16 signes qui montrent que les animaux et les plantes vivent une 6e extinction de masse

16 signes qui montrent que les animaux et les plantes vivent une 6e extinction de masse

Un squelette de poisson oublié sur le lac asséché de Peñuelas, à la périphérie de Santiago, au Chili. Eliseo Fernandez / Reuters

L'expression "extinction de masse" évoque généralement des images de l'astéroïde qui a décimé les dinosaures. Lors de l'impact, ce rocher large de 10 km a provoqué un tsunami dans l'océan Atlantique, ainsi que des tremblements de terre et des glissements de plaques tectoniques qui ont déferlé sur ce qui est aujourd'hui le continent américain. Une vague de chaleur a brûlé la Terre, le Tyrannosaurus rex et ses compatriotes se sont donc éteints avec lui et 75% des espèces de la planète. Même si ce n'est pas forcément clair, un autre événement d'extinction de masse dévastateur a lieu aujourd'hui — le sixième du genre dans l'histoire de la Terre.

Cette tendance touche la faune mondiale sur plusieurs fronts, alors que le réchauffement des océans, la déforestation et le changement climatique entraînent une extinction sans précédent des populations animales. Les Nations Unies s'apprêtent à publier une analyse de 1 800 pages sur l'état de la nature le 6 mai 2019. Les informations issues d'un article de l'AFP révèlent que près d'un million d'espèces d'insectes, d'animaux et de plantes pourraient disparaître d'ici quelques décennies, principalement à cause de l'action des humains.

"Le rythme des pertes est déjà des centaines de fois supérieur à ce qu'il était en moyenne au cours des 10 derniers millions d'années", peut-on lire dans le rapport.

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De même, une étude réalisée en 2017 a révélé que les espèces animales du monde entier connaissaient une "annihilation biologique" et que notre "épisode d'extinction de masse actuel va plus loin que ce que la plupart des gens pensent".

Voici 16 signes qui indiquent que notre planète connaît une sixième extinction de masse et pourquoi l'activité humaine en est responsable.

Les insectes meurent à une vitesse record. Environ 40% des espèces d'insectes au monde sont en déclin.

Les insectes disparaissent huit fois plus vite que les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Hillary Kladke / Getty Images

Une étude réalisée en 2019 a révélé que la masse totale de tous les insectes présents sur la planète diminuait de 2,5% par an.

Si cette tendance se poursuit, la Terre pourrait ne plus avoir d'insectes d'ici 2119.

"Dans 10 ans, vous en aurez un quart de moins, dans 50 ans moitié moins et dans 100 ans vous n'en aurez plus," a déclaré Francisco Sánchez-Bayo, co-auteur de l'étude, au journal britannique The Guardian.

C'est un problème majeur, car les insectes comme les abeilles, les syrphes et autres pollinisateurs jouent un rôle crucial dans la production de fruits, de légumes et de noix. De plus, les insectes sont une source de nourriture pour de nombreuses espèces d'oiseaux, de poissons et de mammifères, dont certaines dépendent de la nourriture des humains.

Bombus ruderarius, ou l'abeille à queue rouge, était autrefois une espèce de bourdon très répandue que l'on trouvait dans la majeure partie de l'Angleterre et du pays de Galles, ainsi que dans certaines parties de l'Écosse. Une nouvelle étude estime que cette espèce a diminué de 42% entre 1980 et 2013. Dave McDonnell / Getty

Une autre étude récente, publiée dans la revue Nature Communications, indique qu'un tiers des 353 espèces d'abeilles et de syrphes sauvages du Royaume-Uni ont connu un déclin entre 1980 et 2013.

Les auteurs de l'étude ont noté que l'aire géographique des espèces d'abeilles et de syrphes avait diminué de 25%, ce qui représente une perte nette d'environ 11 espèces par kilomètre carré, notamment à cause de la réduction de l'habitat des pollinisateurs.

Les insectes ne sont pas les seules espèces à être touchées. Au cours des 50 dernières années, plus de 500 espèces d'amphibiens ont perdu un part de leur population dans le monde, dont 90 ont totalement disparu à cause d'une maladie fongique mortelle appelée chytridiomycose qui détruit la chair des grenouilles.

Atelopus zeteki, une grenouille dorée panaméenne, photographiée à l'extérieur d'El Valle, au Panama. La plupart des grenouilles Atelopus ont connu un déclin de 90% ou une extinction complète. Brad Wilson / Getty

Une étude récente de la revue Science raconte la propagation de la chytridiomycose, aussi appelée champignon chytride, et comment elle a rapidement et silencieusement fait des ravages parmi les espèces de grenouilles, de crapaud et de salamandres en Amérique centrale et du Sud, en Afrique, en Europe et en Australie.

