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28 pays européens ont négocié pendant 5 ans un accord avec le Canada — voici comment une région de Belgique le bloque

28 pays européens ont négocié pendant 5 ans un accord avec le Canada — voici comment une région de Belgique le bloque
© REUTERS/Francois Lenoir

Le gouvernement de la Wallonie, en Belgique, a maintenu jeudi son opposition au projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), bloquant ainsi la ratification de ce traité commercial.

Les Vingt-Huit sont tous favorables au CETA (Comprehensive Economic Trade Agreement), qui a nécessité cinq ans de négociations et représente le premier accord commercial du bloc européen avec un pays du G7.

Mais le gouvernement belge ne peut donner son aval sans le soutien de ses cinq régions ou communautés, et le Parlement wallon a voté contre.

La Commission européenne, qui négocie les accords commerciaux au nom des Vingt-Huit, a proposé aux élus wallons des concessions par le biais d'une déclaration qui serait ajoutée en annexe du traité avec le Canada.

Un diplomate européen a déclaré que ces modifications visaient à répondre aux inquiétudes de la Wallonie en ce qui concerne les questions agricoles et le mode de règlement des litiges avec les entreprises canadiennes.

Réuni en urgence par Paul Magnette, le ministre-président de Wallonie, le gouvernement wallon a reconnu des avancées mais les a jugées insuffisantes.

"Des progrès ont été faits mais pour nous, à ce stade, les avancées ne sont pas suffisantes", a dit Paul Magnette au cours d'une conférence de presse à l'issue de cette réunion d'urgence.

Nouvelle crise pour l'Europe

Le ministre-président de la région francophone doit prendre la parole vendredi matin devant le Parlement de la Wallonie.

Il compte aussi rencontrer à nouveau la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland, "pour examiner (...) où il est encore possible de trouver des marges et de faire évoluer les textes qui nous ont été soumis ce jeudi", a dit Paul Magnette.

Après le vote pour le Brexit et la difficile gestion des migrants, cette nouvelle crise au sein de l'UE survient alors que les dirigeants européens sont réunis jeudi et vendredi à Bruxelles pour leur sommet d'automne. Ces derniers espèrent signer officiellement le CETA à l'occasion d'un sommet UE-Canada prévu jeudi prochain en présence du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui pourrait toutefois annuler sa venue si le blocage persiste.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a exprimé son inquiétude dans un message sur Twitter: "La crédibilité de l'Europe est en jeu".

Matthias Fekl, secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur, a en revanche affirmé vendredi qu'il comprenait "parfaitement" la décision wallonne.

"Les Wallons sont mis devant le fait accompli (...) Les parlements arrivent en fin de processus et ont le choix entre dire 'oui' ou 'non' et certains même voudraient qu'ils aient le choix entre dire 'oui' ou 'oui'", a-t-il jugé sur BFM TV.

Les opposants au CETA, et au projet d'accord en cours de négociations avec les Etats-Unis (TTIP ou TAFTA), jugent que ces traités de libre-échange vont abaisser les normes sociales, environnementales et de protection des consommateurs.

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