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10 polices européennes rêveraient d'un fichier unique pour la reconnaissance faciale

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10 polices européennes rêveraient d'un fichier unique pour la reconnaissance faciale
© Photographer: Qilai Shen/Bloomberg

L'Europe vient à peine d'ouvrir le débat sur la reconnaissance faciale de masse — qui réveille l'angoisse d'un "Big Brother" espionnant chacun des mouvements des citoyens — que des polices européennes auraient déjà pris les devants sur ce terrain. Le média The Intercept a mis la main sur un document confidentiel qui révèle comment dix polices nationales de l'Union européenne militeraient pour l'accès à une base de données commune de reconnaissance faciale pour chaque état membre — sans préciser les pays concernés. The Intercept indique qu'un rapport rédigé sous la direction de l'Autriche a circulé à l'automne dernier pour travailler sur l'introduction d'une base de ce type dans l'actuel dispositif législatif européen.

Les opposants à un tel projet s'inquiète de l'accès à des données faciales par des régimes autoritaires qui pourraient détourner leur utilisation à des fins de surveillance d'opposants politiques et non pour les seules enquêtes policières. C'est déjà le cas en Chine. Ces discussions auraient eu lieu dans le cadre de l'extension du traité de Prüm, qui permet des recherches communes et de comparer des empreintes, de l'ADN et des plaques d'immatriculation dans d’autres pays.

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L'autre chiffon rouge agité par les détracteurs concerne le rôle et l'intérêt des Etats-Unis pour des données que le pays pourrait fusionner avec celles qu'il possède déjà. Selon eux, un tel réseau pan-européen serait relié à des données américaines, "créant ainsi ce que les chercheurs en matière de protection de la vie privée appellent une consolidation transatlantique massive des données biométriques", écrit The Intercept. Des accords bilatéraux existent déjà entre les Etats-Unis et plusieurs pays dont la France — avec le système ESTA qui permet de voyager sur place sans Visa — pour accéder à des données biométriques. Mais ces échanges sont encadrés et limités.

'La possibilité d'identifier presque n'importe qui, n'importe où'

Le rapport autrichien considérerait la reconnaissance faciale comme un outil biométrique "très approprié" pour l'identification de suspects inconnus et suggère que les bases de données soient créées et reliées "aussi rapidement que possible"."Leur logique est la suivante : lorsque je fais face un crime grave et que je veux comparer la photo de quelqu'un avec une base de données, pourquoi ne pas l'avoir ?" s'interroge dans l'article Neema Singh Guliani, conseillère législative à l'Union américaine des libertés civiles, avant de pointer du doigt les conséquences pour la vie privée. "Une fois que vous avez l'accès, vous avez finalement la possibilité d'identifier presque n'importe qui, n'importe où".

Malgré toutes ces précautions et ce contexte, les travaux seraient bien engagés. Une étude aurait été commandée au géant du conseil Deloitte sur les modifications possibles du système Prüm, dont une partie porte sur la technologie de reconnaissance faciale pour 700 000 euros, selon The Intercept. "La Commission européenne aurait également versé 500 000 euros à un consortium d'agences publiques dirigé par l'Institut estonien des sciences médico-légales pour 'dresser la carte de la situation actuelle de la reconnaissance faciale dans les enquêtes criminelles dans tous les États membres de l'UE'", selon The Intercept, dans le but d'aller "vers un éventuel échange de données faciales", relaie le site, citant une présentation du projet envoyée aux représentants nationaux à Bruxelles en novembre 2019.

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