Deux hommes inspectent des blocs d'aluminium recyclés. Paulo Whitaker/Reuters

Les Etats-Unis ont organisé mercredi 15 novembre une journée nationale du recyclage. Cette journée verte existe pour plusieurs raisons: recycler permet de limiter les déchets dans les rues, limite le besoin d'opérations de minage de métaux mauvaises pour l'environnement, et nourrit l'emploi industriel. 

La pratique permet aussi de réduire les émissions de dioxyde de carbone qui réchauffent la planète. Chaque tonne de boîtes de conserve en aluminium (soit 64.000 boîtes) permet ainsi d'éliminer 10 tonnes de CO2 de l'atmosphère, d'après Popular Mechanics.

Mais le recyclage n'est pas la panacée. Une idée plus utile serait de s'engager pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Mais le président américain, Donald Trump, a décidé de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat. 

Sa décision a été dénoncée internationalement et survient après l'année la plus chaude enregistrée depuis 1880 — date à laquelle les scientifiques ont commencé à tenir des registres sur les températures mondiales — et le cinquième record annuel des dix dernières années. En 2016, la Terre a connu en moyenne une température de 1,26 degrés Celsius au dessus des moyennes pré-industrielles, ce qui la rapproche dangereusement de la limite des 1,5 degrés Celsius établie par les observateurs internationaux

"On ne peut pas arrêter le réchauffement climatique", a expliqué à Business Insider Gavin Schmidt, un climatologue à la tête du Goddard Institute of Space Studies de la NASA. "Tout ce qui s'est passé jusqu'ici fait partie de l'équation." 

Cela veut dire que même si les émissions de carbone redescendaient demain à zéro, nous verrons quand même les effets du changement climatique causé par les hommes pendant des siècles. Et nous savons tous que les émissions ne s'arrêteront pas immédiatement. La clé maintenant, selon Schmidt, est de ralentir suffisamment le changement climatique pour nous permettre de nous adapter le moins douloureusement possible. 

Voici à quoi ressemblera la Terre dans 100 ans si nous arrivons à maîtriser le changement climatique. 

"Je pense que viser 1,5 degrés Celsius est inaccessible comme objectif à long terme", dit Schmidt. Il estime que les températures dépasseront largement cet objectif d'ici 2030.

Stephane Mahe/Reuters

Mais Schmidt est plus optimiste pour l'objectif qui vise à limiter la hausse des températures à 2 degrés Celsius. C'est le seuil que les Nations Unis espèrent ne pas dépasser.

Vincent Kessler/Reuters

Imaginons que nous arrivons quelque part entre ces deux températures. À la fin de ce siècle, le monde sera plus chaud de 1,16 degrés Celsius par rapport à aujourd'hui. 

NASA

Mais la température moyenne à elle seule n'explique pas tout. Les anomalies de températures — soit l'écart de la température d'une région donnée par rapport à ce qui serait "normal" dans cette région — vont connaître d'énormes fluctuations. 

Oli Scarff/Getty

Source: Business Insider

Par exemple, la température du Cercle arctique a dépassé les glaciales pendant une journée en 2016 — c'est extrêmement chaud pour l'Arctique. Ce genre d'anomalie deviendra de plus en plus fréquente. 

Bob Strong/Reuters

Source: Washington Post

Cela signifie que les années comme 2016, qui a établi un record de surface de la banquise la plus faible, deviendront ordinaires. Il pourrait ne pas y avoir de neige au Groenland durant les étés d'ici 2050. 

NASA Goddard Flickr

Source: Journal of Advances in Modeling Earth Systems

Durant l'été 2012, 97% de la surface de la calotte groenlandaise avait commencé à fondre.  C'est un évènement qui n'arrive qu'une fois par siècle, mais nous pourrions observer une fonte des glaces similaire une fois tous les six ans d'ici la fin du siècle.

Flickr/Ville Miettinen

Source: Climate CentralNational Snow & Ice Data Center

Le point positif est que la glace en Antarctique restera stable, contribuant peu à la montée du niveau de la mer. 

Andreas Kambanis on Flickr

Source: Nature

Cependant, des effondrements de barrière de glace pourraient surprendre les chercheurs avec une nouvelle montée du niveau des mers.

Un fossé de 91 mètres de large et 112 km de longueur au Larsen C Ice Shelf en Antarctique, vue en novembre 2016. John Sonntag/IceBridge/NASA Goddard Space Flight Center

Source: Business Insider

Même dans les meilleurs scénarios possibles, les océans devraient voir leur niveau augmenter de près d'un mètre d'ici 2100. Cela pourrait déplacer jusqu'à 4 millions de personnes. 

Thomson Reuters

Source: NASATime

Les océans absorbent environ un tiers de tout le dioxyde de carbone de l'atmosphère, ce qui les réchauffe et augmente leur acidité. La hausse des températures causera donc l'acidification des océans à travers le monde. 

Brandi Mueller pour Argunners Magazine

Source: International Geosphere-Biosphere Program

Dans les tropiques, cela signifie que pratiquement tous les récifs coralliens pourraient êtres dévastés. Dans le meilleur des cas, la moitié de tous les récifs coralliens sont menacés. 

Matt Kieffer/flickr

Source: International Geosphere-Biosphere Program

Et même si nous maîtrisons les émissions de CO2, les étés dans les tropiques pourraient voir une augmentation des jours d'extrême chaleur de 50% d'ici 2050. Dans le nord, 10% à 20% des jours de l'année seront plus chauds. 

Lionel Cironneau/AP

Source: Environmental Research Letters

Sans régulation de nos émissions (le scénario habituel), les tropiques enregistreront des températures anormalement chaudes tout au long de l'été. Dans les zones tempérées, 30% des jours ou plus auront des températures que nous considérons actuellement comme inhabituelles. 

AP Photo/Matt York

Source: Environmental Research Letters

Même un tout petit peu de réchauffement affectera probablement les ressources en eau. Dans une étude de 2013, les scientifiques prévoyaient que le monde connaîtrait des sécheresses plus fréquentes. Sans régulation, le changement climatique pourrait causer des sècheresses sévères sur 40% du territoire, soit le double d'aujourd'hui. 

Reuters

Source: PNAS

Et il y a bien sûr les conditions climatiques. Si on se fie à l'évènement extrême d'El Niño de 2015-2016, nous devrions avoir plus de désastres naturels — des tempêtes, incendies de forêts, et canicules devraient se multiplier pour 2070 et plus. 

REUTERS/Max Whittaker

Source: Environment360

Aujourd'hui, l'humanité se tient au bord du précipice. Si nous ignorons les signes d'avertissements, nous pourrions en arriver à ce que Schmidt envisage comme une "planète très différente" — presque aussi différente que que notre climat actuel l'est de l'âge de glace le plus récent. 

Reuters

Ou nous pouvons innover. Dans le meilleur des cas nous pouvons espérer atteindre des émissions négatives d'ici 2100 — ce qui veut dire absorber plus de carbone que nous émettons à travers la technologie "carbon-capture".

Reuters/Aly Song

Source: The Guardian

Schmidt dit que la Terre en 2100 serait quelque part entre " un peu plus chaude et beaucoup plus chaude qu'aujourd'hui." À l'échelle planétaire, cela pourrait signifier des millions de vies sauvées, ou pas. 

Benoit Tessier/ Reuters

Version originale: Dave Mosher/Business Insider

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