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11 choses à savoir sur la carrière de Michel-Édouard Leclerc

11 choses à savoir sur la carrière de Michel-Édouard Leclerc
© Domine Jerome/ABACA

Michel-Édouard Leclerc : si vous ne connaissez pas le personnage, vous connaissez sans nul doute la chaîne de supermarché du même nom. Très actif sur internet, que ce soit via son blog ou via les réseaux sociaux, le patron du groupement E. Leclerc depuis de nombreuses années ne mâche en général pas ses mots pour défendre son point de vue. Engagé depuis toujours et fervent défenseur de certains combats pour libéraliser des secteurs protégés notamment, il défend becs et ongles l'enseigne dont il est le patron. Et se veut le meilleur allié du consommateur français.

Il choisit toujours l'attaque plutôt que la défense, n'étant jamais meilleur que dans la confrontation — comme par exemple en juillet dernier quand il a été entendu par les députés de la commission d'enquête parlementaire sur les pratiques de la grande distribution. Pour lui, le plus important pour l'enseigne est de garantir les prix les plus bas pour ses clients. Et les Français semblent lui donner raison puisque Leclerc est en tête du secteur depuis plusieurs années. Mais quand on lui reproche de négocier trop durement les prix de ses fournisseurs et de pénaliser les revenus des agriculteurs, il balaie d'un revers de manche l'argument en répondant que les achats de la distribution ne représentent que 40% du marché agricole. Et que les difficultés du secteur s'expliquent ailleurs, histoire de s'en laver les mains.

Derrière le fort en gueule, se cache un amoureux de la Bretagne et de l'art qui a failli ne jamais travailler dans la grande distribution et s'orienter vers une carrière toute différente. Mais le virus du commerce, et les combats à mener, l'ont rapidement fait changer d'avis.

De ses études à la tête du groupe E.Leclerc, voici 10 choses à savoir sur Michel-Édouard Leclerc pour comprendre comment il est devenu le patron du leader de la grande distribution :

Michel-Édouard Leclerc a fait ses études secondaires chez les religieux

Wikimedia Commons/Cyrilb1881

C'est à l'âge de 11 ans que Michel-Marie Leclerc — il se fera appeler Michel-Édouard plus tard — quitte le domicile de ses parents en Bretagne pour rejoindre le séminaire de Viry-Châtillon, dans l'Essonne, où il va suivre l'enseignement des prêtres du Sacré-Cœur au sein de l'institut missionnaire Saint Clément. Passionné par les récits de voyages, il projette un temps de devenir missionnaire avant de renoncer.

Il a obtenu une maîtrise de philosophie en 1978

Wikimedia Commons/Jean-Pierre Bazard

Après un bac littéraire obtenu en 1970, Michel-Édouard Leclerc s'inscrit à l'université de Brest en sciences économiques, mais il déserte peu à peu les bancs de la faculté. Une année plus tard, il s'inscrit à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour étudier les sciences économiques, et notamment les sciences politiques et la philosophie. Il obtient une maîtrise de philosophie, et dans la foulée en 1978 un doctorat en sciences économiques.

Il a fait un crochet par le journalisme

Unsplash/Scott Graham

Après son doctorat, le Breton se destine à l'enseignement et s'oriente vers une carrière de professeur à l'université. Il teste aussi le métier de journaliste en réalisant quelques articles à la pige pour le magazine Que Choisir notamment, ou encore pour le journal écologiste et politique La Gueule Ouverte.

Au début de sa carrière, Michel-Édouard Leclerc a commencé par être payé au SMIC

Unsplash/Justin Chrn

Malgré sa volonté de s'orienter vers l'enseignement, il est rattrapé dès 1979 par le virus du commerce. André Jaud, bras-droit de son père et adhérent Leclerc à Laval, lui propose de développer une société d'importation, la SIPLEC. L'objectif ? Rendre indépendant l'approvisionnement en carburant des supermarchés. Il accepte et il est nommé en mai 1979 "conseiller technique" en intérim, rémunéré selon la légende au SMIC par l'agence d'intérim qui l'emploie. Mission accomplie puisque Michel-Édouard Leclerc obtient peu après auprès de Raymond Barre, Premier ministre de l'époque, une licence d'importation pour le compte du groupement Leclerc.

