Scott Galloway à Ignition 2017, le 30 novembre 2017. Business Insider/MC Beuth

Depuis l'élection présidentielle américaine, Facebook est sous le feu des critiques pour avoir laissé prospérer les informations délibérément mensongères ("fake news") et la propagande russe sur sa plateforme. 

Le réseau social de Mark Zuckerberg a invoqué une défense qui avait déjà été éprouvée par les plateformes vidéo comme YouTube et Dailymotion dans les années 2000 vis-à-vis des sociétés d'auteur de la musique et du cinéma: ils se contentent d'héberger des contenus, ce sont des plateformes technologiques et pas des médias, donc pas responsables des contenus qui y circulent.

Scott Galloway, professeur à la New York University (NYU) et auteur de "The Four", vient de faire une analogie lors de la conférence Ignition, organisée par Business Insider à New York, qui montre à quel point cet argument est fallacieux: 

"Si McDonald's disait que la majorité de sa viande était fausse et que les gens étaient furieux et que cela les rendait malade, accepterait-on que McDonald's dise qu'ils sont une plateforme fast-food, pas un restaurant fast-food ?"

La réponse est évidente: on ne l'accepterait pas. "Alors pourquoi laissons-nous Facebook dire qu'ils sont une plateforme technologique quand en réalité ils sont un média ?", a asséné Scott Galloway.

Sur le même sujet, Mathias Döpfner, le patron du groupe médias allemand Axel Springer, qui détient 97% de Business Insider, a observé que les "fake news" devenaient aussi un problème d'image et par extension de business pour Facebook.

Lors d'un panel distinct pendant de la même conférence, il a ainsi observé: 

"Ils doivent s'assurer que les producteurs de contenus trouvent un bon modèle lorsqu'ils vont sur Facebook." 

C'est en effet ces contenus qui vont pousser les utilisateurs à rester fidèles au réseau social et aux annonceurs à vouloir y placer leurs investissements, estime Mathias Döpfner. A défaut, Facebook pourrait rencontrer des difficultés similaires à YouTube qui voit de grands annonceurs fuir à cause de la qualité plus que douteuse des contenus à côté desquels ils sont exposés.

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