Jean-Baptiste Rudelle, cofondateur de Criteo, lors de son intervention lors de la conférence Le Web en 2013 à Paris. Flickr/Le Web

L'application de covoiturage urbain Less, initiée par le cofondateur de Criteo, sera  lancée dans quelques mois.

Objectif: que "ce soit ringard d'être seul dans sa voiture", illustre dans une formule Denis Collin, l'un des six cofondateurs de la startup, interrogé par Business Insider France.

Créée en octobre 2016 en secret par Jean-Baptiste Rudelle et ses associés Romain Niccoli — cofondateur de Criteo — Florent Boutellier, Francis Cohen, Denis Collin et Bertrand Alméras, Less a été pensée comme une nouvelle solution de mobilité urbaine.

Mais c'est vraiment à l'automne dernier que Less a commencé à faire parler d'elle et à intriguer les observateurs, après une annonce mystérieuse sur Twitter et une levée de fonds de 16 millions d'euros menée par Index Ventures et Daphni.

Pour révolutionner la pratique, Less s'est évertuée pendant six à huit mois à innover sur deux points:

  • Un covoiturage en temps réel — une sorte de "stop 2.0" —qui ressemble à la technologie d'un de ses rivaux, OuiHop.
  • Une incitation financière pour le chauffeur. Avec Less, il peut gagner jusqu'à 50 euros par mois même s'il ne transporte pas de passagers.  En effet, l'application a décidé de rémunérer 0,10 euro le kilomètre pour tout trajet proposé, même s’il est effectué à vide.

"Pour certains, ça ne coûte pas assez cher de rester seul dans sa voiture. Cette contribution, c'est de l'incitation. A terme, le modèle s’autofinancera", les passagers partageant à la fois les frais et la mise en relation.

Avec cette méthode, la startup peut aussi récupérer des données essentielles sur les trajets, les horaires, etc.

En Ile-de-France — la zone de couverture de Less — la région accorde déjà une subvention  de 2 euros par trajet, dans la limite de 50.000 euros par application. Mais la pratique a encore du mal à se démocratiser: après trois mois, l'enveloppe n'a pas été utilisée dans son ensemble et le dispositif a été prolongé jusqu'en juin prochain.

Capture d'écran version bêta de l'application Less.

Démarrée en décembre, la constitution d’une communauté de chauffeurs Less se poursuit. Le lancement grand public se fera "au premier semestre".

"Personne n’a cracké le modèle du covoiturage urbain. Il y a bien eu des copies de BlaBlaCar, qui proposent des points de rendez-vous à l’avance, mais de nôtre côté on pense que ces contraintes ne marchent pas dans un agenda du quotidien. Or, avec notre technologie simple et rapide, on veut faire en sorte que ce soit ringard d'être seul dans sa voiture", formule Denis Collin, responsable du développement commercial, qui a travaillé il y a plus de 10 ans avec Jean-Baptiste Rudelle chez Kiwee.

Voici comment fonctionne l’application Less pour un chauffeur, selon la démonstration faite par Denis Collin à Business Insider France:

  • Une fois sur l’application, vous définissez votre position par géolocalisation et vous entrez votre adresse de destination et le nombre de places disponibles. Less propose également la reconnaissance vocale;
  • Pour l'instant, la zone de couverture de Less est limitée au Grand Paris soit 7 millions d'habitants pour une superficie de 814 km2;
  • L’application vous soumet alors le trajet le plus rapide et vous montre les passagers présents sur le parcours sur votre trajet et le long de votre progression. Vous cumulez de l'argent à chaque fois que quelqu'un monte à bord;
  •  En tant que chauffeur, l'arrêt s'effectue généralement après un croisement. Less est en discussion avec la mairie de Paris pour obtenir l'autorisation de s'arrêter sur un emplacement de bus;
  • Less calcule le montant pour chaque passager selon les frais déclarés par le conducteur. Il est probable qu’à l’avenir des zones avec différentes rémunérations soient mises en place. Tous les flux financiers passent par la plateforme qui facture des frais de mise en relation pour se rémunérer. 
  • Conducteur et passagers s'attribuent une note après le covoiturage.

Avec 8,7 millions de déplacements en voitures effectués par des personnes seules dans leur voiture chaque jour de la semaine, l’Ile-de-France est un formidable terrain de jeu et d’expérimentation pour la startup. Elle n’est d’ailleurs pas la seule sur ce marché — la région ayant identifié 16 autres entreprises engagée sur le covoiturage urbain dont BlaBlaCar, Wayz’Up, OuiHop, IDVroom, Ouigo ou CityGo.

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