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10 chiffres qui montrent l'ampleur de la crise économique en France et dans le monde

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10 chiffres qui montrent l'ampleur de la crise économique en France et dans le monde
Les rues sont désertes et l'activité à l'arrêt avec le confinement de la population. © Eric Salard/Flickr

La pandémie de Covid-19 paralyse une grande partie de l'économie française. Si le "déconfinement" annoncé par le gouvernement à partir du 11 mai devrait permettre la réouverture de nombreux magasins, le pays a déjà subi un brutal coup d'arrêt et la reprise de l'activité sera progressive et encadrée par des mesures de protection et de distanciation sociale. Les conséquences économiques de la crise sanitaire causée par le coronavirus sont immenses et à bien des égards historiques. Pour aider les entreprises à surmonter les difficultés, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs, comme les prêts garantis et la possibilité de mettre les salariés au chômage partiel.

De nombreuses petites entreprises risquent malgré tout de faire faillite, quand des sommes importantes sont mobilisées pour sauver les plus grandes et les plus affectées par la crise, à l'image des plans de soutien à la compagnie Air France et au constructeur Renault. Le redressement de l'économie risque de prendre du temps et les comptes de l'Etat devraient sortir durablement plombés de cette période trouble. Voici 10 chiffres qui soulignent l'ampleur de la crise économique actuelle, provoquée par la mise en place du confinement à partir de la mi-mars en France :

Le nombre de chômeur a augmenté de 7,1% sur un mois, du jamais vu

La crise risque de pénaliser de nombreux travailleurs. Balint Porneczi/Bloomberg via Getty Images

Pôle emploi a enregistré une hausse historique du nombre de chômeurs en catégorie A sur un mois en mars. Avec 246 100 chômeurs supplémentaires, soit une augmentation de 7,1% — du jamais vu depuis les premières analyses réalisées en 1996 — le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité s'établit à 3,732 millions fin mars, a précisé l'institution le 27 avril. En outre, 11,7 millions de salariés sont déjà concernés par le chômage partiel, destiné à soulager les finances des entreprises et à éviter les licenciements, a indiqué le 4 mai sur France Info la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Aux Etats-Unis, où la protection sociale est bien moins développée qu'en France, le nombre de chômeurs s'envole. Depuis la mi-mars, 30 millions de personnes supplémentaires se sont inscrites au chômage, selon les chiffres publiés le 30 avril par le département du Travail.

La consommation de biens des ménages a chuté de 17,9% en mars

Les magasins de vêtements ont dû fermer leurs portes pendant le confinement. François GOGLINS/Wikimedia Commons

Les dépenses de consommation en biens des ménages ont reculé de 17,9% en mars par rapport à février, selon l'Insee. C'est la plus forte baisse enregistrée sur un mois depuis le début de la série en 1980. La consommation de biens fabriqués (vêtements, appareils ménagers, meubles, voitures...) s'est effondrée de 42,3%, tandis que les dépenses en énergie ont diminué de 11,4%. Seule la consommation de produits alimentaires a augmenté, de 7,8%. Sur l'ensemble du premier trimestre 2020, la consommation en biens des ménages affiche une baisse de 7,3%.

Le PIB a plongé de 5,8% au premier trimestre, sa plus forte baisse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale

Le confinement cloître chez eux les habitants de la capitale et affecte fortement l'activité économique. François GOGLINS/Wikimedia Commons

L'économie française s'est contractée de 5,8% au premier trimestre 2020, le produit intérieur brut (PIB) affichant sa plus forte baisse depuis la création de cette statistique trimestrielle en 1949, a précisé l'Insee le 30 avril. Cette chute est plus importante que celles enregistrées lors du premier trimestre 2009 (-1,6%) ou au deuxième trimestre 1968 (-5,3%). Le recul du PIB est principalement lié à l'arrêt des activités "non essentielles" à partir de la mi-mars. Il reflète la baisse de 6,1% de la consommation en biens et services des ménages et de 11,8% des investissements.

Pour l'intégralité de l'année 2020, le gouvernement français prévoyait le 14 avril un recul de 8% du PIB. Dans l'ensemble de la zone euro, cet indicateur a plongé de 3,8% au premier trimestre, son repli le plus important depuis la création de la monnaie unique en 1999, selon une première estimation de l'Office européen des statistiques Eurostat, publiée le 30 avril. Pour cette année, le Fonds monétaire international (FMI) prévoyait le 14 avril une dégringolade du PIB de la zone euro allant jusqu'à 7,5%. L'institution anticipe par ailleurs une récession mondiale de 3% en 2020.

Le déficit public de la France devrait atteindre environ 9% en 2020

Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics. Antoine Gyori /Corbis via Getty Images

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a indiqué le 14 avril que le déficit public de la France devrait s'élevait aux alentours 9% du PIB cette année, tandis que la dette se creuserait à 115%. Des chiffres qui pourraient encore être revus, a prévenu le ministre. Par ailleurs, l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) a indiqué le 29 avril que son endettement dépasserait 50 milliards d'euros début mai, en raison des reports de cotisations et de la chute d'activité due au confinement.

"Aujourd'hui on est à 45 milliards, mais ça va se creuser à 52-53 milliards après le paiement des pensions de retraite", a déclaré Yann-Gaël Amghar, directeur de l'Acoss, lors d'une audition par la commission des Affaires sociales du Sénat. L'agence, qui assure la trésorerie de la Sécu, devrait se voir priver d'au moins 22 milliards d'euros de recettes en 2020 alors que le chômage partiel explose.

