Les expatriés de l'Union européenne sont confrontés à une polémique qui va profondément affecter leur vie professionnelle. Thomas Lohnes / Getty

Les projets post-Brexit de Theresa May pour réduire considérablement l'émigration vers le Royaume-Uni ont fuité dans le Guardian.

Le quotidien britannique a publié 82 pages détaillant "l'objectif initial du gouvernement concernant la nouvelle politique d'immigration". Ces mesures, bien que non-officielles (des communiqués plus précis devraient nous parvenir dans l'automne, d'après le Ministère de l'Intérieur britannique), sont déjà considérées comme "honteuses" par leurs détracteurs. De toute évidence, elles marqueront un changement colossal dans la politique d'accueil des expatriés européens en Grande-Bretagne.

Quels-sont donc ces plans et dans quelle mesure affecteront-ils les Européens venus s'installer au Royaume-Uni ?

Les immigrés européens devront demander un permis de travail

Jack Taylor / Getty

Les expatriés européens sont jusqu'à présent libres de venir s'installer et travailler au Royaume-Uni à leur guise. Cependant, avec les projets de loi de Theresa May, les procédures d'obtention d'un permis de travail seront plus compliquées.

Tous, y compris les travailleurs les plus compétents, devront faire une demande afin d'obtenir un nouveau permis, qui expirera dans une période moyenne de deux ans. Et même les plus qualifiés d'entre eux ne pourront espérer qu'à une prolongation de cinq ans au mieux.

Les travailleurs émigrés devront donc justifier d'un emploi déjà en poche pour l'obtenir. Ces permis dépendront également du seuil de revenu, limitant ainsi les demandes de la part de travailleurs européens moins qualifiés.

Les citoyens européens vivant déjà sur place devront obligatoirement se faire recenser et faire une demande afin d'obtenir le statut de "résident". S'ils ne le font pas, ils risquent l'expulsion.

Ils pourraient être pénalisés par une politique du 'British first'

Charlotte Ball PA Wire/PA Images

Ces projets de loi vont également rendre plus difficile pour les employeurs l'embauche de travailleurs européens. Si l'on se fie au projet, les entreprises seraient obligée de pratiquer "la préférence nationale sur le marché du travail". Ainsi, "les employeurs seraient amenés à recruter localement en priorité" et "dès qu'ils le pourront, les employeurs britanniques devront chercher à répondre à leurs besoin en main-d'œuvre avec des travailleurs résidents".

Les travailleurs immigrés seront aussi autorisés à ne travailler que si leur embauche est bénéfique à la population locale. "Concrètement, cela signifie qu'ils doivent apporter une plus-value au développement du pays, et que leur implémentation est bénéfique non pas seulement pour les migrants eux-mêmes mais aussi à la vie des citoyens".

Ils devront obligatoirement se doter de cartes de séjour

Verifeyed

Les citoyens européens peuvent librement circuler au Royaume-Uni avec leur carte d'identité européenne et n'ont pas besoin de demander une carte de séjour pour y travailler.

Cependant, avec les nouvelles mesures, les expatriés européens devront montrer leurs passeports dès qu'ils entreront sur le territoire et faire une demande afin d'être autorisé à travailler et laisser leurs empreintes digitales aux autorités locales.

Une nouvelle carte à identification biométrique devrait s'ajouter à ces nouveaux plans de restructuration de la politique d'immigration britannique. Plus tôt dans l'année, le gouvernement avait fermement démenti la mise en place de nouvelles "cartes d'identités" faites dans le dos des travailleurs européens.

Les expatriés européens pourraient être victimes des quotas des entreprises

Reuters

En pratique, cela signifie que certaines entreprises seront soumises à des restrictions sur le nombre de travailleurs européens acceptés.

"Nous pourrons restreindre l'accès des postes qui ne sont pas en sous-effectif, notamment pour les postes qui ne nécessitent pas de hautes compétences" indique le document du Guardian.

Les droits de regroupement familial pourraient aussi disparaître

REUTERS/Hannibal Hanschke

Les citoyens européens peuvent, avec leur famille, travailler et vivre librement au Royaume-Uni. Cependant, l'un des éléments les plus controversés de cette nouvelle politique d'immigration est justement cette restriction faite aux citoyens dont les familles vivent déjà sur le territoire.

Avec ces mesures, la définition-même de membre de la famille va être redéfinie. "Nous proposons de limiter la notion de membre de la famille à un membre direct uniquement, ou bien à un conjoint constant", indique le document.

Un nouveau seuil de revenu sera également imposé pour ceux qui désirent faire venir un membre de leur famille, se basant sur celui déjà appliqué pour les expatriés non-européens. Les citoyens de l'Union européenne pourraient également être amenés à perdre leur protection sociale européenne.

Ce dernier aspect est sujet à de vifs débats lorsqu'il s'agit de négociations autour du Brexit, à l'heure où l'Union européenne insiste pour que ses citoyens conservent leurs droits actuels.

Version originale: Adam Bienkov/Business Insider UK

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