Les humains ont permis à cette maladie fongique de se propager plus loin qu'elle n'aurait pu, en grande partie à cause du commerce mondial des espèces sauvages.

Selon les auteurs de l'étude, les décès d'amphibiens associés au champignon chytride représentent la plus grande perte de biodiversité enregistrée imputable à une maladie, et certaines maladies très virulentes chez les animaux sauvages contribuent à la sixième extinction de masse de la Terre.

La Terre semble subir un processus 'd'annihilation biologique'. Près de la moitié du nombre total d'animaux ayant côtoyé la Terre en même temps que les humains ont déjà disparu.

La disparition d'espèces essentielles dans les écosystèmes locaux entraînera des effets en cascade. Michael Kinnaman / Getty Images

Une étude de 2017 a examiné toutes les populations animales de la planète (pas seulement les insectes) en regardant 27 600 espèces de vertébrés, soit environ la moitié du total des espèces que nous connaissons. Les scientifiques ont constaté que plus de 30% d'entre elles sont en déclin.

Certaines espèces doivent faire face à un baisse très importante de leur population, alors que d'autres espèces disparaissent dans des zones spécifiques. Cela suscite l'inquiétude puisque les auteurs de l'étude ont déclaré que ces extinctions localisées de la population étaient un "prélude aux extinctions d'espèces".

Ainsi, même le déclin de populations animales qui ne sont pas encore classées comme menacées est inquiétant.

Plus de 26 500 espèces du monde sont menacées d'extinction et ce nombre devrait continuer à augmenter.

Le léopard de l'Amour est en danger critique d'extinction. DigitalART / Wikimedia Commons

Selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, plus de 27% des espèces de la planète sont menacées d'extinction. Actuellement, 40% des amphibiens de la planète, 25% de ses mammifères et 33% de ses récifs coralliens sont menacés.

L'UICN prédit que 99,9% des espèces en danger critique d'extinction et 67% des espèces menacées d'extinction disparaîtront au cours des 100 prochaines années.

Selon le prochain rapport des Nations Unies, ce nombre pourrait approcher un million d'espèces.

Getty Images/Mark Kolbe

Le rapport de l'ONU conclut qu'il y a eu "une accélération rapide et imminente du taux mondial d'extinction des espèces", selon l'AFP.

Il ajoute que "de 500 000 à 1 million d'espèces devraient être menacées de disparition, dont beaucoup dans les décennies à venir".

La disparition d'une seule espèce pourrait également provoquer un 'effet domino d'extinction' qui se répercuterait sur l'écosystème, entraînant l'effondrement de toute la communauté biologique.

L'argument des auteurs est fondé sur le fait qu'un consommateur ne peut pas survivre sans ses ressources. Porco Rosso/Unsplash

Une étude publiée en 2018 dans Scientific Reports explique que les scientifiques sous-estiment probablement le nombre d'espèces sujettes à l'extinction.

"Ne pas prendre en compte ces co-extinctions sous-estime donc jusqu'à 10 fois la vitesse et l'ampleur de la disparition d'espèces entières à cause d'événements comme le changement climatique", a déclaré le co-auteur de l'étude, Corey Bradshaw dans un communiqué de presse

La recherche suggère que la disparition d'une espèce pouvait faire disparaître plus d'espèces (un processus connu sous le nom de "co-extinction") et finir par amener des systèmes entiers à un changement de régime inattendu, soudain, voire même un effondrement total. Par exemple, une espèce de fleur ne peut pas perdurer sans le pollinisateur sur lequel elle s'appuie. Si ce pollinisateur disparaissait, la fleur suivra.

"En outre, les co-extinctions sont souvent déclenchées bien avant la disparition totale d'une espèce", ont écrit les auteurs de l'étude.

Une étude menée en 2015 sur des espèces d'oiseaux, de reptiles, d'amphibiens et de mammifères a conclu que le taux d'extinction moyen au cours du dernier siècle était jusqu'à 100 fois supérieur à la normale.

La population de papillons monarques, comme celle d'autres insectes, fluctue considérablement. Mais les scientifiques disent que les récupérations après chaque grand creux tendent à être plus petites, suggérant une tendance générale à la baisse. Marco Ugarte / Associated Press

Elizabeth Kolbert, auteur du livre "The Sixth Extinction", a déclaré à National Geographic que les résultats de cette étude étaient désastreux. Cela signifie que 75% des espèces animales pourraient disparaître d'ici les prochaines générations d'humains.

