont voté le 12/20;
  • à Bordeaux ils proposent 15/20 pour toutes les filières concernées, afin de ne pénaliser personne dans la poursuite de ses études.

Ce ne serait pas une première fois: en 2007, des étudiants d'un site de Paris 8 (Saint-Denis) avaient eu 10 d'office après avoir organisé un blocus d'opposition à la loi Pécresse.

Communiqué de l'université libre du campus Victoire (Bordeaux)

Sauf qu'avec les récentes déclarations d'Emmanuel Macron, cela parait inconcevable. Il a déclaré au JT de TF1 : "Les étudiants doivent comprendre une chose. S'ils veulent avoir leurs examens en fin d’année, ils doivent réviser. Car il n’y aura pas d’examens en chocolat dans cette République". 

3.  Le 10 améliorable

L'idée domine chez le comité de mobilisation et les étudiants de la Sorbonne-Paris 1. Tout le monde passerait les partiels. Ceux qui obtiendraient 10/20 ou moins garderaient le 10 et valideraient donc leur semestre; ceux qui auraient plus de 10 garderaient leur note, donc leurs efforts ne seraient pas pénalisés. Une solution pour le moment refusée par l'Université.

4. Les partiels sont maintenus — même s'ils doivent se faire en ligne

Le président de la République a assuré jeudi 12 avril que les partiels auront lieu coûte que coûte. Ils se tiendront même "en ligne s'il le faut". C'est la solution qu'ont choisie certaines universités — la dématérialisation des partiels. Patrick Gilli, président de l'université Paul Valéry de Montpellier, a annoncé jeudi 5 avril que dans son établissement, 780 examens sur se feront en ligne. Il s'agirait de QCM et de dossiers à faire chez soi et à renvoyer à l'établissement dans un temps imparti.

5. Le report des partiels

De nombreuses universités vont sûrement devoir repousser les partiels, dans l'attente de la fin des blocus. Une solution qui dérangerait de nombreux étudiants de fin de licence qui ont besoin de leurs notes pour soumettre des dossiers à des masters sélectifs,  qui ont besoin de passer le TOEIC pour entrer dans d'autres écoles (de commerce surtout) ou encore qui travaillent en parallèle et qui ont déjà posé des jours de congé pour passer leurs examens.

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  1. Pimpim

    Bravo à l'équipe qui a rédigé le communiqué concernant Bordeaux.
    Trois fautes en huit lignes (touché mal accordé, découlants est employé ici comme participe présent donc à ne pas accorder, chaque étudiant.es mal accordé) et ces étudiants exigent l'obtention d'une note minimale !
    De ce côté, no problemo, leur savoir est assimilable à des produits de grande distribution donc à certaines entreprises du CAC40.
    J'ai une proposition plus simple encore : chaque bachelier devrait avoir un diplome (de son choix) offert avec le baccalaureat.
    Pourquoi des études supérieures pour des personnes qui ne maîtrisent pas l'expression écrite niveau collège ?

  2. Gruel

    On dit no problema et non pas non problemo !!!!

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