Il a mené plusieurs combats contre des secteurs protégés dans les années 80, notamment les livres ou la parapharmacie

Getty Images / Marc Gantier

Après avoir remporté la victoire pour la licence d'importation de l'essence, Michel-Édouard Leclerc ne s'arrête pas là. Il tente, aux côtés de son père, d'obtenir la libéralisation du prix des carburants en France. Notamment via des rabais "sauvages" qui, s'ils séduisent les clients de l'enseigne, génèrent de nombreux procès contre le distributeur. Ils finissent par avoir gain de cause en 1985, la Cour de justice des communautés européennes donnant raison à Leclerc contre l'État français.

Outre ce succès retentissant, le Breton continue de faire ses armes via des campagnes de communication offensives menées en parallèle de procès et autres combats juridiques. Il lutte notamment contre la loi Lang datant de 1981, fixant un prix unique pour les livres, mais sans victoire à la clé cette fois-ci. Il se bat ensuite contre les pharmacies pour pouvoir vendre des produits de parapharmacies dans les magasins Leclerc. Ces "combats" des années 80 vont vite devenir la marque de fabrique de l'enseigne, et par ricochet celle de Michel-Édouard Leclerc.

Il a co-présidé le groupement Leclerc avec son père Édouard pendant 17 ans

Édouard et Michel-Édouard Leclerc en 1985 Getty Images / Laurent MAOUS

En 1988, il est élu co-président, avec son père Édouard, de l'Association des centres distributeurs E.Leclerc (ACDLec). Charge à eux deux de fédérer et d'organiser le groupement d'entrepreneurs indépendants propriétaires des supermarchés et hypermarchés Leclerc. Ils co-présideront l'ACDLec jusqu'en 2005.

Ils incitent notamment les adhérents à se diversifier pendant toute cette période en adossant à leurs points de vente des magasins commercialisant des produits de parapharmacie, du parfum, des voyages, des biens culturels etc. Dans les années 1990, ils luttent ensemble pour la libéralisation de nouveaux marchés : multimedia et culture, cosmétique, textile de marque...

Michel-Édouard Leclerc et son père combattent également la législation contraignante entourant la grande distribution, et notamment la loi Galland votée en 1996, qui encadre le secteur et avait pour but de supprimer les mauvaises pratiques dans les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs.

À la tête du groupement E.Leclerc depuis 2006, il infléchit la politique de son père

Wikimedia Commons/Michel-Edouard Leclerc - Prix Landerneau Découvertes et Roman 2015

En 2006, Michel-Édouard Leclerc devient président du groupement E. Leclerc et succède ainsi à son père qui lui cède les rênes de l'enseigne. Au décès de ce dernier en 2012, les adhérents du mouvement Leclerc réforment les statuts pour le confirmer à la présidence de l'enseigne. Encourageant les propriétaires des magasins à agrandir la taille de leurs points de vente pour développer leur offre non-alimentaire (textile, bricolage, téléphonie...), il a également infléchi la politique de son père en développant fortement les produits vendus sous marques propres (MDD), comme Marque Repère par exemple.

Il ne rate pas non plus le virage numérique puisque dès 2007, il décide de tester le premier drive Leclerc. Six ans plus tard, en 2013, ils sont au nombre de 400. Aujourd'hui, l'enseigne en compterait près de 700.