Dans environ 50 ans, 1 700 espèces d'amphibiens, d'oiseaux et de mammifères seront confrontées à un risque d'extinction plus élevé à cause du rétrécissement de leurs habitats naturels.

Les activités humaines telles que l'agriculture, la colonisation et le développement des infrastructures entraînent la perte d'habitats de rhinocéros noirs. Les rhinocéros noirs sont gravement menacés. Phil Noble / Reuters

Selon une étude de 2019, 1 700 espèces perdront entre 30% et 50% de leur habitat actuel à cause de l'utilisation des terres par l'homme. Plus précisément, 886 espèces d'amphibiens, 436 espèces d'oiseaux et 376 espèces de mammifères seront touchées et, par conséquent, risquent encore plus de disparaître.

L'exploitation forestière et la déforestation de la forêt amazonienne sont particulièrement préoccupantes.

Vue aérienne d'une étendue de jungle amazonienne récemment défrichée par des bûcherons et des agriculteurs près de la ville de Novo Progresso, au Brésil. Nacho Doce / Reuters

Selon le World Wildlife Fund, environ 17% de l'Amazonie a été détruite au cours des 50 dernières années, principalement parce que les humains ont coupé la végétation pour ouvrir des terres pour développer des élevages en ranch. Environ 80% des espèces du monde se trouvent dans les forêts tropicales humides telles que l'Amazone, notamment le léopard de l'Amour, gravement menacé d'extinction. Même la déforestation dans une petite zone peut entraîner la disparition d'un animal, certaines espèces ne vivant que dans de petites zones isolées.

Chaque année, plus de 7,3 millions d'hectares de forêt disparaissent dans le monde. Cela représente environ 27 terrains de football par minute.

En plus de mettre les animaux en danger, la déforestation élimine la couverture forestière qui aide à absorber le dioxyde de carbone atmosphérique. Les arbres retiennent ce gaz qui contribue au réchauffement de la planète. Moins d'arbres signifie donc plus de CO2 dans l'atmosphère, ce qui conduit la planète à se réchauffer.

Au cours des 50 prochaines années, les humains participeront à l'extinction de tant d'espèces de mammifères que la diversité de la Terre ne se rétablira pas avant 3 millions d'années, selon une étude.

Les éléphants d'Afrique comme celui-ci sont fréquemment victimes du braconnage et sont menacés d'extinction. Kenny Katombe / Reuters

Les scientifiques à l'origine de cette étude publiée en 2018 ont conclu qu'après cette disparition, notre planète aurait besoin de 3 à 5 millions d'années, dans le meilleur des scénarios, pour retrouver son niveau de biodiversité actuel.

Rétablir la biodiversité de la planète dans l'état où elle se trouvait avant le développement de l'homme moderne prendrait encore plus longtemps — jusqu'à 7 millions d'années.

Certains paléontologues ont poussé cette statistique encore plus loin. Selon une nouvelle étude, il faudra 10 millions d'années ou plus à la planète pour se remettre d'une extinction de masse.

Il n’y a plus que 110 loups gris mexicains dans la nature. Thomson Reuters

Une étude publiée dans la revue Nature Ecology and Evolution révèle qu'il a fallu environ 10 millions d'années à la biodiversité de la Terre pour se remettre de l'extinction de masse qui a décimé les dinosaures.

"Les pertes de biodiversité ne seront pas remplacées avant des millions d'années. Ainsi, lorsque vous imaginez des extinctions dans des écosystèmes de récifs coralliens, des écosystèmes de forêts pluviales, des prairies ou ailleurs, ces lieux seront toujours moins diversifiés, à cause des humains", a déclaré à Business Insider Chris Lowery, paléontologue et co-auteur de l'étude.

Les espèces exotiques sont un facteur majeur d'extinction des espèces.

Des coquilles de moules zébrées s'empilent sur une plage de Sleeping Bear Dunes National Lakeshore, Michigan. La moule zébrée est une espèce exotique envahissante dans les Grands Lacs. Corfoto / Getty Images

Une étude publiée en février 2019 a révélé que les espèces exotiques sont le principal facteur d'extinction d'animaux et de plantes. Une espèce étrangère est le terme désignant tout type d'animal, de plante, de champignon ou de bactérie qui n'est pas indigène d'un écosystème. Certaines peuvent être envahissantes, ce qui veut dire qu'elles nuisent à l'environnement dans lequel elles sont introduites.

