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1 077 salariés de Cora pourraient voir leur poste supprimé

1 077 salariés de Cora pourraient voir leur poste supprimé
© Wikimedia Commons/Lionel Allorge

Un Comité Social et Économique (CSE) a eu lieu ce mardi 28 janvier 2020 au siège du groupe de grande distribution Cora France. L'enseigne confirme, selon LSA, qu'à ce jour 1 077 salariés ont refusé de signer un avenant à leur contrat de travail, mettant leur avenir au sein du distributeur en péril. La direction et les instances représentatives des salariés devraient entamer rapidement de nouvelles négociations pour trouver une issue. Des propositions de reclassement devraient être faites par Cora. Si les employés refusent, ils pourraient alors être licenciés pour raison économique.

Après de nombreuses réunions débutées dès l'été 2018, un pacte social avait été signé en avril 2019 entre la direction de Cora et trois organisations syndicales : la CFTC, premier syndicat du distributeur, FO et la CFDT. "Ce pacte (...) vise la performance de l'entreprise, la qualité de vie au travail des salariés et l'employabilité", précise Ludovic Chatelais, directeur général de Cora France, à LSA. Toujours selon lui, "aucune suppression de poste n'était prévue" (NDLR : à ce moment-là des discussions).

Cette version est en tout cas dénoncée par la CGT. Le syndicat a en effet alerté dès vendredi dernier sur une annonce potentielle de la direction d'un plan social portant sur 1 077 emplois. La CGT indiquait alors par le biais de Julien Aquilina, délégué central CGT pour Cora, que si "l'annonce officielle du PSE n'a pas encore été faite formellement", un accord de méthode aurait déjà été négocié. Cette communication du syndicat a en tout cas mis en colère la direction de Cora : "je suis choqué de ce que j'ai pu lire ces derniers jours", indique son directeur général.

Cora a déjà supprimé 8 000 emplois depuis 2009 et ne compte plus que 16 500 salariés

Ce nouveau plan, le troisième en deux ans, fait suite à une longue négociation visant à modifier les postes de travail pour les salariés des secteurs de l'épicerie, du non alimentaire et des caisses. Ce pacte social, signé en avril 2019 par les syndicats, à l'exception de la CGT et de la CFE-CGC, prévoyait donc un avenant au contrat de travail. Les syndicats signataires de ce pacte ont négocié des avantages, notamment en primes, pour les salariés en échange de changements de définition de leur poste, de davantage de flexibilité horaire et de polyvalence.

Cora, qui compte quelque 16 500 salariés, a déjà vu fondre ses effectifs de 8 000 emplois depuis 2009. Le groupe familial, non coté en Bourse, compte 61 hypermarchés en France, alors que le segment de "l'hyper" est le plus touché par la crise dans la grande distribution. Sa part de marché en 2019 atteignait 2,2% de la grande distribution, stable par rapport à l'année précédente.

La CGT mettait en avant dans son communiqué les "20 millions d'euros de CICE ou d'exonération de charges sociales par an" ayant bénéficié à Cora depuis 5 ans et contestait que le groupe ait de "réelles difficultés financières". "Il y a eu une baisse de chiffre d'affaires mais Cora est toujours bénéficiaire et préfère servir ses actionnaires", souligne Julien Aquilina. Les discussions pour l'avenir des 1 077 salariés risquent donc d'être houleuses.

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