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239 scientifiques affirment que le coronavirus pourrait se transmettre par l'air dans une lettre ouverte à l'OMS


Des personnes portant des masques marchent dans le quartier de Shinjuku à Tokyo (Japon), le 5 juillet 2020. © Kyodo News via Getty Images

239 scientifiques de 32 pays ont signé une lettre ouverte adressée à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans laquelle ils présentent des preuves montrant que le Covid-19 pourrait se transmettre par l'air, via des petites gouttelettes respiratoires pouvant se déplacer dans une pièce et non seulement de grosses gouttelettes présentes dans l'air après un éternuement par exemple. Le virus serait bien aéroporté dans sa définition stricte. Dans cette lettre ouverte, consultée par le New York Times et qui devrait être prochainement publiée dans une revue scientifique, les chercheurs demandent à l'OMS de revoir ses recommandations concernant le Covid-19.

Sur son site, l'OMS écrit que le Covid-19 se transmet "principalement d'une personne à l'autre par le biais de gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lorsqu'une personne malade tousse, éternue ou parle. Ces gouttelettes sont relativement lourdes, ne parcourent pas de grandes distances et tombent rapidement au sol. Il est possible de contracter la Covid-19 en cas d'inhalation de ces gouttelettes." Le 29 juin dernier, l'organisme a précisé que la transmission par l'air du virus n'est possible qu'après des procédures médicales qui produisent des aérosols, ou des gouttelettes de moins de cinq microns. Ainsi, une ventilation et le port de masques N95 ne sont fortement recommandés que dans ces circonstances de milieux clos.

Mais si les chercheurs signataires de cette lettre ouverte ont raison, le port de masques pourrait s'avérer nécessaire à l'intérieur, même dans les cas où la distanciation physique est respectée, les systèmes de ventilation des établissements scolaires, entreprises etc devraient peut-être être revus pour réduire au minimum la recirculation de l'air et filtrer davantage les microparticules... Les scientifiques tempèrent toutefois leurs affirmations en précisant que le potentiel infectieux de ces micro gouttelettes ne serait pas important et que le risque serait plus élevé dans des milieux clos et mal ventilés où les gens seraient en contact rapproché pendant un long moment.

Selon des experts interrogés par le New York Times, l'un des problèmes serait que l'OMS se repose sur une définition dépassée de la transmission par l'air d'un virus. L'OMS estime qu'un virus aéroporté doit être hautement infectieux comme la rougeole par exemple et pouvoir se propager sur de longues distances. Ce qui ne correspond pas au mode de transmission du Covid-19, qui est le plus infectieux en milieu clos et quand les gens sont en contact rapproché et prolongé, et d'autant plus lors de grands rassemblements.

En général, les gens "pensent et parlent de la transmission par l'air de manière profondément stupide", a déclaré au New York Times Bill Hanage, épidémiologiste à l'école de santé publique T.H. Chan de Harvard. Et d'ajouter : "nous avons cette notion que la transmission aérienne signifie des gouttelettes suspendues dans l'air capables de vous infecter plusieurs heures plus tard, dérivant dans les rues, à travers les boîtes aux lettres et se retrouvant partout dans les maisons".

Ce n'est pas la première fois que les scientifiques alertent l'OMS sur la possibilité de transmission du coronavirus par l'air. En avril dernier, un groupe de 36 experts de la qualité de l'air et des aérosols l'avait déjà fait, mais l'OMS avait estimé que les preuves présentées n'étaient pas assez solides. "Nous avons déclaré à plusieurs reprises que nous considérions la transmission par voie aérienne comme possible mais certainement pas étayée par des preuves solides ou même claires. [...] Il y a un large débat à ce sujet", avait déclaré le Dr Benedetta Allegranzi, responsable technique de l'OMS pour le contrôle de l'infection.

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