De nombreuses espèces exotiques envahissantes ont été involontairement propagées par l'homme. Les gens peuvent transporter avec eux des espèces exotiques d'un continent, d'un pays ou d'une région à l'autre lorsqu'ils se déplacent. Les envois de marchandises entre certains lieux peuvent également contribuer à la propagation d'une espèce.

Les moules zébrées et les punaises brunes marbrées sont deux exemples d'espèces envahissantes aux États-Unis.

Une récente étude a montré que depuis l'année 1500, il y a eu 953 extinctions mondiales. Environ un tiers d'entre elles était en partie du à l'introduction d'espèces exotiques.

Les océans absorbent une grande partie de l'excès de chaleur piégé sur Terre à cause des gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère. Cela tue les espèces marines et les récifs coralliens.

Un récif corallien blanchi près de Guam dans l'océan Pacifique. Une étude réalisée en 2018 a révélé que de graves épidémies de blanchiment frappaient aujourd'hui les récifs quatre fois plus souvent que ce n’était le cas il y a quelques décennies. David Burdick / NOAA / AP

Les océans de la planète absorbent pas moins de 93% de la chaleur supplémentaire que les gaz à effet de serre emprisonnent dans l'atmosphère terrestre. L'année dernière a été l'année la plus chaude jamais enregistrée pour les océans, et des scientifiques ont récemment réalisé que les océans se réchauffaient 40% plus vite qu'ils ne le pensaient.

L'augmentation de la température de l'océan et l'acidification de l'eau obligent les coraux à expulser les algues qui vivent dans leurs tissus et devenir blanc, un processus appelé blanchissement des coraux.

En conséquence, les récifs coralliens — et les écosystèmes marins qu'ils abritent — sont en train de mourir. Dans le monde, environ 50% des récifs du globe sont morts au cours des 30 dernières années.

Les espèces qui vivent en eau douce sont également affectées par le réchauffement climatique.

La truite à bande rouge de Goose Lake est une espèce endémique des affluents du nord-est de la Californie et du sud-est de l'Oregon. Steve Howard / Getty Images

Une étude réalisée en 2013 a montré que 82% des espèces de poissons d'eau douce indigènes de Californie étaient vulnérables à l'extinction à cause du changement climatique.

La plupart des populations de poissons indigènes devraient connaître un déclin et certaines seront probablement menacées d'extinction, ont déclaré les auteurs de l'étude. Les espèces de poissons ayant besoin d'une eau en dessous de 21 degrés pour se développer sont particulièrement menacées.

Le réchauffement des océans entraîne également une élévation du niveau de la mer. La montée des eaux a déjà un impact sur les habitats des espèces vulnérables.

Le Melomys rubicola est la première espèce à disparaître à cause du changement climatique poussé par l'homme. nmulconray / Getty Images

L'eau se dilate lorsqu'elle chauffe — une eau plus chaude prend donc plus de place. Selon le paléontologue du musée Smithsonian, le niveau mondial actuel de la mer est de 13 à 20 cm plus haut qu'en 1900.

En février, le ministre australien de l'Environnement a officiellement déclaré qu'un rongeur appelé Melomys rubicola serait la première espèce à disparaître à cause du changement climatique poussé par l'homme, en particulier l'élévation du niveau de la mer.

Ce cousin du rat était originaire d'une île de la province du Queensland, mais son territoire de faible altitude était situé à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la mer. L'île était de plus en plus inondée par les eaux océaniques lors des marées hautes et des tempêtes, et ces inondations salées ont eu des conséquences néfastes sur la flore de l'île.

Cette flore fournissait à la fois nourriture et abri aux Melomys. La diminution du nombre de plantes a donc probablement entraîné la mort de l'animal.

Le réchauffement des océans entraîne également une fonte des glaces sans précédent en Arctique et en Antarctique, qui contribue à l'élévation du niveau de la mer. Aux États-Unis, 17% de toutes les espèces menacées et en voie de disparition sont en danger à cause de la montée des eaux.

Deux manchots Adélie au sommet d'un bloc de glace en fusion dans l'est de l'Antarctique. Pauline Askin / Reuters

La fonte des calottes glaciaires pourrait augmenter considérablement le niveau de la mer. La calotte glaciaire antarctique fond presque six fois plus rapidement que dans les années 1980. La glace du Groenland fond quatre fois plus vite qu'il y a 16 ans. Le territoire a perdu plus de 400 milliards de tonnes de glace en 2012 seulement.

