Voler en avion vous expose à plus de radiations que de rester à coté d'un réacteur nucléaire — voici pourquoi

Les membres d'équipage se font marteler par les radiations spatiales tout en vous protégeant (et vous servent de la nourriture et des boissons). Wikimedia Commons

Voyager à bord d'un jet nous aide à fuir l'agitation du monde au-dessous de nous. 

Mais beaucoup de passagers ignorent que planer à des kilomètres au-dessus de la Terre nous éloigne de notre cocon protecteur et vital — et nous rapproche d'un endroit où nos téléphones peuvent être martelés par des radiations provenant d'étoiles en collision, de trous noirs et bien plus encore. 

Vous ne pouvez pas voir à l'œil nu ces particules hautement chargées, mais à tout instant, des dizaine de milliers d'entre elles peuvent traverser l'espace et heurter l'atmosphère terrestre de part et d'autre. 

Aussi appelés rayons cosmiques ou rayonnement cosmique ionisant, ces particules sont le cœur d'atomes comme le fer ou le nickel, se déplaçant à une allure proche de celle de la vitesse de la lumière. Elles peuvent voyager à des millions d'années-lumières à travers l'espace avant de frapper la Terre de manière aléatoire. 

Ces rayons ne posent pas tant de risques pour les êtres humains à la surface de la Terre, sachant que l'atmosphère de la planète et le champ magnétique nous protègent de la plupart de ces menaces. 

Une illustration des rayons cosmiques irradiant l'atmosphère terrestre, conduisant au rayonnement ionisant. NASA

"Les rayons cosmiques ne constituent pas un risque significatif au sol", avait précisé Eddie Semones, un agent de santé radiologique de la NASA, à Business Insider. "En réalité, vous êtes plus exposés aux matériaux radioactifs naturels de la Terre que des rayons cosmiques galactiques". 

Mais loin de la terre ferme, ces particules sont plus susceptibles de vous atteindre. 

Quand les rayons cosmiques frappent l'air, ils génèrent une pluie de radiations ionisantes — des particules qui peuvent frapper des électrons libres sans atomes ni molécules — qui peuvent pénétrer profondément dans notre corps. Un danger potentiel pour nos tissus et notre ADN qui constitue un risque pour notre santé, dont cancer, problèmes de stérilité et cognitifs chez les animaux. 

C'est pourquoi il peut être risqué de voler en avion au quotidien. Mais les rayons cosmiques ne sont pas les seules sources de radiation auxquelles les pilotes et les membres d'équipage doivent faire face.

Les dangers de l'espace lointain

Une photo d'une explosion solaire. Wikimedia Commons

En raison des hauts degrés d'exposition aux rayons cosmiques que subissent les personnes qui voyagent fréquemment à bord d'avions, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont classifié les membres d'équipage comme travailleurs exposés aux rayonnements. 

En fait, le National Council on Radiation Protection and Measurements (NCRPM) a rapporté en 2009 qu'aux États-Unis, les membres d'équipage de cabine étaient les travailleurs qui recevaient en moyenne les plus hautes doses annuelles de radiation. Cela signifie qu'ils sont plus exposés à ces radiations que les personnes qui travaillent près de réacteurs nucléaires

"Le fait de travailler dans une centrale nucléaire aujourd'hui est vraiment très règlementé pour les personnes qui y travaillent et qui s'exposent aux radiations" précise Semones. L'utilisation de robots et d'un planning précis sont devenus routiniers depuis la Guerre Froide, et "l'industrie a évolué", ajoute-t-il. 

Un autre risque de radiation au cours des vols est le risque énergétique d'explosions solaires, dont la Terre nous préserve normalement. Cela inclut les rayons gammas, les rayons X des éruptions solaires et les tempêtes de protons à forte énergie. Quand le soleil est très actif, cela peut-être plusieurs événements de particules solaires par jour

L'exposition annuelle des membres d'équipage de cabine est estimé à 3 millisieverts (mSv) — une mesure complexe du nombre de rayonnements de fond qu'une personne reçoit chaque année aux États-Unis. Les astronautes y sont les plus exposés: dix jours dans l'espace engendre près de 4,3 mSv à leur peau, ce qui représente 4,3 années de radiations cosmiques à la surface de la Terre. 

C'est pourquoi la NASA ne permet pas aux astronautes de passer plus d'un an en orbite. L'agence spatiale ne souhaite pas que ces expositions augmentent leur risque de cancer à vie de plus de 3%. 

Pas de limites pour les membres d'équipage de cabine

Un avion volant devant un croissant d'éclipse solaire. Shutterstock

Tandis que la NASA est très précautionneuse à cause de l'intense exposition à laquelle les astronautes doivent faire face durant leurs missions à court-terme, les travailleurs des compagnies aériennes n'ont pas la même vigilance. 

"Il n'y a pas de doses limites officielles pour un membre d'équipage aux États-Unis", a rédigé le CDC américain dans un guide de directives de sécurité pour le personnel navigant concernant le rayonnement cosmique. La raison:

"Nous ne connaissons pas les degrés de rayonnement cosmique sains pour chaque individu". 

Cela est dû au fait qu'il y ait peu d'études sur des humains qui aient été faites. La plupart ont examiné les survivants de bombardements nucléaires et les personnes subissant des thérapies par radiations. Les études animales qui ont été réalisées ne peuvent pas vraiment être adaptées aux humains. 

Cependant, il demeure quelques directives à l'échelle mondiale.

La commission internationale de protection radiologique (ICRP) recommande aux membres d'équipage de ne pas s'exposer à plus de 20 mSv par an. L'ICRP dit que le grand public, lui, ne doit pas subir plus de 1 mSv par an. 

Pour minimiser les expositions, le personnel aérien devrait limiter les vols long-courrier, à haute altitude et les voyages au-dessus des pôles, qui sont souvent associés à de hautes expositions, d'après le CDC. 

Les membres d'équipage enceintes sont particulièrement sujettes à ce risque et devraient éviter de voler durant leur premier trimestre. Il leur est aussi conseillé d'éviter de voler lors d'événements à particules solaires, qui peuvent délivrer de plus fortes doses de rayonnement au cours d'un vol que ce qui est recommandé pour une femme enceinte.

Pour calculer votre degré d'exposition au cours d'un vol courant, vous pouvez vous rendre sur la plateforme en ligne de la Federal Aviation Administration.

Version originale: Dave Mosher/Business Insider

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  1. C'est totalement vrai! Un ami pilote a attrapé un cancer de la peau! Ceci dit, en tant que passager on ne risque pas grand chose sauf à être un très grand voyageur. Le risque est pour le personnel volant.

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