Le lancement de la fusée Falcon Heavy de SpaceX, le 6 février 2018. Flickr.com/SpaceX

  • L'entreprise SpaceX, fondée par Elon Musk, compte lancer un satellite espagnol ce samedi 17 février avec une fusée Falcon 9. 
  • Le lancement devrait aussi déployer deux satellites de communication expérimentaux. 
  • Les deux satellites va permettre de faire avancer certains aspects de Starlink, un projet qui pourrait fournir un accès internet haut débit à la Terre. 
  • Le projet Starlink prévoit près de 12.000 satellites interconnectés — bien plus que le nombre total d'engins actuellement en orbite autour de la Terre — mais Elon Musk et SpaceX sont restés relativement silencieux concernant ce projet.

SpaceX, l'entreprise spatiale fondée par l'entrepreneur tech Elon Musk, reste assez discrète concernant son projet d'apporter à la Terre un accès internet haut débit. 

Pendant la conférence de presse qui a suivi le lancement de la fusée Falcon Heavy la semaine dernière, Business Insider a posé une question concernant le projet — connu, de manière non-officielle sous le nom "Starlink", selon Geekwire —, en vain. 

"Hors sujet", a répondu Elon Musk. "Le sujet du jour, c'est la Falcon Heavy". 

Cependant, il est difficile pour SpaceX de garder tout cela secret, vu la supervision du gouvernement, les documents publics et l'ampleur incroyable du service qu'il propose. Dans les années à venir, l'entreprise espère lancer 4425 satellites interconnectés à 1100-1300 km au-dessous de la Terre et 7500 autres en orbite plus basse pour connecter la Terre entière à l'internet haut débit. 

L'entreprise d'Elon Musk a déposé plusieurs documents auprès de la Commission fédérale de communications concernant (FCC) à propos d'un test de Starlink, impliquant le lancement de deux petits satellites de télécommunications appelés Microsat-2a et Microsat-2b.

La Commission a autorisé SpaceX à effectuer un test en novembre dernier et de nouveaux documents montrent désormais que SpaceX va envoyer Microsat-2a et Microsat-2b lors du lancement du satellite espagnol, Paz. 

La mission devrait décoller de la base Air Force de Vandenberg en Californie à 9h14, heure locale, soit 18h14, heure française, à bord d'une fusée Falcon 9, selon Spaceflight Now.

Pourquoi SpaceX veut entrer sur le marché de 'l'internet depuis l'espace'

Elon Musk lors de la conférence de presse après le lancement du Falcon Heavy, le 6 février 2018. Business Insider/Dave Mosher

SpaceX cherche à gagner une course très disputée pour établir un accès internet haut débit, à un prix abordable. L'entreprise estime qu'un tel marché vaut des dizaines — voire des centaines — de milliards de dollars par an et qu'il va grandir de plus en plus à partir du moment où plus de gens vont y accéder. 

Un réseau de satellites basé dans l'espace, qui communique avec les stations peu coûteuses sur le sol, pourrait permettre de contourner les difficultés et les dépenses que nécessitent des technologies au sol. 

"Avec un réseau internet basé dans l'espace, les défis communs associés avec les chantiers — creuser des fossés, poser la fibre et gérer les droits de propriété — sont réduits", a dit Patricia Cooper, VP de SpaceX en charge des affaires de satellites gouvernementaux, dans un témoignage écrit au comité du Sénat en mai dernier. 

Un réseau internet mondial basé sur internet, qui est peu coûteux ou qui fournit internet gratuitement dans certaines régions, pourrait résoudre les problèmes d'équité d'accès en plongeant toute la planète dans l'internet haut débit. 

Fin 2015, la vitesse moyenne d'internet dans le monde était de 5,6 megabits par seconde, selon le rapport d'Akamai sur "L'Etat d'Internet". Ce qui équivaut à 1/170 de la vitesse visée par SpaceX, avec la plus grosse partie des plus grandes vitesses ficelées en connections cable et fibre optique. 

