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10 choses que vous ignorez sûrement sur Netflix

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Netflix a beaucoup changé depuis sa création en 1997. © Pixabay

Que ce soit pour regarder les derniers épisodes de "The Crown", divertir ses enfants grâce aux nombreux dessins animés disponibles ou se replonger dans un film culte, Netflix fait maintenant partie du quotidien de 200 millions de foyers dans le monde. En France, la plateforme de streaming — arrivée en 2014 — compte au moins 6,7 millions d'abonnés. Un chiffre qui date de début 2020 et a sûrement augmenté avec la pandémie.

Leader d'un marché du streaming vidéo par abonnement en pleine expansion, Netflix est l'un des symboles d'une tech américaine qui a su s'imposer dans le monde entier — aux côtés, entre autres, d'Amazon, Google ou Facebook. Et comme vous pourrez le constater grâce à cette liste de 10 faits et anecdotes sur son histoire, l'entreprise a beaucoup changé depuis sa création en 1997 par Reed Hastings et Marc Randolph.

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Voici 10 faits et ancedotes que vous ignorez sûrement sur Netflix et son histoire :

1. Netflix s'appelait Kibble au tout début de son histoire

Le premier logo de Netflix en 1997. Netflix

Quand Reed Hastings et Marc Randolph ont créé Netflix en 1997, la société portait un autre nom pendant ses six premiers mois, avant son lancement officiel : Kibble. Lors d'une session de questions-réponses sur le site Quora en 2019, Marc Randolph a expliqué que ce nom avait pour vocation d'être temporaire. Ils ont fait exprès de choisir un nom si mauvais — "kibble" veut dire "croquettes" en anglais — afin de les forcer à trouver un meilleur nom définitif.

Netflix a finalement été choisi parmi une liste de différentes propositions — qui contenait aussi TakeOne, SceneTwo, Flix, NowShowing ou WebFlix notamment — sans grand enthousiasme.

"Même si Netflix était sur la liste, aucun d'entre nous ne l'aimait vraiment. Pour commencer, ça faisait penser à Skin-Flicks (le nom donné dans les années 80 et 90 aux films porno). Et bien sûr, il y avait ce 'X'", raconte Marc Randolph. "Aucun des autres titres n'a réussi à faire l'unanimité non plus. 'Nous devons nous mettre d'accord sur quelque chose', ai-je dit au groupe. C'est ce que nous avons fait. Il n'y a pas eu de vote à mains levées, ou de scrutin à bulletin secret. Nous étions tous d'accord : nous étions Netflix."

2. Netflix a commencé par louer des DVD par la poste, et il le fait toujours aux États-Unis

Une enveloppe Netflix contenant un DVD. BlueMint/Wikimedia Commons

En 1997, il n'était bien sûr pas question de proposer des films et séries à la demande en streaming par internet. Le premier business de Netflix était bien plus terre à terre : il s'agissait d'un vidéoclub par correspondance, où l'on pouvait commander son film sur un site web et le recevoir par la poste. Les deux fondateurs ont profité d'une technologie apparue cette année-là aux États-Unis : le DVD, bien plus pratique que la VHS, et surtout transportable dans une simple enveloppe.

En 1999, Netflix a introduit un modèle économique qui est toujours le sien aujourd'hui : un abonnement mensuel qui vous donne accès à autant de DVD que vous le souhaitez (même s'il y a des limites au nombre de DVD que vous pouvez louer simultanément, un peu comme à la bibliothèque). En 2007, l'entreprise s'est lancée dans le streaming vidéo, et c'est grâce à cette technologie qu'elle est devenue le mastodonte mondial aux 200 millions d'abonnés qu'on connaît.

Plus surprenant, le service de location de DVD est encore actif aujourd'hui ! En 2020, il comptait encore 2 millions d'utilisateurs, d'après Wired. L'abonnement coûte 7,99 dollars (6,6 euros environ) par mois pour avoir le droit de louer un DVD à la fois, et 11,99 dollars (10 euros environ) pour deux DVD. Le tarif est un peu plus élevé pour les Blu-Ray.

3. Le co-fondateur Reed Hastings a inventé une anecdote pour expliquer comment il a eu l'idée de Netflix

Reed Hastings en 2015. re:publica/Gregor Fischer/Wikimedia Commons/CC

Reed Hastings, le co-fondateur de Netflix et actuel PDG, a partagé à plusieurs reprises une anecdote sur l'expérience qui lui a donné l'idée du service de location par courrier. En 2009, dans le magazine Fortune, il expliquait ceci : "La genèse de Netflix remonte à 1997, lorsque j'ai reçu ces frais de retard, environ 40 dollars, pour [ne pas avoir rendu] 'Apollo 13'. Je m'en souviens parce que j'étais embarrassé. C'était à l'époque des VHS, et cela m'a fait penser qu'il y avait un gros marché."

