Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg. Facebook

  • Des analystes de Macquarie Research ont prévenu qu'il y avait trois risques principaux pour l'action de Facebook suite au scandale de Cambridge Analytica: un risque juridique et politique, le fait que les gens commencent à se méfier des réseaux sociaux et une décision radicale venant de Facebook. 
  • Les analystes ont dit que "les titres des journaux comptent" pour l'action de Facebook. 
  • Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, n'a pour l'instant rien dit sur le scandale en cours.

Dans une note publiée lundi 19 mars 2018, Macquarie Research a dit que les "titres de journaux comptent" pour Facebook, alors que les médias écrivent de nombreux articles sur le fait que Cambridge Analytica aurait recueilli les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook, sans qu'ils le sachent ou y consentent, à des fins politiques. 

"Dans ce cas, les titres des journaux ont beaucoup d'importance pour l'action" de Facebook, a écrit un analyste dans la note. "Bien que de nombreux journalistes et d'autres pourront analyser de façon précise ce qui s'est passé avec le scandale impliquant Cambridge Analytica, en termes de nombre de comptes et s'il s'agissait d'une 'faille de données' ou non, les détails importent très peu pour un analyste boursier. Ce qui importe pour cette action, actuellement, ce sont les titres des journaux." 

Macquarie Research a présenté trois zones de risques pour Facebook et son action suite à ce dernier scandale: un risque juridique et politique pour Facebook, le fait que les gens vont commencer à ne plus aimer les réseaux sociaux, et la possibilité que Mark Zuckerberg prenne une décision radicale pour répondre au scandale de Cambridge Analytica, qui pourrait réduire le chiffre d'affaires de Facebook. 

Il y a un risque politique et juridique imminent pour Facebook 

Le premier risque semble évident: la commissaire de l'information du Royaume-Uni a dit qu'elle cherchait à obtenir un mandat pour perquisitionner les bureaux de Cambridge Analytica. Et deux sénateurs américains, un Républicain et un Démocrate, ont appelé Mark Zuckerberg à témoigner devant le Congrès américain

Dont la menace politique et juridique pour Facebook semble claire. Le réseau social n'est peut-être pas directement impliqué dans ce que Cambridge Analytica a fait, mais les législateurs veulent une explication de comment tout cela s'est produit. 

Sans oublier qu'il existe une plus grande inquiétude concernant une régulation accrue des grandes entreprises tech. Plusieurs figures tech de grande influence ont désormais appelé pour une régulation plus importante. Le créateur du Web, Sir Tim Berners-Lee, a récemment dit qu'un "cadre légal ou réglementaire" pourrait être nécessaire pour les entreprises technologiques. 

Il est possible que les gens commencent à voir les réseaux sociaux autrement

Le second risque présenté par Macquarie Research est un risque difficile à définir. "Les connotations négatives concernant les réseaux sociaux 'semblent' grandir", selon la note. Et le scandale de Cambridge Analytica n'arrange rien à cela. 

Il est devenu commun de lire de longues critiques et études concernant le rôle des médias sociaux dans de grandes publications. L'année dernière, le London Review of Books a publié un long article sur Facebook intitulé "Vous êtes le produit". Et l'éditorialiste du NY Times Farhad Manjoo a essayé de ne pas tomber sur des informations émanant des réseaux sociaux pendant deux mois ("Ça a changé ma vie").

Macquarie Research a reconnu qu'il n'avait pas de données brutes pour soutenir son hypothèse. Mais les sondages montrent en tout cas que cette peur existe. En octobre dernier, un sondage a montré que ça ne dérangerait pas près de deux tiers des écoliers si les réseaux sociaux n'avaient pas été inventés

Mark Zuckerberg pourrait prendre une décision 'radicale'

Finalement, les analystes s'inquiètent de la manière dont Mark Zuckerberg va tenter de résoudre ce scandale. 

"Nous pensons que Facebook pourrait prendre plus de décisions radicales qu'il ne l'a fait dans le passé pour limiter l'utilisation de la segmentation de l'audience, le ciblage publicitaire, le partage des données et d'autres problèmes liés à la vie privée, ce qui pourrait réduire la monétisation des données de Facebook", a dit un analyste. "Il s'agit de notre préoccupation pour les financiers."

Mark Zuckerberg pourrait sévir contre les publicités à caractère politique ou limiter la quantité de données que les annonceurs peuvent partager. Cela pourrait probablement aider Facebook à se défendre face à la couverture médiatique négative qu'elle recueille actuellement, mais ça pourrait aussi réduire les bénéfices que l'entreprise se fait. 

Mark Zuckerberg n'a pour l'instant pas commenté l'affaire. Mark Zuckerberg mais aussi sa COO Sheryl Sandberg, sont restés silencieux. Au lieu de ça, l'entreprise a publié un communiqué de presse vendredi dernier avant les articles du NY Times et The Observer. 

Version originale: James Cook/Business Insider UK

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