Dans un document juridique datant de juillet 2016, SpaceX a inclu une ligne du rapport de la Commission sur le haut débit pour le développement durable de l'Unesco:

"4,2 milliards de personnes (ou 57% de la population mondiale) ne sont pas connectés pour une grande variété de raisons, mais souvent c'est aussi parce que les moyens de connexion nécessaires manquent ou ne sont pas abordables." 

Ce que la mission Microsat devrait faire

Elon Musk a parlé pour la première fois d'un projet de constellation de satellites en janvier 2015 et a ensuite déposé une dossier auprès de la FCC pour tester des technologies de base nécessaires à ce projet. A l'époque, Elon Musk a dit

"Nous sommes vraiment en train de réfléchir à quelque chose qui, sur le long terme, serait de reconstruire internet dans l'espace. Le but serait que la plus grande partie du trafic internet longue distance passerait via ce réseau, et environ 10% du trafic local des particuliers et des entreprises."

Environ 1740 des satellites actifs sont en orbite autour de la Terre, selon la base de données compilée par Union of Concerned Scientists, et environ 2600 satellites morts sont toujours en train de flotter dans l'espace. 

Mais même en ajoutant tous ces satellites, le projet de SpaceX dépasse largement ces chiffres, puisque sa flotte de satellites serait composée de 12.000 satellites, soit trois fois plus. 

Le premier satellite bulgare de télécommunications a été placé en orbite par SpaceX vendredi 23 juin 2017. Flickr.com/SpaceX

Les nouveaux documents déposés à la FCC suggèrent que la paire de satellites tests sera envoyée en orbite à environ 511 km au-dessus de la Terre. A titre de comparaison, la Station spatiale internationale (ISS) orbite autour de la planète à environ 400 km. 

Une fois les satellites mis en orbite, SpaceX envisage de les utiliser pour tester les communications avec plusieurs stations au sol, dont des vans mobiles et des sites permanents, selon les documents. La liste des localisations inclut des bureaux de Tesla, qui vend des véhicules connectés à internet: 

  • le siège de SpaceX à Hawthorne en Californie, 
  • le siège de Tesla à Fremont en Californie, 
  • le centre de tests de SpaceX à McGregor dans le Texas, 
  • un site de SpaceX à Brownsville dans le Texas, 
  • un site de SpaceX à Redmond dans l'Etat de Washington, 
  • un site de SpaceX à Brewster dans l'Etat de Washington, 
  • trois vans tests mobiles. 

Les derniers documents déposés par SpaceX pour son test de réseau à haut débit indiquent que l'entreprise spatiale "travaille également avec des partenaires" à Brewster, à Cordoue en Argentine, à Troms en Norvège et à Awarua en Nouvelle-Zélande. 

L'internet que fournirait Starlink, si la FCC approuve les projets de SpaceX, pourrait être accessible via des appareils relativement petits qui coûteraient entre 100 à 300 dollars chacun, avait dit Elon Musk en 2015. 

Le Washington Post rapportait en juin 2015 que Google et Fidelity avaient investi 1 milliard de dollars dans l'entreprise spatiale d'Elon Musk, en partie pour soutenir ce projet. Donc il est fort probable que si le réseau vienne à fonctionner, ces entreprises en assument un contrôle partiel. La maison-mère de Google, Alphabet, travaille également sur un projet pour développer l'accès à internet dans les régions reculées du monde à l'aide de ballons.

SpaceX n'est pas la seule entreprise à chercher à dominer dans l'internet haut débit de l'espace — une entreprise appelée OneWeb a soumis un projet ambitieux un peu similaire. Geekwire a récemment rapporté que OneWeb s'est allié avec l'entreprise spatiale de Jeff Bezos, Blue Origin, mais aussi avec Virgin Orbit et Ariane Espace. 

Version originale: Dave Mosher/Business Insider

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