Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse avec le Premier ministre israélieni Benjamin Netanyahu à l'Elysée le 16 juillet 2017. REUTERS/Stephane Mahe

Ce lundi, Emmanuel Macron précise devant les élus de France les modalités de mise en œuvre de sa promesse de campagne, qui prévoit d'exonérer 80% des foyers français de la taxe d'habitation.

Il a ainsi proposé cet après-midi la mise en place d'une commission de travail pour refondre la fiscalité locale en vue de la suppression progressive de cette taxe. Une part de la CSG pourrait être dirigée vers les communes, a-t-il suggéré.

Le chef de l'Etat est attendu sur ce sujet délicat par les maires et présidents de communautés de communes.

Certains d'entre eux avaient sifflé le candidat Macron en mars dernier quand il avait évoqué cette proposition.

Cette promesse de campagne est d'abord un cadeau fiscal pour de nombreux ménages: selon l'entourage d'Emmanuel Macron, 18 millions de Français sont concernés. 

En effet, contrairement à la taxe foncière — due par les propriétaires — la taxe d'habitation est acquittée par toute personne occupant un logement, même à titre gratuit. Son calcul est complexe et même des personnes à faible revenus ou non imposables sont susceptibles de la payer.

En moyenne, la taxe d'habitation s'élève à 600 euros mais il existe de nombreuses disparités entre les villes. Le Figaro rappelle qu'elle est ainsi de 1206 euros à Amiens contre 481 euros à Paris

La première étape de la suppression de cette taxe représenterait 3 milliards d'euros de baisses d'impôts en 2018 pour les ménages selon le Premier ministre, Edouard Philippe.

Mais pour les communes, le Gouvernement prive a priori les villes d'un impôt essentiel pour financer des services publies, des dépenses scolaires, la construction d'équipements sportifs ou culturels.

En effet, la taxe d'habitation rapporte environ 22 milliards d'euros par an aux communes et intercommunalités — c'est la plus grande ressource financière des maires.

Le lobbying politique est donc intense afin d'obtenir un engagement de l'Etat à compenser ce manque à gagner.

Dans un entretien publié lundi dans Le Parisien, le président de l'Association des maires de France, François Baroin (Les Républicains) réitère sa "ferme" opposition à la disparition de cette taxe, "lien direct entre la collectivité et les habitants". "Trop c'est trop!" a-t-il tonné.

"Un tiers de la taxe habitation est déjà compensée à 100% depuis de très longues années par l'Etat en faveur des communes, et on l'a juste oublié", a rappelé de son côté le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, sur franceinfo. "Nous compenserons à l'euro près en prenant en compte l'élargissement des bases."

Au-delà de cette taxe, l'Etat demande aux élus de faire des économies de fonctionnement à hauteur de 10 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat, un effort qui a du mal à passer auprès des élus.

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