Le PDG de Google Sundar Pichai s'est opposé au décret anti-immigration de Donald Trump. Getty Images

Les grands noms du secteur de la tech se sont inquiétés, ont vivement critiqué et ont appelé à l'unité à la suite du décret anti-immigration sans précédent de Donald Trump, qui interdit aux réfugiés l'entrée aux Etats-Unis. 

Au cours du week-end, les patrons de grandes entreprises comme Google, Apple, Facebook, et Airbnb ont partagé leur opposition presque unanime au décret du président américain, qui interdit aux réfugiés de sept pays à majorité musulmane d'entrer aux Etats-Unis pendant 90 jours et l'entrée de tous les réfugiés pendant 120 jours. 

Certaines entreprises, comme la société Lyft qui propose un service de taxi assuré par des particuliers, ont promis de grands dons à l'association de défense des droits The American Civil Liberties Union, qui attaque en justice le décret de Donald Trump. Beaucoup ont affirmé qu'elles vont offrir une assistance juridique gratuite aux employés qui seraient touchés par ce décret. 

Voici les réactions des plus grandes figures de la tech face au décret anti-immigration de Donald Trump: 

Mark Zuckerberg de Facebook a été l'un des premiers patrons de la tech à exprimer son inquiétude face au décret de Trump. 

Le CEO de Facebook Mark Zuckerberg. REUTERS/Stephen Lam

"Comme beaucoup d'entre vous, je m'inquiète de l'impact des récents décrets signés par le président Trump", a écrit Mark Zuckerberg dans un post Facebook vendredi 27 janvier 2017.

Il a affirmé rester optimiste par rapport au vague engagement pris par Donald Trump pour protéger les immigrants "rêveurs" qui sont entrés aux Etats-Unis alors qu'ils étaient tout petits, après s'être fait expulser de leur pays d'origine. 

Pour lire le post de Mark Zuckerberg dans son intégrité, c'est par ici

Le PDG de Google Sundar Pichai a critiqué ce décret et a poussé les employés affectés à prendre contact avec Google. 

Google CEO Sundar Pichai speaks during the presentation of new Google hardware in San Francisco, California, U.S. October 4, 2016.

Sundar Pichai. REUTERS/Beck Diefenbach

"Nous sommes inquiets de l'impact de ce décret et de toutes les propositions qui pourraient imposer des restrictions aux employés de Google et à leurs familles, ou qui pourraient ériger des barrières pour faire venir des talents aux Etats-Unis", a écrit Pichai dans un email adressé à toute l'entreprise. 

"C'est douloureux de voir que ce décret cause des dommages personnels sur nos collègues." 

Vous pouvez lire la lettre du PDG de Google dans son intégralité ici. 

Le cofondateur de Google Sergey Brin a été vu à une manifestation contre le décret anti-immigration de Trump à l'aéroport de San Francisco ce samedi. 

Sergey Brin. Stephen Lam/Reuters

"Je suis ici, car je suis un réfugié", a-t-il dit à Forbes.

Le président de Microsoft Brad Smith a envoyé un email à toute l'entreprise offrant une assistance juridique à tous les salariés touchés par ce décret.

Thomson Reuters

"Nous pensons que les lois en matière d'immigration peuvent et devraient protéger les gens, sans sacrifier la liberté d'expression ou de religion des gens", a écrit Smith. 

Le DG de Microsoft Satya Nadella, qui est né en Inde, a aussi dit qu'il "avait vu l'impact positif que l'immigration a eu au sein de notre entreprise, dans notre pays et notre planète", dans la préface de l'email. 

Lire l'intégralité de la lettre envoyée aux salariés de Microsoft ici

Le patron d'Apple Tim Cook a dit: "Ce n'est pas une mesure que nous soutenons."

Tim Cook a adopté une position ferme face au décret de Donald Trump dans un email envoyé aux salariés d'Apple ce samedi. 

"Beaucoup d'entre vous m'ont confié être très inquiets au sujet du décret publié hier, qui restreint l'immigration venant de sept pays à majorité musulmane", a-t-il dit. "Je partage vos inquiétudes. Ce n'est pas une mesure que nous soutenons." 

Cook a ajouté qu'Apple était prêt à fournir de l'assistance juridique à tous les employés touchés par le décret. 

Vous pouvez lire la lettre entière de Tim Cook adressée à ses employés ici

Le PDG d'Uber Travis Kalanick a dit que son entreprise allait indemniser les conducteurs qui ne peuvent pas retourner chez eux. Il a aussi dit qu'il dirait à Trump de quelle manière "cette interdiction va avoir un impact sur des gens innocents", quand il le rencontrera ce vendredi.

