Le DG de Salesforce, Marc Benioff. Code Entreprise

  • Le DG de Salesforce, Marc Benioff a dit dans une récente interview avec Julie Bort de Business Insider US que créer un environnement de travail égalitaire pour les femmes nécessitait que de nombreuses actions soient prises. 
  • La société ne peut pas se contenter de payer les femmes de la manière que les hommes. Elle a besoin de vérifier les rémunérations et distribuer des augmentations en cas d'inégalité, pas des excuses, a dit Benioff. 
  • Les sociétés ne peuvent pas simplement prôner la tolérance zéro face au harcèlement sexuel. Elles doivent licencier les personnes qui violent la loi. Benioff dit que c'est ce que Salesforce a fait. 

Le DG de Salesforce, Marc Benioff est le premier à le dire: si vous voulez créer une entreprise souscrivant au principe de l'égalité d'accès à l'emploi pour tous, cela se décline sous plusieurs formes. Vous ne pouvez pas vous contenter de promettre l'égalité salariale pour les femmes, vous devez vérifier vos registres et être prêt à dépenser des millions chaque année pour augmenter les salaires, quand vous remarquez qu'il y a des disparités. 

Salesforce l'a fait par deux fois, en deux ans, dépensant au total 6 millions de dollars, a-t-il dit, lors d'une interview sur scène, à la conférence des développeurs de Salesforce à San Francisco. Et une chose amusante, quand on lui a demandé pour la première fois de vérifier les comptes, il a d'abord rechigné, pensant qu'il ne pouvait pas y avoir d'écarts de salaires dans sa société, a-t-il dit.

Les dirigeants d'entreprise doivent en priorité, apporter un environnement de travail sain, qui éradique le sexisme — ce genre de comportements qui laissent les femmes en dehors des réunions et réduisent les opportunités d'avancement de carrière — et le harcèlement sexuel. 

Et si vous dites que vous avez une tolérance zéro face aux accusations de harcèlement sexuel, vous devez mettre en pratique cette affirmation, en licenciant quelqu'un qui aurait mal agi, même si cette attitude est dans une "zone grise". 

Marc Benioff a dit à Business Insider US qu'il l'avait fait récemment. 

L'égalité des salaires: 3 millions de dollars en un an, et 3 millions de plus l'année suivante

En matière de salaires, il explique qu'il "doit y avoir une égalité des salaires". 

"Nous avons déjà opéré à deux ajustements. Un ajustement de trois millions de dollars et un second de trois millions. Quand nous avons acquis plusieurs sociétés, nous les avons ajustées sur la même base salariale. Et même si nous suivons le principe d'égalité salariale entre hommes et femmes, nous l'avons refait", a-t-il dit. 

Il fait référence à son premier audit, en 2017, qui s'est produit après que deux cadres de Salesforce lui ont demandé de s'attaquer aux inégalités salariales entre hommes et femmes, en commençant par le faire au sein de Salesforce, en vérifiant leurs propres taux salariaux. Ces deux femmes étaient Leyla Seka, l'une des directrices d'une petite unité (qui est aujourd'hui vice-présidente exécutive d'une plus grosse unité) et la directrice des ressources humaines, Cindy Robbins. 

Cindy Robbins, DRH de Salesforce. The Female Quotient

En 2017, quand on est venu vers lui pour la première fois, il a d'abord ri, affirmant qu'il n'y avait pas de disparités salariales à Salesforce, a-t-il dit dans une interview avec Lesley Stahl, diffusée dans 60 Minutes, ce dimanche 15 avril 2018

Mais il a accepté de le faire et a jeté un œil aux comptes de l'entreprise. Il a été surpris de voir des écarts de salaires "vraiment partout. C'était dans toute la société, dans chaque division, chaque département, chaque localisation", a-t-il dit. Ainsi, plus de 10% des femmes ont vu leur salaires augmenter en 2017. 

Que s'est-il passé? "Il y a un phénomène culturel qui fait que les femmes sont moins bien payées", a dit Benioff à Stahl. Il n'a pas seulement ajusté les salaires. Il en a discuté publiquement et a sommé les autres DG de faire de même

Et une année plus tard, après un autre contrôle, il existait encore des écarts de rémunération, en raison des taux salariaux provenant des sociétés acquises par Salesforce, a-t-il affirmé. Il a alors investi trois millions de plus pour rectifier le tir. 

La 'tolérance zéro' signifie que quelqu'un doit être licencié

Une autre tâche à accomplir pour être un bon employeur est de s'assurer que les femmes ne sont pas harcelées. Point. 

Beaucoup d'entreprises prétendent avoir une "tolérance zéro" pour ce genre d'attitudes. Le harcèlement sexuel est illégal.

Mais Benioff a dit que, comme le mouvement #MeToo l'a montré, de telles positions ne correspondent souvent pas à l'attitude des entreprises. 

Salesforce

"Vous avez vu le mouvement #MeToo. Il est réel. Vous ne pouvez nier ce qui se passe et chaque dirigeant d'entreprise devrait avoir la responsabilité pour empêcher des cas de harcèlement sexuel", a-t-il dit sur scène. 

"Maintenant, nous avons 30.000 employés, et je peux vous dire que ce ne sont pas tous des saints, regardez celui-ci", a-t-il dit, avant de se désigner lui-même. 

Mais les accusations de harcèlement sexuel, ou toute "zone grise" proche de cela, constituent tout simplement une "ligne rouge" qui ne peut pas être franchie, a-t-il dit. 

Il a également admis sur scène, "nous avons récemment licencié un cadre supérieur que nous ne voulions pas licencier, et ce n'est pas le premier, parce qu'ils ont franchi une ligne grise. Et dans notre société, le gris, ça ne va pas."

Salesforce n'a pas donné de précisions supplémentaires sur la personne qui avait été licenciée, ni pour quelles raisons, ni même quel type de comportements constituait la ligne grise.

Comme d'autres sociétés employant 30.000 de personnes, Salesforce a entendu les cas de fraternisation consensuelle entre les hommes de la société, ce qui n'est pas la même chose que du harcèlement. 

Benioff veut que cela se sache: il ne fait pas qu'écouter, il agit. 

"Le fait d'avoir des valeurs ne signifie rien, à moins que cela ne devienne une attitude. Et vous devez réellement définir l'attitude de votre entreprise". 

Voici l'interview complète. Marc Benioff évoque le mouvement #MeToo à 55:35:

Version originale: Julie Bort/Business Insider

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