Le président fondateur de Vekia, Manuel Davy. Vekia

Il a fallu plusieurs années aux ingénieurs et startuppeurs pour convaincre les entreprises françaises et les investisseurs de miser sur l'intelligence artificielle.

Les plus avancés d'entre-eux sur le plan technologique en récoltent aujourd'hui les fruits.

Après Dataiku, qui a levé 42M$ en un an, la société lilloise Vekia annonce aujourd'hui un tour de table de 12 millions d'euros menée par le fonds français Serena Capital accompagné par Bpifrance et les investisseurs historiques de la société, Pléiade Venture, CapHorn Invest et ZTP.

Créée en 2008, Vekia aide depuis cinq ans les distributeurs à mieux gérer leurs stocks et leurs approvisionnements en magasins grâce à des algorithmes d'intelligence artificielle.

Vekia convainc les acheteurs contrôleurs de gestion et directions générales d'abandonner les tableaux Excel au profit de sa solution.

L'enjeu financier est en effet crucial: le pilotage des stocks permet de réduire les délais de livraison et d'augmenter ses marges. Les détaillants de Vekia gagnent entre 3% à 4% de chiffre d’affaires, avance l'entreprise, et les stocks diminuent de 8 à 30%.

"Excel est un très bon outil mais il 'est pas adapté quand il s'agit de travailler avec des milliards de données. L'humain n'en a tout simplement pas la capacité", répond Manuel Davy, président-fondateur de Vekia, interrogé par Business Insider France.

Ses modèles mathématiques recalculent quotidiennement des millions de positions de stocks avec des teraoctets (mille milliards) de données à analyser.

Devant le magasin Galeries Lafayette à Paris, le 2 août 2017. REUTERS/Christian Hartmann

Concrètement, Vekia permet aux Galeries Lafayette — qui compte un million de références dans ses magasins à Paris — de préparer ses achats pour chaque saison: quels produits acheter, dans quelles quantités, pour mettre dans quels magasins, suivant des facteurs internes mais aussi externes (météo).

Mr. Bricolage, But, Leroy Merlin ou encore le groupe Etam font également partie des clients de la startup de Lille. 

Après un premier investissement de 2,5 millions d'euros en 2015, cette opération doit permettre à Vekia d'accélérer son expansion internationale notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Chine.

Avec Walmart en ligne de mire? "A terme, c'est notre ambition, sourit Manuel Davy. Mais nous ne sommes pas tout à fait près à attaquer ces géants. Nous sommes sur deux segments très forts: la mode et la distribution. On vise les entreprises de 500 millions à 2-3 milliards de chiffre d'affaires", confie-t-il.

Le prochain marché devrait être l'industrie, et notamment l'automobile pour la gestion des pièces détachées.

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