"J'ai donc commencé à étudier la possibilité de créer une entreprise de location de films par correspondance", a ensuite expliqué Reed Hastings. "Je ne connaissais pas les DVD, et un ami m'a dit qu'ils allaient arriver sur le marché. J'ai couru chez Tower Records à Santa Cruz, en Californie, et je me suis envoyé des CD par la poste, juste un disque dans une enveloppe. Il a fallu 24 heures pour que le courrier arrive chez moi, et je les ai ouverts et les disques étaient tous en bon état."

Mais selon Gina Keating, autrice du livre "Netflixed: The Epic Battle for America's Eyeballs", cette histoire est une invention. "Ce n'est pas vraiment arrivé, mais l'histoire de la création [de Netflix] est longue et compliquée, et ne s'est pas faite en un coup de génie", raconte-t-elle dans une interview à Cnet. "Au départ, cette histoire était une sorte d'outil de marketing. Elle vous dit tout sur le fonctionnement de Netflix."

4. Le catalogue de Netflix comporte une vidéo test de 11 minutes, filmée au siège de l'entreprise, au contenu très étrange

Capture d'écran d'"Example Show". Netflix

Le catalogue de Netflix comporte des milliers de séries et de films, des plus grands blockbusters américains aux petits films d'auteur, en passant par des plans fixes sur des feux de cheminée. Mais le programme le plus expérimental est peut-être ce court métrage de 11 minutes baptisé "Example Show". On y voit une succession de plans sur une fontaine, un acteur qui court, qui fait le moonwalk, ou encore qui déclame un monologue issu de "Jules César" de Shakespeare.

Filmée sur le campus de Netflix à Los Gatos, en Californie, en 2010, selon The Daily Dot, cette vidéo est en réalité un programme de test qui permet de vérifier la qualité de l'image et du son, ainsi que la synchronisation des deux flux. Vous pouvez la voir en cliquant ici.

5. Le patron de Canal+ aurait proposé à sa maison-mère de racheter Netflix, juste avant que le service arrive en France

Damien Choppin/Business Insider France

En 2013, Netflix n'était pas encore disponible en France, et n'était pas encore considéré comme un concurrent sérieux par les chaînes françaises. Un dirigeant avait toutefois anticipé le succès de la plateforme : Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+ à l'époque.

Une enquête publiée par L'Obs rapporte qu'à l'époque, Rodolphe Belmer avait suggéré à sa maison-mère, Vivendi, de racheter Netflix. Mais les administrateurs du groupe rejettent l'idée. Toujours selon L'Obs, le président de Canal+ d'alors, Bertrand Méheut, a même déclaré "Netflix, je n'y crois pas" lors d'un Festival de Cannes.

Aujourd'hui, Canal+ propose Netflix dans ses offres et Rodolphe Belmer, qui a quitté le groupe, siège désormais au conseil d' administration du géant californien.

6. Netflix est disponible dans tous les pays du monde sauf la Chine, la Corée du Nord, la Syrie et la Crimée

La carte des pays où Netflix est disponible. Capture d'écran

Il n'est pas exagéré de dire que Netflix est une plateforme mondiale. La société l'indique sur son site : son service est accessible dans tous les pays sauf une poignée.

En raison de sanctions économiques imposées par les États-Unis, Netflix ne peut pas opérer en Corée du Nord, en Syrie, ainsi que dans la région de Crimée.

Netflix n'est également pas disponible en Chine, car la plateforme a besoin de l'autorisation du gouvernement chinois, mais Reed Hastings a indiqué en 2016 y travailler, selon la BBC. Cependant, la stratégie de l'entreprise a peut-être changé depuis. Plusieurs plateformes chinoises très populaires se partagent déjà le marché dans l'Empire du Milieu et Netflix pourrait avoir du mal à s'y imposer.

Ces dernières années, la firme américaine a signé des accords avec différentes plateformes locales pour leur vendre ses programmes. Netflix a également lancé la production de programmes en mandarin, mais à destination des millions de locuteurs qui vivent en dehors de Chine, expliquait CNBC en 2019.

7. Netflix a des règles strictes concernant les caméras que peuvent utiliser les réalisateurs

Chadwick Boseman dans "Da 5 Bloods". Netflix

Si les créateurs affirment souvent que Netflix leur laisse une importante liberté créative, la plateforme impose quelques règles pour ses productions. Parmi elles, le choix des caméras pour filmer, qui doivent être approuvées par l'entreprise. Une liste d'une quarantaine de modèles, régulièrement mise à jour, est ainsi publiée sur le site de Netflix.

Toutes ces caméras ont pour caractéristique commune de filmer en 4K (ou dans une résolution supérieure). Certaines scènes peuvent être filmées avec d'autres appareils — notamment les plans au drone ou ceux filmés sous l'eau — mais elles doivent rester minoritaires.

Pour les scènes de flashback dans "Da 5 Blood", le réalisateur Spike Lee a dû batailler avec Netflix pour avoir l'autorisation de filmer avec des caméras argentiques 16mm, rapportait Insider en 2020.

Il semble cependant qu'il y ait des exceptions. Ainsi, le film "Le Diable tout le temps" a été filmé à la pellicule 35mm, selon son directeur de la photographie interviewé par British Cinematographer.

