Donald Trump Jr. John Sommers II/Getty Images

  • Le site WikiLeaks était en contact avec le fils aîné de Donald Trump, Donald Trump Jr., à plusieurs reprises avant l'élection présidentielle américaine de 2016. 
  • Après l'election, WikiLeaks a contacté Trump Jr. mais il n'a pas répondu.
  • Le groupe avait demandé à Trump Jr. de soutenir ses contenus et de fournir des informations comme les déclarations d'impôts de Donald Trump et les échanges de mail entre Trump Jr. et un attaché de presse anglais à propos de la rencontre avec une avocate russe en juin 2016. 
  • Ils ont aussi "fortement" suggéré après l'élection que Trump demande à l'Australie de nommer le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange son ambassadeur aux États-Unis.

WikiLeaks, le site anti-confidentialité qui est désormais scruté de près à cause sa prise de position en faveur de la Russie, était en contact avec Donald Trump Jr. entre septembre 2016 et juillet 2017, a révélé ce 13 novembre 2017 le magazine américian The Atlantic. 

À l'époque, Donald Trump était le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine contre la candidate démocrate Hillary Clinton. Voici un récapitulatif de la correspondance de WikiLeaks avec Trump Jr. avant et après l'élection. 

20 septembre 2016: WikiLeaks contacte Trump Jr. via un message direct sur Twitter. 

"Un site putintrump.org dirigé par un comité d'action politique (PAC) est sur le point d'être lancé", a écrit WikiLeaks, d'après des documents obtenus par The Atlantic. "Le PAC est un PAC recyclé en faveur de la guerre en Iraq. Nous avons deviné le mot de passe. Il s'agit de 'putintrump.' Allez voir à 'About' pour savoir qui est derrière ce site. Des commentaires?" 

Trump Jr. aurait répondu, "Officieusement je ne sais pas qui c'est mais je vais me renseigner. Merci."

Le jour où il a reçu le message de WikiLeaks, Trump Jr. a envoyé des mails à des membres haut placés de l'équipe de campagne — dont Steve Bannon, Kellyanne Conway, Brad Parscale, et Jared Kushner — et leur a dit que WikiLeaks l'avait contacté. Kushner a transféré le mail à Hope Hicks, qui était attachée de presse pendant la campagne. Elle est actuellement la directrice de la communication à la Maison Blanche. 

3 octobre 2016: WikiLeaks écrit à Trump Jr. que ce serait 'super si vous pouviez commenter sur/promouvoir cette histoire.'

Cela faisait référence à un article publié par "True Pundit," un média conservateur connu pour diffuser des "junk news." WikiLeaks a souligné une citation en particulier dans l'article, dans laquelle Clinton aurait apparemment dit qu'elle voulait "juste droner" [abattre avec un drone, ndlt] le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.

Trump Jr. a répondu qu'il l'avait "déjà fait plus tôt dans la journée."

"C'est formidable ce qu'elle peut faire en toute impunité", a-t-il ajouté. Il a contacté WikiLeaks une fois de plus deux minutes plus tard après avoir répondu et a demandé ce qu'il y avait "derrière cette fuite mercredi que je n'arrête pas de lire partout?" Il faisait certainement référence au tweet du stratège et conseiller informel de Trump de longue date, Roger Stone, la veille, dans lequel Stone avait écrit que "Mercredi@HillaryClinton est terminée. #WikiLeaks."

WikiLeaks n'a pas répondu au message, d'après The Atlantic. 

12 octobre 2016: WikiLeaks écrit à Trump Jr. "Hey Donald, c'est super de vous voir avec votre père parler de nos publications."

Le message arrive après que Trump ait dit lors d'un rally le 10 octobre qu'il aimait WikiLeaks. Ses commentaires surviennent trois jours après que le site web publie sa première vague d'emails hackés du compte du président de la campagne électorale de Clinton, John Podesta.

"C'est formidable comment rien n'est secret quand vous parlez sur internet," avait dit Trump. 

Le 12 octobre 2016, WikiLeaks a écrit à Trump Jr. de "suggérer fortement" à Trump de tweeter le lien wlsearch.tk, prétendant que le site aiderait les gens à consulter les documents hackés. WikiLeaks a aussi dit à Trump Jr. qu'ils venaient juste de diffuser une autre vague d'emails de Podesta. 

Même si Trump Jr. n'a pas répondu au message, Byron Tau du Wall Street Journal a remarqué que Trump avait tweeté, 15 minutes plus tard, "Très peu de reprises par les médias malhonnêtes des informations incroyables fournies par WikiLeaks. Tellement malhonnêtes! Un système illégal!"

