Le secrétaire britannique du Brexit, David Davis lors d'une conférence de presse, le 10 novembre 2017 à Bruxelles. REUTERS/Eric Vidal

Le Royaume-Uni a proposé de payer l'essentiel de ce que l'Union européenne lui réclame pour régler la note du Brexit, a appris Reuters mardi auprès de l'UE, confirmant des informations de la presse britannique.

La somme que proposerait le gouvernement britannique tournerait autour de 50 milliards d'euros, selon The Telegraph et The Financial Times.

Selon le Financial Times, le Royaume-Uni est prêt à honorer l'intégralité de ses engagements financiers, soit un total pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros. Le quotidien économique ajoute que les paiements nets de Londres sur ce passif seront étalés sur plusieurs décennies et représenteraient moins de la moitié de ce total.

Le Daily Telegraph écrit pour sa part que le Royaume-Uni a donné son accord de principe à l'Union européenne, ajoutant que la somme définitive, laissée délibérément dans l'ambiguïté, serait comprise entre 45 et 55 milliards d'euros.

La Commission européenne a dit souhaiter recevoir 60 milliards d'euros.

Le différend sur la "facture du divorce" est l'un des obstacles majeurs à l'ouverture de la deuxième phase des négociations concernant les contours d'un accord commercial post-Brexit entre Londres et l'UE.

Ce montant représente la part que Londres devra payer après le Brexit, prévu le 29 mars 2019 à 23h00 GMT, pour des engagements pris avant cette date, par exemple le paiement des retraites de personnels de l'UE.

La Première ministre britannique Theresa May doit s'entretenir lundi 4 décembre 2017 avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier.

Ce dernier a déclaré mercredi matin à Berlin qu'il espérait pouvoir informer "dans les prochain jours" les Vingt-Sept d'un accord avec Londres sur les termes financiers du divorce.

L'ancien commissaire européen, qui s'exprimait lors d'une conférence sur la sécurité, n'a rien dit des contours de l'accord qui se profile et a précisé que les discussions se poursuivaient.

Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE sur le Brexit. REUTERS/Francois Lenoir

"Nous menons vraiment, vraiment un travail acharné sur ces sujets (...) J'espère que je pourrais informer (les Vingt-Sept) que nous avons été en mesure de négocier un accord", a-t-il dit.

Des diplomates de l'UE au fait du progrès du dossier indiquent que l'offre britannique est prometteuse et que, sur la question du règlement financier, les deux parties sont, comme l'un d'entre eux le dit, "proches d'un accord".

D'autres soulignent que le Royaume-Uni doit encore présenter son offre en bonne et due forme et qu'il faut encore que les 27 Etats restant dans l'UE donnent leur accord.

Un accord sur le montant du divorce permettrait d'annoncer l'ouverture de la deuxième phase des discussions lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre.

L'UE a indiqué à maintes reprises qu'il fallait qu'il y ait "des progrès significatifs" sur trois éléments clés du traité de sortie de l'UE:

  • le chèque que Londres devra signer pour solder le divorce;
  • les droits des expatriés;
  • l'avenir de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.

Vendredi dernier, le président du Conseil européen, Donald Tusk a dit à Theresa May qu'elle n'avait plus que dix jours, ce qui correspond à la date de lundi prochain, pour apporter des propositions claires sur ces trois sujets de contentieux.

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