Le négociateur de l'UE pour le Brexit Michael Barnier (dr) avec le ministre britannique chargé de la sortie de l'Union européenne David Davis à Bruxelles le 19 juin 2017. REUTERS/Eric Vidal

Les discussions sur le Brexit ont repris ce lundi à Bruxelles.

Dans les quatre prochains jours, les négociateurs européens espèrent obtenir davantage de détails sur les intentions encore floues du gouvernement britannique, près d'un mois après le lancement formel des discussions le 19 juin.

"Nous avons pris un bon départ le mois dernier, mais nous entrons maintenant dans le vif du sujet", a déclaré David Davis, le ministre britannique chargé de la sortie de l'Union européenne, à son arrivée au siège de la Commission européenne lundi.

"Nous allons maintenant nous plonger au coeur du dossier. Nous devons examiner et comparer nos positions respectives afin d'accomplir des progrès", a pour sa part expliqué Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit.

Les deux parties ont jusqu'au 29 mars 2019 — soit environ 20 mois — pour s'entendre sur les conditions du divorce entre Londres et Bruxelles et les termes de leurs relations futures.

Il y a deux sujets prioritaires à l'agenda, qui devraient être réglés d'ici à octobre:

  • les droits des millions de ressortissants européens vivant en Grande-Bretagne et des Britanniques établis sur le continent;
  • la "facture du Brexit" — estimée à au moins 60 milliards d'euros — que le Royaume-Uni doit solder auprès de l'UE.

Une avancée clé pour l'Europe serait qu'à l'issue de ce premier tour de négociations, Londres cesse de contester l'existence même de cette dette, avant même d'évoquer son montant.

Le sort des biens britanniques dans l'UE et la question de la frontière Irlande et Irlande du Nord sont aussi au programme de ces quatre jours de négociations. 

Une période de transition

Si les discussions progressent convenablement, les dirigeants de l'UE pourraient demander à Michel Barnier de préparer des négociations commerciales à l'occasion de leur Conseil européen de la mi-octobre.

Depuis un an, Bruxelles suppose que le Royaume-Uni aura besoin d'une période de transition entre sa sortie de l'UE et la mise en oeuvre d'un nouvel accord avec les Européens, même si les grandes lignes auront été fixées d'ici mars 2019.

L'idée ne fait pas l'unanimité outre-Manche car Londres devrait continuer à suivre les règles de l'UE et contribuer au budget européen durant une telle période de transition.

Selon le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, les principaux ministres du gouvernement de Theresa May — elle-même fragilisée après avoir perdu des élections le mois dernier — étaient désormais favorables à l'instauration de cette période de transition.

"Il y a encore cinq semaines, l'idée d'une période de transition était encore novatrice. Je pense désormais que (...) presque tout le monde s'accorde sur la nécessité d'une telle transition", a déclaré Philip Hammond à la BBC.

La durée de cette période de transition dépendra du temps qu'il faudra pour mettre en place les nouveaux systèmes, qu'il s'agisse des services des douanes et de l'immigration, par exemple, et elle pourrait durer deux ans au moins.

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