Le 14 octobre 2016, Trump Jr. a tweeté le lien envoyé par WikiLeaks. "Pour ceux qui ont le temps de lire au sujet de toute la corruption et l'hypocrisie tous les mails @WikiLeaks sont ici," dit-il en joignant le lien. 

21 octobre 2016: WikiLeaks écrit à Trump Jr. et demande les déclarations d'impôts de Trump.

Trump a plusieurs fois refusé de publier ses déclarations d'impôts pendant la campagne, mais WikiLeaks a voulu les faire fuiter, et a demandé à Trump Jr. si la campagne permettrait à WikiLeaks de fuiter "une ou plus" déclaration d'impôt de Trump. Le site dit que leur permettre de publier ces documents fiscaux serait avantageux pour sa crédibilité ainsi que pour la campagne de Trump. 

WikiLeaks avait surtout révélé des informations dommageables à Clinton jusque là, et le site a affirmé que publier les impôts de Trump leurs permettraient de paraître plus objectifs, et moins "pro-Trump" et "pro-Russie." Ils auraient aussi demandé à Trump Jr. d'envoyer toute autre information qui pourrait potentiellement paraître négative envers la campagne de Trump. 

8 novembre 2016: le jour de l'élection, WikiLeaks écrit à Trump Jr. lui disant que si Trump perd, ce serait "beaucoup plus intéressant" s'il refuse de concéder la défaite.

À 18h35 le jour de l'élection, tandis les sondages et les experts pensaient que Clinton gagnerait la présidentielle, WikiLeaks a envoyé un message à Trump Jr. en suggérant que Trump conteste les résultats de l'élection, plutôt que de concéder la défaite. Il dit que refuser de concéder la défaite aiderait Trump a former une marque de média d'opposition, et que cela exposerait "la corruption médiatique, la corruption primaire, la corruption du PAC, etc."

9 novembre 2016: juste après minuit, quand il est devenu clair que Trump gagnerait la présidentielle, WikiLeaks a écrit à Trump Jr., pour lui dire, "Wow."

Trump Jr. n'a pas répondu.

16 décembre 2016: "Salut Don. On espère que vous allez bien!"

WikiLeaks a dit à Trump Jr. que ce serait "vraiment facile et utile" si Trump demandait à l'Australie de faire de Julian Assange son ambassadeur aux États-Unis.

Ils ont ajouté que Trump pourrait formuler la demande comme ceci: "C'est vraiment un type intelligent et coriace et l'australien [sic] le plus célèbre que vous avez!"

WikiLeaks a ajouté que l'Australie ne nommerait pas Assange ambassadeur aux États-Unis, mais que la demande de Trump à elle seule forcerait l'Australie, le Royaume-Uni et la Suède à "arrêter de contourner" la loi "pour "s'attirer les bonnes grâces des Clinton."

11 juillet 2017: WikiLeaks a recontacté Trump Jr., près de sept mois après leur dernier échange.

Le message est arrivé trois jours après que le New York Times ait publié un article détaillant une rencontre de Trump Jr. avec une avocate connectée au Kremlin en juin 2016 à la Trump Tower. 

Trump Jr. avait initialement dit dans une déclaration que la rencontre n'était pas en lien avec les problèmes de la campagne et qu'ils avaient principalement discuté le problème des adoptions russes et le Magnitsky Act de 2012. Cependant, il a dû revenir sur sa déclaration plusieurs fois, en particulier après qu'il soit révélé qu'il l'a rencontrée après qu'on lui ait offert des informations compromettantes sur Clinton. 

Le 11 juillet, WikiLeaks a écrit à Trump Jr. lui disant qu'ils étaient désolés d'apprendre les soucis liés à la révélation de sa rencontre avec l'avocate, Natalia Veselnitskaya. Le site a ensuite demandé à Trump Jr. d'envoyer sa correspondance à propos de la réunion, qui avait été arrangée par l'attaché de presse anglais Rob Goldstone. WikiLeaks affirme que cela profiterait à Trump Jr. et à l'administration Trump si les mails étaient publiés via leur site web, plutôt que par les médias traditionnels, qui selon WikiLeaks tourneraient l'histoire de manière négative envers Trump.

"Que ce soit nous qui les publions les prive non seulement de cette capacité mais est aussi magnifiquement déconcertant," déclare WikiLeaks. 

Version originale: Sonam Sheth/Business Insider

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