8. Christopher Nolan a affirmé qu'il ne travaillerait jamais pour Netflix

Christopher Nolan en 2018. Laurent Koffel/Gamma-Rapho via Getty Images

Si de plus en plus de cinéastes signent avec Netflix, certains sont encore réticents à l'idée de travailler pour la plateforme. Le plus emblématique est certainement Christopher Nolan, ardent défenseur de l'expérience du cinéma en salle, qui a pris l'habitude de tourner ses films dans des formats géants comme l'IMAX et le 70mm.

Dans une interview au site Indiewire en 2017, le réalisateur de "Dunkerque" et "Inception" a ainsi fustigé la stratégie de Netflix qui consiste à montrer ses films au cinéma et sur sa plateforme presque en même temps (à quelques semaines d'écart seulement). "Ils ont cette politique stupide qui consiste à tout diffuser simultanément en streaming et en salles, ce qui est évidemment un modèle intenable pour les exploitants de salle", a-t-il déclaré. "Ils n'entrent même pas dans le jeu, et je pense qu'ils ratent une énorme opportunité."

"Je pense que l'investissement que Netflix fait dans des cinéastes et des projets intéressants serait plus admirable s'il n'était pas utilisé comme une sorte de levier bizarre contre les salles cinéma", a poursuivi le Britannique.

Quand le journaliste lui a demandé s'il était ouvert à l'idée de travailler avec Netflix si un studio classique lui refusait un projet, il a répondu catégoriquement : "Non. Pourquoi le faire ? Si vous faites un film pour les cinémas, il doit être joué dans les salles de cinéma."

Christopher Nolan a même comparé le modèle de Netflix à celui des films qui sortait directement en VHS dans les années 90. "J'ai grandi dans les années 80, la naissance de la cassette vidéo", a-t-il dit. "Votre pire cauchemar dans les années 90 en tant que cinéaste était que le studio se retourne et dise : 'Vous savez quoi ? Nous allons le sortir en vidéo plutôt qu'en salle'. Ils faisaient ça tout le temps. Il n'y a rien de nouveau dans cela."

Le réalisateur a quelques temps après nuancé son propos. Dans Variety, il explique s'être excusé dans un email au numéro deux de Netflix, Ted Sarandos, précisant que sa déclaration ne donnait aucun "contexte à la nature franchement révolutionnaire de ce que Netflix a fait" Avant de lâcher : "C'est extraordinaire. Ils ont besoin d'un respect approprié pour cela, et j'en ai pour eux."

9. Netflix n'a jamais remporté le prix de la meilleure série aux Emmy Awards

Charlie Brooker, créateur de "Black Mirror, Ted Sarandos, directeur des contenus de Netflix, et Annabel Jones, productrice de "Black Mirror". Frazer Harrison/WireImage via Getty Images

Cela peut paraître surprenant, tant Netflix domine le paysage télévisuel aux États-Unis depuis plusieurs années maintenant, mais la plateforme n'a jamais remporté un prix de la meilleure série aux Emmy Awards, l'équivalent des Oscars pour la télé.

Bien que Netflix ait récolté des centaines de nominations, toutes catégories confondues — se plaçant même en tête des diffuseurs les plus nommés en 2018 et 2020 — aucun programme n'a réussi à récolter l'un des prix les plus prestigieux, qu'il s'agisse de la catégorie meilleure série dramatique, meilleure série comique ou bien meilleure minisérie.

Les principaux concurrents de Netflix ont déjà récolté certains de ces prix. Ainsi, Amazon Prime Video a remporté deux fois celui de la meilleure comédie grâce à "La Fabuleuse Mme Maisel" et "Fleabag", et Hulu celui de la série dramatique pour "The Handmaid's Tale".

Netflix a cependant remporté le prix du meilleur téléfilm trois années de suite, entre 2017 et 2019, grâce à "Black Mirror".

10. Jusqu'à cette année, Netflix avait besoin de s'endetter pour financer ses programmes

Netflix a notamment émis des obligations sur les marchés pour lever des fonds. Carlos Delgado/Wikimedia Commons/CC

La quantité importante de nouveaux programmes que Netflix lance chaque année laisse penser que Netflix a énormément d'argent dans les caisses pour les financer. Mais, en réalité, l'entreprise a eu besoin de s'endetter pendant plusieurs années. Ce qui faisait peser un risque sur son modèle économique.

Comme l'écrivait le New York Times en janvier, Netflix a emprunté un total de 16 milliards de dollars (13,3 milliards d'euros environ) en moins de 10 ans pour financer son catalogue. Ses investissements étant de plus en plus coûteux. Alors qu'en 2016, Netflix dépensait 6,88 milliards de dollars (5,72 milliards d'euros environ) dans les contenus, en 2019, cette somme a atteint 14,61 milliards (12,14 milliards d'euros environ).

C'était un pari risqué pour une nouvelle entreprise comme Netflix — investir énormément d'argent pour développer son catalogue et attirer toujours plus d'abonnés — avant que les studios hollywoodiens ne se mettent massivement au streaming et rattrapent leur retard.

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