Le PDG d'Uber Travis Kalanick. Reuters/Robert Galbraith

En tant que membre du comité consultatif économique de Donald Trump, Travis Kalanick a été critiqué par des manifestants et ses propres employés à cause de ses liens avec l'administration Trump. 

"Bien que chaque gouvernement a eu ses propres mesures de contrôle de l'immigration, permettre aux gens du monde entier de venir ici et de faire de l'Amérique leur maison a été en grande partie la politique des Etats-Unis depuis sa création", a écrit Kalanick dans un email adressé à toute l'entreprise ce samedi. 

Kalanick a dit qu'il abordera la question avec Trump "ce vendredi quand il se rendra à Washington pour la première réunion du comité consultatif économique du président Trump." 

Dimanche, Uber a publié un second message, dans lequel l'entreprise promet de fournir une assistance juridique aux conducteurs Uber, d'indemniser les conducteurs pour les gains perdus, de créer un fonds de défense légal de 3 millions de dollars pour les conducteurs et des services de traduction, et de "pousser le gouvernement à rétablir le droit des résidents américains à voyager."

La décision d'Uber d'assurer des courses pendant la grève anti-décret des taxis à l'aéroport JFK samedi soir à susciter un mouvement de mécontentement à son égard. Des milliers de personnes ont ainsi furieusement supprimé l'appli Uber de leur smartphone, et le hashtag "#DeleteUber" est devenu brièvement un trending topic sur Twitter.

Vous pouvez lire la lettre complète de Kalanick ici.

Pendant ce temps, Lyft s'est engagé à donner un million de dollars à l'ACLU, l'association qui a réussi à suspendre l'une des dispositions du décret.

Lyft

"Nous nous opposons fermement à ces actions et nous ne resterons pas muets face à des problèmes qui menacent les valeurs de notre communauté", ont dit les cofondateurs de Lyft, John Zimmer et Logan Green, dans une lettre adressée à leurs clients.

"Nous savons que cela va avoir un impact direct sur les membres de notre communauté, leurs familles et leurs amis. Nous sommes avec vous, et donnerons un million de dollars au cours des quatre prochaines années à l'ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) pour défendre notre constitution. Nous demandons que vous continuez à vous soutenir mutuellement — et ensemble, prouver le pouvoir de la communauté." 

Le patron de Netflix Reed Hastings a dit que cette interdiction était tellement "anti-américaine qu'elle nous blesse tous."

Reed Hastings. REUTERS/Steve Marcus

"Les actions de Donald Trump font du mal aux employés de Netflix à travers le monde, et sont tellement anti-américaines que cela nous blesse tous", a-t-il écrit dans un post Facebook ce samedi.

"Pire encore, ces actions feront de l'Amérique un lieu moins sûr (à cause d'un sentiment de haine et de la perte d'alliés), plutôt que d'un endroit plus sûr. Il s'agit d'une semaine très triste, et d'autres sont encore à venir, avec les vies de plus de 600.000 rêveurs ici aux Etats-Unis qui sont déjà menacées. Il est temps de s'unir pour protéger les valeurs américaines de liberté et de chances." 

Airbnb a promis d'offrir un toit où dormir pour les immigrants qui ne peuvent pas entrer aux Etats-Unis et son patron Brian Chesky a dit "nous devons soutenir ceux qui sont affectés" par ce décret.

Brian Chesky. Kimberly White/Getty Images for Fortune

Dans une série de tweets ce samedi, Brian Chesky a dit qu'Airbnb "offrirait un toit gratuit aux réfugiés et à toute personne qui se voit refuser l'entrée aux Etats-Unis." 

"Ne pas admettre des nationalités ou des réfugiés aux Etats-Unis n'est pas normal, et nous devons soutenir ceux qui sont affectés par ce décret", a-t-il continué. "Des portes ouvertes permettent d'unir toute l'Amérique. Des portes fermées ne font que diviser encore plus notre pays. Trouvons tous des moyens d'unir les gens, pas de les séparer." 

Dans un mémo plus précis adressé à ses employés, Chesky a dit que le décret de Trump est "une politique avec laquelle il n'est pas du tout d'accord et qui constitue un obstacle direct à la mission d'Airbnb."

Le patron de Tesla et de SpaceX Elon Musk a dit que le décret anti-immigration n'était pas "la meilleure manière de s'attaquer aux défis du pays."

Le patron de Tesla Elon Musk. REUTERS/Shannon Stapleton

Elon Musk, qui fait partie du comité consultatif économique de Trump, a fait une déclaration formulée avec diplomatie, en disant que le décret anti-immigration de Trump "n'est pas le meilleur moyen de s'attaquer aux défis du pays", en ajoutant qu'il affectait ceux qui n'avaient rien fait de mal et qui ne "méritaient pas d'être rejetés." 

Le patron de Twitter Jack Dorsey a dit que "l'impact humanitaire et économique" de ce décret est "réel et bouleversant."

