Avec 30.000 ventes, la Renault Zoé a été la voiture électrique la plus vendue en Europe en 2017, photo prise le 21 septembre 2018 à Belle-Île-en-Mer. Groupe Renault/Yannick Brossard

Les ventes de véhicules électriques ont atteint 1,1 million d'unités dans le monde (dont la moitié vendue en Chine) en 2017 soit une hausse de 60% par rapport à 2016. Pour autant, ce chiffre ne représente que 1,5% des ventes de voitures neuves, souligne une étude de l'Observatoire Cetelem publiée ce mardi, intitulée "Le mystère de la voiture électrique".

Le potentiel de croissance est donc important, mais l'essor de cette technologie semble être freinée par le décalage entre l'image que les automobilistes se font des voitures électriques et la réalité. Un décalage mis en exergue par cette étude qui a interrogé 10.600 personnes issues de 16 pays et âgées de 18 à 65 ans. 

"L'immense majorité des automobilistes n'a jamais essayé une voiture électrique", rappelle Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem, "et même si elle leur apparaît parfaite sur le papier, les freins à l'achat sont nombreux."

"Il y a un vrai décalage entre la volonté politique, les constructeurs qui lancent de nouveaux modèles et la faiblesse des ventes", souligne-t-il. 

"Il y a 10 ans, on disait aux Français 'achetez du diesel' et maintenant on leur dit que le diesel est fini et ils ont du mal à revendre leur voiture. C'est pareil pour l'électrique. On leur dit d'acheter une voiture électrique, mais ils ont le sentiment que c'est un effet de mode, et préfèrent attendre. Vis à vis de l'inconstance des politiques publiques, la crainte de ne pouvoir revendre leur voiture électrique dans quelques années est un frein important", ajoute le directeur de l'Observatoire. 

L'impulsion donnée par les pouvoirs publics est très mitigée. Certaines agglomérations ont annoncé l'interdiction à venir des véhicules thermiques (par exemple dès 2024 à Paris pour le diesel et 2030 pour l'essence) mais sont pointées du doigt pour leur manque de vision quant aux bornes de recharges mises à disposition des automobilistes. L'Etat, de son côté, dépense massivement pour inciter à l'achat d'un véhicule électrique, avec une prime jusqu'à 6300 euros mais sans communiquer efficacement dessus. Ainsi, 55% des sondés ne savent pas qu'il existe des aides à l'achat. 

"Si c'est vraiment une priorité pour l'Etat, c'est de sa responsabilité de mieux le faire savoir", analyse Flavien Neuvy. "D'une manière générale, 59% des Français disent qu'ils n'ont pas assez d'informations sur les voitures électriques. C'est un degré de méconnaissance fort au vu du saut technologique à franchir. Les automobilistes ont besoin d'être mieux accompagnés par les pouvoirs publics et par les constructeurs qui doivent faire preuve de pédagogie, communiquer sur les aides financières et proposer des essais de conduites."

'Une voiture chère mais branchée'

Globalement, en France, la voiture électrique renvoie une image propre, moderne, responsable, branchée. Elle donne aussi l'image d'être destinée aux grandes villes en raison de son autonomie plus limitée et d'être chère à l'achat mais plus économique à l'usage.

"Attention", rappelle toutefois Flavien Neuvy, "beaucoup en ont une image erronée au point de vue de l'écologie. Certes, pour la qualité de l'air en centre ville, c'est ce qu'il y a de mieux vu qu'il n'y a aucun rejet, mais au global, entre l'extraction de métaux rares pour les batteries et la production d'électricité pour les charger, l'impact écologique n'est pas neutre.

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