Les incidents de paiement atteignent 270 M€ à fin mars

Les retards de paiement mettent des entreprises en grande difficulté. Rupixen/Pixabay

Les incidents de paiement se multiplient depuis le début de la crise. Ils ont triplé lors de la semaine du 30 mars, par rapport à la même période en 2019, pour atteindre un montant d'environ 270 millions d'euros, selon la Banque de France. L'institution explique que les fermetures d'entreprises et les défauts d'acheminement du courrier ne permettent pas de valider les ordres de paiement. De plus, certaines sociétés ne payent pas leurs fournisseurs pour conserver leur trésorerie. Résultat, le nombre de sollicitations et de médiations adressées au Médiateur des entreprises chaque semaine "a été multiplié par 10".

Le marché automobile français s'est écroulé de 88,8% en avril

Les constructeurs français Renault et PSA sont à la peine. Alexander Migl /Wikimedia Commons

Le nombre de nouvelles immatriculations a baissé de 88,8% en avril 2020 sur le marché des voitures particulières neuves, par rapport à la même période de l'année dernière, après une chute de 72,2% déjà enregistrée en mars, selon un communiqué publié le 4 mai par le Comité des constructeurs français d'automobile (CCFA). Au total, avec 385 676 nouvelles immatriculations, dont seulement 20 997 en avril, le marché français est en repli de 48% sur les quatre premiers mois de l'année.

Le constructeur Renault a subi une dégringolade de 83,9% de ses ventes en avril, tandis que son concurrent PSA a observé une chute de 84,4% des nouvelles immatriculations de voitures particulières.

La trafic aérien mondial a dégringolé de 52,9% en mars

L'immense majorité des avions d'Air France restent cloués au sol pendant le confinement. Alan Wilson/ Wikimedia Commons

Le trafic aérien mondial a enregistré en mars la plus forte baisse de son histoire récente avec une chute de 52,9% par rapport à la même période de l'an dernier, a annoncé le 29 avril l'Association internationale du transport aérien (Iata). "Mars a été un mois désastreux pour l'aviation. Les compagnies ont progressivement ressenti l'impact croissant des fermetures de frontières et des restrictions de circulation, y compris sur les marchés intérieurs", a commenté le directeur général de l'Iata, Alexandre de Juniac, dans un communiqué.

"La demande a été au niveau de celle de 2006, mais nous avons le double en flotte et en employés", a-t-il souligné. "Pire, nous savons que la situation s'est encore détériorée en avril et la plupart des signaux sont en faveur d'un lent rétablissement", a-t-il enfin ajouté.

Le CAC 40 a perdu plus de 2 350 points en un mois

La Bourse de Paris est soumise à une très forte volatilité depuis le début de la crise sanitaire. Fred Romero/Flickr

L'indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, a subi une chute vertigineuse et historique entre le 19 février et le 18 mars, passant de 6 111,24 points à seulement 3 754,84 points un mois plus tard — soit une dégringolade de 38,5%. Les investisseurs ont paniqué face à la pandémie de Covid-19, plongeant les marchés financiers dans l'incertitude quant à ses conséquences sur l'économie.

La Bourse de Paris a connu plusieurs journées noires, notamment celles des 9 et 12 mars. Le 9, le CAC 40 a dévissé de 8,39%. Le 12, il a enregistré la pire séance de son histoire, clôturant sur une chute de 12,28% et enchaînant au passage une sixième journée de suite dans le rouge. L'indice a depuis commencé à remonter la pente, en dépit de plusieurs soubresauts, pour atteindre les 4 378,23 à la clôture du marché le 4 mai. Mais il pourrait encore décrocher au cours des prochains mois, notamment si une deuxième vague d'infections au coronavirus arrivait.

Le prix du pétrole est devenu négatif, à -37,6 dollars le 20 avril

Le pétrolier Total a vu son bénéfice net plonger de 35% au premier trimestre sous l'effet de la chute des cours du pétrole. Mrehan/Flickr

Les cours du pétrole se sont effondrés sous l'effet de la chute de la demande mondiale en raison du confinement et de la restriction des déplacements, mais aussi d'une guerre des prix déclenchée par l'Arabie saoudite, qui a décidé début mars d'inonder le marché de son or noir. Le 20 avril, le prix du baril de WTI (West Texas Intermediate), qui fait référence aux Etats-Unis, est même devenu négatif pour la première fois de son histoire, pour tomber à -37,6 dollars à la clôture du marché. Ce phénomène surprenant est dû à la saturation des capacités de stockage outre-Atlantique, les producteurs de pétrole préférant alors payer pour écouler leurs stocks.

Le baril de Brent, référence en Europe, est quant à lui descendu sous les 20 dollars — autour de 26 dollars — son prix le plus bas depuis 20 ans. Les cours du pétrole se sont depuis repris, alors que l'Arabie saoudite et les autres pays producteurs se sont entendus pour réduire fortement la production mondiale. Le redémarrage de l'économie avec la levée progressive des mesures de confinement devrait également soutenir les cours.

Le commerce mondial pourrait chuter de 13% à 32% en volume en 2020

Le coronavirus paralyse une grande partie du commerce mondial. Andy Li/Unsplash

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a estimé le 8 avril que les échanges commerciaux dans le monde pourraient s'effondrer de 13% à 32% en volume cette année dans le pire des scénarios. Une baisse à "deux chiffres" devrait se produire dans "presque toutes les régions" de la planète, précise l'organisation dans un communiqué. En Europe, les échanges pourraient diminuer de plus de 30%.

Les économistes de l'OMC pensent que la baisse des échanges dans le monde "sera probablement supérieure à la contraction du commerce causée par la crise financière mondiale de 2008-2009". Leurs estimations pourraient être revues en fonction de la durée de la pandémie et des mesures mises en place pour la combattre.

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