Jack Dorsey. AP Images

Dans un tweet publié sur le compte officiel de l'entreprise, le porte-parole de Twitter a ajouté: "Twitter est bâti par des immigrants de toutes les religions. Nous les défendons et les soutenons, toujours." 

Dorsey, qui est aussi à la tête de l'entreprise de paiements Square, a tweeté une statistique disant que "11% des immigrants syriens aux Etats-Unis sont des chefs d'entreprise, soit plus du triple du nombre de chefs d'entreprise nés aux Etats-Unis."

Twitter avait dit dans le passé qu'ils allaient interdire le compte de Trump sur Twitter s'il violait sa politique concernant les discours haineux, et des opposants ont récemment demandé à l'entreprise de décréter une interdiction à cause des commentaires de Trump au sujet des immigrants.

Le président d'Y Combinator Sam Altman a appelé les dirigeants de la tech à "s'opposer à l'administration Trump."

Sam Altman. Brian Ach/Getty Images for TechCrunch

"Cette administration a déjà montré qu'ils n'ont pas particulièrement peur du premier amendement, et qu'ils ont déjà en vue d'autres actions anti-immigration", a-t-il écrit dans un post de blog. "Donc, nous devons émettre une objection, ou bien notre inaction signifiera au gouvernement qu'ils peuvent continuer à restreindre nos droits."

Alors que le patron d'Amazon Jeff Bezos est resté silencieux concernant cette interdiction, un mémo interne écrit par le directeur des RH a dit que l'entreprise fournirait une aide légale aux employés affectés."

Jeff Bezos. AP Images

"Depuis le tout début, Amazon s'est engagé à défendre l'égalité des droits, la tolérance et la diversité — et ça sera toujours le cas", a écrit Beth Galatti, vice-président des RH chez Amazon dans un mémo que Business Insider US a pu consulter.

"Au cours du développement de notre entreprise, nous avons travaillé dur pour attirer des talents du monde entier, et nous pensons qu'il s'agit de l'une des choses qui font qu'Amazon est grand — un personnel diversifié nous a aidé à fabriquer de meilleurs produits pour nos clients."

Le patron de Box Aaron Levie a qualifié cette interdiction de "mauvaise à tous les niveaux."

Aaron Levie. Reuters

Dans une série de tweets, le patron de l'entreprise de stockage cloud Box, Aaron Levie a condamné le décret de Trump en disant qu'il était "complètement contraire aux principes des Etats-Unis." 

Le patron de Dropbox, Drew Houston, a qualifié cette interdiction "d'anti-américaine."

Drew Houston. Ramsey Cardy/SPORTSFILE via Getty Images

"Des décrets qui touchent les personnes les plus vulnérables au monde sont anti-américains", écrit-il dans un tweet.

"Dropbox adopte les personnes de tous les pays et de toutes les confessions." 

Certains dirigeants de la tech comme le célèbre spécialiste du capital-risque Chris Sacca et le fondateur de NestTony Fadell, ont fait de gros dons à l'association ACLU.

Chris Sacca. Flickr/The Next Web Photos

Chris Sacca a lui aussi personnellement promis de donner sur Twitter environ 75.000 dollars, puis il a doublé le montant et a donné 150.000 dollars. Le fondateur de Nest et l'ancien d'Apple Tony Fadell s'est également engagé à donner environ 100.000 dollars.

Le patron de Salesforce Marc Benioff a partagé un message de solidarité avec le hashtag "noban".

Marc Benioff. Justin Sullivan/Getty Images

"Quand nous fermons nos coeurs et cessons d'aimer d'autres personnes que nous-mêmes, nous oublions qui nous sommes vraiment — une lumière vers les nations", a-t-il tweeté

Le patron de Stripe Patrick Collison a dit que cette interdiction était "néfaste pour l'économie."

Patrick Collison. Flickr/Web Summit

"Les politiques de Trump en matière d'immigration seraient économiquement néfastes et avec le temps seront considérées comme moralement mauvaises", a écrit Collison.

Stripe permet aux entreprises d'accepter des paiements provenant de n'importe quel endroit dans le monde. 

Peter Thiel, l'investisseur milliardaire derrière PayPal et soutien de Trump, a refusé d'admettre que cette interdiction était "un test religieux." 

Peter Thiel. Neilson Barnard/Getty Images for New York Times

"Peter ne soutient pas un 'test d'entrée religieux', et l'administration n'en a pas imposé un", a répondu un porte-parole de Thiel à Forbes ce samedi

Thiel est arrivé aux Etats-Unis depuis l'Allemagne dans les années 1970. Il a déjà facilité l'organisation de rencontres entre Trump et des grands dirigeants de la tech.

Version originale: Alex Heath/Business Insider

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