L'UE rejette les exigences de Theresa May sur un vaste accord commercial après le Brexit

Le président du Conseil européen Donald Tusk. Christian Hartmann/Reuters

  • L'UE rejette les demandes de Theresa May pour un accord de libre-échange exhaustif dans ses directives de négociations publiées ce mercredi 7 mars 2018. 
  • Le document de six pages dit que seul un accord de libre-échange proche du modèle canadien est possible tant que le gouvernement britannique maintient ses lignes rouges actuelles concernant le Brexit. 
  • L'UE ne permettra pas aux banques britanniques d'avoir un accès privilégié au marché unique mais veut continuer à travailler étroitement avec celles-ci, en matière de sécurité et de défense. 

LONDRES — L'Union européenne a rejeté l'appel lancé par Theresa May pour un vaste accord de libre-échange post-Brexit entre le Royaume-Uni et l'UE et privilégie à la place un accord plus limité, proche de celui qu'elle a actuellement avec le Canada, selon les directives de négociations publiées ce mercredi 7 mars 2018. 

Le document, que la Commission européenne a publié cet après-midi, dit que seul un accord de libre-échange basique sera possible pour le Royaume-Uni, tant que le gouvernement de la Première Ministre Theresa May maintiendra ses lignes rouges concernant la sortie du marché unique et de l'union douanière. 

"Sortir de l'union douanière et du marché unique va forcément provoquer des frictions", dit le document. 

"Les divergences concernant les tarifs extérieurs et les règles internes, sans oublier l'absence d'institutions commune et d'un système légal partagé, nécessitent des vérifications et des contrôles pour maintenir l'intégrité du marché unique de l'UE mais aussi du marché britannique."

'Des conséquences économiques négatives'

Le document ajoute: "Cela va malheureusement avoir des conséquences économiques négatives."

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit que les directives devraient "ne pas être une surprise" pour le gouvernement britannique. 

"Ça ne devrait pas être une surprise que le seul modèle possible est un accord de libre-échange. J'espère que c'est ambitieux et nous ferons de notre mieux. Mais il ne s'agira que d'un accord de libre-échange basique", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. 

"Il s'agira en fait du premier accord de libre-échange dans l'histoire qui affaiblit des liens économiques au lieu de les renforcer. C'est l'essence-même du Brexit."

Il a ajouté: "Il est hors de question d'adopter une approche à la carte pour un Etat non-membre. Nous n'allons pas sacrifier à ces principes. Ce n'est pas dans notre intérêt."

Un porte-parole de la Première ministre britannique Theresa May a dit: "Nous sommes impatients de voir les directives finales quand elles seront publiées et espérons qu'elles fourniront la flexibilité [ndlr: que le Royaume-Uni recherche]."

'Bref et concis'

Les députés et les dirigeants d'entreprise ont averti le gouvernement britannique qu'un accord de libre-échange à la Canadienne ne conviendrait pas au Royaume-Uni post-Brexit, puisque les services n'y sont pas inclus. Les services représentent environ 80% de l'économie britannique. 

L'UE va officiellement écarter la possibilité de l'accès au marché unique pour les entreprises de services financiers britanniques après le Brexit, alors que Theresa May a elle-même admis la semaine dernière qu'un accès privilégié ne serait pas possible. 

Et pour cause: "Le Royaume-Uni devra un pays tiers et l'Union et le Royaume-Uni ne partageront plus un cadre commun réglementaire, de surveillance, d'exécution et juridique", dit le document. 

Ces directives font aussi écho aux appels lancés par Theresa May pour une plus forte coopération en matière de sécurité et de défense. 

Le document fait "six pages — bref et concis", a confié une source européenne bien informée à Business Insider UK, ajoutant qu'"ils [l'UE] veulent que le Royaume-Uni prenne des décisions." 

Les directives sont toutefois claires sur le point suivant: l'UE est prête à laisser au Royaume-Uni le temps nécessaire pour changer ses lignes rouges. 

"Le discours susmentionné reflète le niveau de droits et d'obligations compatible avec les prises de position actuelles du Royaume-Uni. Si celles-ci évoluent, l'Union sera prête à reconsidérer son offre...", précise le document. 

Le document avertit par ailleurs qu'une période de transition ne peut être acceptée tant que les questions relatives au retrait ne sont pas finalisées. "Les négociations ne peuvent progresser que si les engagements pris jusqu'à maintenant sont totalement respectés."

Version originale: Adam Payne/Business Insider UK

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  1. Olek Richard

    Ils nous quittent, mais continuent à vouloir des accords spécifiques avec nous.
    Comme ils partent, ils ne peuvent que Souhaiter des accords et non les vouloir, l'UE ne leur demande rien d'autre que de respecter ses règles,ce qu'ils refusent.
    Ne jamais oublier que 'la perfide Albion' est l'un de leur surnom, Albion peut être, mais perfide toujours

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