Aujourd'hui, Leclerc est numéro un de la grande distribution en France

Business Insider France/Claire Sicard

En centrant la promesse de la marque E. Leclerc sur les prix bas, l'enseigne bénéficie aux yeux du grand public d'une image prix excellente et d'une vraie cote de popularité en France. Le distributeur est numéro un du secteur avec plus de 23% de parts de marché aujourd'hui. Une stratégie menée tambour battant depuis des années par Michel-Édouard Leclerc, via notamment le lancement du site www.quiestlemoinscher.com en 2006, permettant aux consommateurs de comparer les prix d'un ensemble de produits d'une enseigne à l'autre.

Les différents combats menés par l'enseigne depuis des années sont incarnés par Michel-Édouard Leclerc qui se pose en défenseur des consommateurs. Un positionnement qui semble payer aujourd'hui.

Michel-Édouard Leclerc applique des méthodes très offensives à la tête de son entreprise

ANDBZ/ABACA

Les prix les plus bas : s'il y a bien une chose sur laquelle Michel-Édouard Leclerc et son groupe ne transigent pas, c'est bien ce postulat. Mais pour pouvoir les proposer, l'enseigne a mis en place depuis des années une véritable guerre des prix avec ses fournisseurs. Et tant pis pour la casse. Le groupement les paierait 2 à 3 % moins cher que le reste du marché, selon Capital. Un fabriquant de biscuits témoignait anonymement en 2018 : "en 10 ans, j'ai augmenté mes prix de 20 %, mais de 15 % seulement chez Leclerc".

Les négociations sont chaque année très musclées avec l'enseigne et les fournisseurs y laissent des plumes : rendez-vous minutés dans des petits espaces, "ambiance commissariat" de police... Avec menaces de déréférencement si les discussions n'aboutissent pas. Même si les autres distributeurs ne sont pas des saints non plus, Leclerc est connu pour se méthodes musclées et Michel-Édouard Leclerc en est son digne représentant. Une situation que les pouvoirs publics ont décidé de tirer au clair puisqu'une commission d'enquête parlementaire sur les pratiques de la grande distribution a travaillé sur ce sujet courant 2019 pour essayer notamment de briser la loi de silence autour de ces négociations.

Son blog 'De quoi je me MEL' cartonne

Créé en 2015, son blog "De quoi je me MEL", jeu de mots entre ses initiales et sa capacité à se mêler de tous les sujets ou presque, est son moyen de communication le plus direct. Il lui permet notamment de répondre aux interpellations lancées contre Leclerc dans les médias. Dernière polémique en date : quand la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire l'interpelle sur Twitter pour dénoncer des œufs déjà pelés vendus sous plastique, il contre-attaque sur son blog en ne mâchant pas ses mots.

Il y parle politique (son avis sur la dernière intervention du Président Macron par exemple), économie, mais aussi culture et partage ses avis et ses éventuels coups de gueules avec une vraie liberté de parole. Très suivi et très lu, il publie plusieurs articles par semaine.

Il a de nombreuses passions

Unsplash/Bobby Burch

Né à Landerneau dans le Finistère, non loin de Brest, Michel-Édouard Leclerc revendique toujours ses origines bretonnes. "La Bretagne est mon socle", dit-il sur son blog. Même s'il est souvent en région parisienne, le siège du groupe E. Leclerc s'y trouvant, il revient au minimum une fois par mois sur ses terres bretonnes. Il pratique la voile depuis son enfance et aurait plusieurs fois franchi le Cap Horn en naviguant. Outre la voile, il fait aussi de la randonnée, de la natation ou du tennis quand son emploi du temps chargé le permet.

Il est également passionné de livres, et notamment de bandes dessinées, mais aussi d'art. Très attaché à la culture, il a notamment, via le groupe E. Leclerc, été sponsor du Festival de la BD d'Angoulême, de la Folle Journée de Nantes ou encore du Festival des vieilles charrues de Carhaix. En 2012, il fonde également avec de nombreux mécènes le Fonds Hélène et Édouard pour la culture, du nom de ses deux parents. "Ma volonté a toujours été de favoriser l’accès à la culture", indique-t-il sur son blog.

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Business Insider
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