Trump veut mettre fin aux sanctions contre ZTE, l'entreprise chinoise qui avait un département entier dédié au paiement de pots-de-vin selon une enquête

  • La Département du commerce américain a sanctionné le fabricant chinois de smartphones ZTE pendant sept ans à cause du non-respect de l'embargo économique contre l'Iran et la Corée du Nord.
  • Ce week-end, Donald Trump a affirmé vouloir aider l'entreprise à "reprendre son activité" après que ZTE ait affirmé avoir mis en pause ses opérations à cause des sanctions.
  • Selon une enquête menée par un média australien, ZTE avait mis en place un département interne pour gérer les pots-de-vin donnés aux autorités étrangères, et ceux-ci requéraient une autorisation de la part de plusieurs cadres dont certains étaient basés au siège de ZTE en Chine.
  • L'enquête révèle aussi que ZTE et Huawei ont été pré-sélectionnés pour des projets ferroviaires et télécoms cruciaux en Australie, malgré les avertissements des Etats-Unis.

Le fabricant chinois de smartphones ZTE, actuellement pénalisé par des sanctions américaines, aurait mis en place un système élaboré pour soudoyer les autorités étrangères.

Le mois dernier, le Département du commerce a interdit aux entreprises américaines de vendre des produits et technologues à ZTE pendant sept ans car la société a trompé les autorités après avoir réglé des pénalités pour non-respect de sanctions économiques contre la Corée du Nord et l'Iran. L'entreprise affirme avoir été forcée à mettre en pause ses opérations principales à cause de cette décision, et Trump a tweeté ce dimanche 13 mai qu'il voulait que cette situation se termine.

"Le président chinois Xi et moi travaillons ensemble afin que le grand fabricant de téléphones chinois ZTE puisse reprendre son activité, rapidement" a dit Trump. "La Chine a perdu trop d'emplois. Le Département du commerce a reçu les instructions pour que cela soit fait!"

D'après une enquête du groupe australien Fairfax Media, non seulement ZTE a régulièrement distribué des pots-de-vin à des autorités étrangères, mais elle avait aussi un département entier dédié à la gestion du paiement de ces pots-de-vin.

Les documents de ZTE obtenus par Fairfax Media montrent que le 12,8 millions de dollars de pots-de-vin ont été versés en 2005 et 2009 à 29 individus au Bénin. Résultats, ZTE aurait remporté deux contrats pour installer des réseaux de téléphonie mobile.

Une source indique à Fairfax Media que le système de pots-de-vin requérait la signature de plusieurs cadres de ZTE, dont un certain nombre était basé au siège de l'entreprise à Shenzhen.

Les paiements — à destination de l'ancien président Mathieu Kerekou, aujourd'hui décédé, trois de ses enfants, des ministres et des dirigeants d'entreprises des télécoms — étaient habituellement effectués en liquide, bien qu'un d'entre eux provienne d'un compte tenu par ZTE. Certains pots-de-vin étaient dissimulés sous la forme de fausses factures adressées à la société MR International, qui était mandatée pour construire l'infrastructure télécom.

ZTE et Huawei parmi les pré-sélectionnés pour d'importants contrats en Australie

L'enquête de Fairfax Media montre également que ZTE, ainsi que Huawei, une autre société chinoise, ont été pré-sélectionnés pour un contrat concernant le réseau 5G de l'opérateur australien Telstra, ainsi que des transports publics.

En Australie-Occidentale, ZTE et Huawei sont les seuls candidats pré-sélectionnés pour un contrat à 90,6 millions de dollars pour un système de communication ferroviaire, dans le but de faire fonctionner un réseau de train sans conducteurs.

Ces découvertes sont étonnantes vus les récents développements concernant ZTE et Huawei aux USA et en Australie. Huawei fait également l'objet d'une enquête par les Etats-Unis pour non-respect de sanctions économiques.

Lors d'une visite aux Etats-Unis plus tôt cette année, le Premier ministre australien Malcolm Turnbull aurait été informé par le chef de la NSA (National Security Agency) et celui du Département de la sécurité intérieure des inquiétudes concernant la fournitures d'équipements pour le réseau australien 5G par ZTE ou Huawei.

En février, six dirigeants de services de renseignements américains — dont les chefs de la CIA, du FBI et de la NSA — ont certifié sous serment ne pas utiliser de produits Huawei ou ZTE et ne pas recommander leur utilisation par des citoyens.

Quelques semaines plus tard, le département australien de la défense a confirmé mettre fin à l'utilisation des deux marques tandis que le Pentagon a annoncé début mai qu'il allait arrêter de vendre des téléphones et modems ZTE et Huawei dans les magasins présents sur ses bases militaires car ils "pourraient présenter un risque inacceptable".

L'Australie a également sécurisé un projet à 100 millions de dollars pour construire un câble internet sous-marin reliant les Iles Salomon à Sydney afin que Huawei ne puisse pas contrôler le projet.

En 2012, Huawei n'a pas été autorisé à participer à un appel d'offre pour le réseau national à haut-débit australien à cause de questions de cybersécurité, une décision basée sur des conseils de l'agence australienne de sécurité nationale, l'ASIO.

Retrouvez l'enquête de Fairfax Media ici.

Version originale: Tara Francis Chan/Business Insider

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  1. HANNIBA

    Ha le budget pots de vin c'est seulement dans cette boîte, Total, Lafarge, Bolloré, Areva... non ?

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