Environ 270.000 personnes en Nouvelle-Calédonie sont appelées, ce dimanche 4 novembre 2018, à dire si oui ou non ils souhaitent rester dans le giron de la France.

Ils devront répondre précisément à la question suivante: "voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?"

Ce référendum d'autodétermination a lieu plus d'un siècle et demi après la colonisation de l'archipel, situé dans l'océan Pacifique sud, à 18.000 km de Paris, par la France de Napoléon III, qui s'en sert alors comme bagne pour les condamnés politiques et de droit commun.

Qui défend l'indépendance et qui est contre?

Les partis "loyalistes" qui prônent le "non" sont Calédonie ensemble, le Rassemblement LR et les Républicains calédoniens. Ceux qui prônent l'indépendance sont les deux courants du FLNKS (Union calédonienne et Union nationale pour l’indépendance).

Pourquoi le référendum a lieu maintenant? 

En réalité, ce scrutin était juridiquement prévu depuis les fameux accords de Matignon de juin 1988, première étape du travail de réconciliation entre les populations autochtones de l'archipel — appelées les Kanaks — et les descendants des colons européens — appelés les Caldoches. 

Porté par les idéaux de Mai-68, un mouvement de revendication séparatiste kanake s'organise sur l'archipel dans les années 1970. Une quasi guerre civile éclate dans les années 1980 entre les Kanaks et les Caldoches et fait 70 morts.

Vient ensuite la prise d'otage par des indépendantistes de 23 gendarmes en mai 1988 et l'assaut de la grotte d'Ouvéa qui s'en suit pour les libérer. Bilan humain: 21 morts. L'archipel est alors sous le choc et un travail de réconciliation débute.

Les fameux accords de Matignon signés en juin 1988 par les indépendantistes et les loyalistes représentent la première pierre à l'édifice. Ils prévoient entre autres l'organisation d'un scrutin d'autodétermination dix plus tard.

Mais 10 ans plus tard, en 1998, le référendum est finalement repoussé. Les deux parties, avec l'entremise de l'Etat français, se mettent d'accord sur un nouveau processus de décolonisation, par étapes. L'accord de Nouméa, approuvé par 72% des Calédoniens lors d'un scrutin, est signé: il institue une citoyenneté calédonienne, permet le transfert progressif des compétences non régaliennes et prévoit une nouvelle fois un vote d'autodétermination entre 2014 et 2018.

Qui peut gagner?

Selon une enquête réalisée mi-septembre par l'institut Harris interactive pour France Télévisions, les indépendantistes ont peu de chances de gagner. Mais si le oui l'emporte, un transfert des compétences régaliennes — sécurité, ordre public, monnaie et justice — devrait être effectué, l'archipel devrait également accéder au "statut international de pleine responsabilité" entre autres. Mais l'accord de Nouméa ne prévoit aucunement comment tout cela se passera de façon précise. 

Si le non l'emporte en revanche, on pourrait penser que les choses seraient plus simples. Mais en vérité, l'accord de Nouméa prévoit l'organisation de deux autres consultations à la demande du tiers des membres du Congrès calédonien — où les non-indépendantistes sont majoritaires. Les consultations devront porter sur la même question que celle posée la première fois, précise la loi.

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