Dans le pire des cas, appelé "impulsion", une eau plus chaude pourrait provoquer l'effondrement des glaciers qui retiennent les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland. Cela enverrait des quantités massives de glace dans les océans, entraînant potentiellement une montée rapide du niveau de la mer dans le monde.

Selon un rapport de l'organisation gouvernementale américaine Center for Biological Diversity, l'élévation du niveau de la mer due aux changements climatiques menace 233 espèces animales et végétales protégées par le gouvernement fédéral dans 23 États côtiers des États-Unis.

Le rapport précise que 17% de toutes les espèces menacées et en voie de disparition aux États-Unis sont vulnérables à la montée du niveau de la mer et aux ondes de tempête, notamment le phoque moine d'Hawaï et la tortue caouanne.

Si les choses continuent comme cela en ce qui concerne le changement climatique, une espèce sur six pourrait disparaître.

Les orangs-outans de Bornéo font partie des 10 espèces les plus menacées au monde. Tim Chong / Reuters

Une analyse publiée en 2015 a examiné plus de 130 études sur le déclin des populations d'animaux et a révélé qu'une espèce sur six pourrait disparaître avec le réchauffement continu de la planète.

La flore et la faune d'Amérique du Sud et d'Océanie devraient être les plus touchées par le changement climatique, tandis que les espèces nord-américaines présenteraient le risque le plus faible.

Les extinctions de masse précédentes furent accompagnées de signes avant-coureurs. Ces indicateurs étaient très similaires à ce que nous voyons aujourd'hui.

Si le réchauffement climatique se poursuivait, les stratocumulus subtropicaux pourraient disparaître, ce qui ferait augmenter les températures de la planète de 8 degrés. Aleksandar Georgiev / Getty Images

L'extinction de masse la plus dévastatrice de l'histoire de la planète s'appelle l'extinction Permien-Trias, ou "la grande mort". Cela s'est passé il y a 252 millions d'années, avant l'ère des dinosaures.

Au cours de "la grande mort", environ 90% des espèces de la Terre ont été anéanties. Selon National Geographic, moins de 5% des espèces marines ont survécu et seulement un tiers des espèces d'animaux terrestres. Cet événement a largement éclipsé le cataclysme qui a tué le dernier des dinosaures 187 millions d'années plus tard.

Mais la grande mort n'est pas sortie de nulle part.

Les scientifiques pensent que l'extinction de masse a été causée par une libération importante et rapide de gaz à effet de serre dans l'atmosphère par les volcans sibériens, qui ont rapidement réchauffé la planète — il y avait donc des signes avant-coureurs. En réalité, une étude réalisée en 2018 a révélé que ces signes avant-coureurs sont apparus jusqu'à 700 000 ans avant l'extinction.

"Il existe de nombreuses preuves d'un réchauffement climatique grave, d'une acidification des océans et d'un manque d'oxygène", a déclaré l'auteur principal de l'étude, Wolfgang Kießling, dans un communiqué.

Les changements d'aujourd'hui sont similaires mais moins sévères — du moins jusqu'à présent. 

Il y a encore débat pour savoir si nous sommes vraiment en en train de vivre une 6e extinction. Mais il est sûr que les extinctions que nous voyons aujourd'hui sont de notre faute.

L'agent Alex Lacerda de l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables porte un échantillon de bois qui a été confisqué dans une scierie illégale. Ricardo Moraes / Reuters

Les scientifiques se disputent encore pour savoir si la Terre est vraiment en train de connaître une autre extinction de masse. Le paléontologue du musée Smithsonian, Doug Erwin, un expert du Great Dying, affirme que nous n'en sommes pas encore là, selon The Atlantic.

Comme le disait Elizabeth Kolbert à National Geographic, "au moment où nous aurons des réponses définitives à cette question, il est possible que les trois quarts de toutes les espèces de la Terre aient disparu".

Il existe déjà un consensus sur un aspect de la tendance à l'extinction : et c'est de la faute de l'homo sapiens. 

Selon une étude de 2014, les taux d'extinction actuels sont 1 000 fois plus élevés qu'ils ne le seraient si les humains n'existaient pas. 

"Il n'y a que très peu, voire aucune extinction dont nous avons connaissance depuis ces 100 dernières années qui aurait pu avoir lieu sans activité humaine", a déclaré Elizabeth Kolbert.

Version originale : Aylin Woodward/Business Insider

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