Le haut fonctionnaire Jean-Pierre Landau a remis mercredi 4 juillet son rapport de 107 pages sur les crypto-monnaies au ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire. Si ce document était attendu, certaines suggestions qu'il formule ne l'étaient pas forcément. 

L'ancien sous-gouverneur de la banque de France invite les pouvoirs publics à s'emparer de la technologie sécurisée de la blockchain, sur laquelle repose les crypto-monnaies. 

"De simples investisseurs dans la blockchain, les autorités publiques doivent prendre le leadership et se muer en véritables développeurs de nouvelles applications permises par la blockchain, telles que la digitalisation de l'accès à un service donné", précise son rapport.

Selon Jean-Pierre Landau, cela donnera la possibilité aux acteurs publics "d'incuber les évolutions technologiques les plus récentes et de mieux en appréhender les risques et les opportunités".

Lutter contre la revente au marché noir

Et pour cela, il propose deux expérimentations différentes. La première, à l'occasion des Jeux olympiques (JO) de Paris en 2024. Il s'agirait de digitaliser une partie de la billetterie de cet évènement sportif, via l'intermédiaire de jetons numériques ("tokens" en anglais).

"Les tokens donnant accès à cette cérémonie seraient émis sur une blockchain au bénéfice des personnes ayant contribué à la préparation et à l’organisation d’événements populaires autour des jeux", suggère le rapport. Cette façon d'octroyer des billets aurait un double avantage: elle pourrait permettre de toucher un public plus large, d'une part, et éviterait les rachats illégaux, d'autre part.

"Ces tokens pourraient être ensuite échangés de manière transparente sur cette même blockchain, sécurisant ainsi les transactions et réduisant d'autant les risques liés à la revente au marché noir, à la contrefaçon ainsi qu'à la fraude", explique Jean-Pierre Landau.

Des tokens pour faire du vélo

Outre les JO 2024, des tokens pourraient être accordés en échange d'un service rendu à la collectivité.

"Sous réserve de leur engagement ou de leur participation à la réalisation d’un service public, les usagers pourraient se voir distribuer en retour des tokens qu'ils pourraient échanger contre l’accès à un autre service", estime le haut fonctionnaire.

Son rapport propose par exemple de rétribuer en jetons numériques "la réalisation d'opérations volontaires de nettoyage" dans les grandes villes. Ces tokens seraient ensuite convertibles pour accéder à une offre de vélos ou de voitures en libre-service.

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