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3 statistiques qui montrent que le rebond de l'économie française va être difficile

3 statistiques qui montrent que le rebond de l'économie française va être difficile
© Cyril Marcilhacy/Bloomberg via Getty Images

L'économie française a été très durement touchée par le confinement de la population, qui a fait chuter l'activité dans le pays. Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) de la France a ainsi subi un plongeon historique de 13,8%, après un recul de 5,9% au premier trimestre, selon l'Insee. Mais d'autres statistiques publiées ce vendredi 7 août et depuis le début du mois montrent à tel point le chemin sera long pour que l'économie se redresse. On peut en citer trois notamment.

Pour commencer, le déficit commercial s'est creusé au deuxième trimestre, pour atteindre 20,4 milliards d'euros, selon les Douanes. C'est 6,9 milliards d'euros de plus qu'au premier trimestre. Et le mois de juin a enregistré un déficit mensuel record de 8 milliards. "En juin 2020, la reprise des échanges entamée en mai se poursuit. Le redressement des importations étant un peu supérieur à celui des exportations, le déficit continue de s'accroître pour atteindre un nouveau record mensuel", précise un communiqué cité par l'AFP.

Déficit commercial de 34 Mds€ au premier semestre

Les exportations de la France, qui ont dévissé de 28,9% d'avril à juin, reflètent notamment les difficultés du secteur aéronautique, dévasté par la crise du coronavirus. Or l'industrie aéronautique et spatiale constitue le premier secteur exportateur du pays, avec un excédent commercial de 31 milliards d'euros en 2019, rappelle Les Echos. "Près de la moitié de la baisse des exportations s'explique par la chute dans le secteur des transports (-59,9%)", relève les Douanes. Les ventes à l'étranger de produits aéronautiques et spatiaux se sont notamment écroulés de 64,2% au deuxième trimestre.

Au total, sur le premier semestre, le déficit commercial de la France s'établit à 34 milliards d'euros, contre 29 milliards d'euros sur les six premiers mois de 2019.

42% des PME ont demandé un crédit de trésorerie au deuxième trimestre

Signe que les entreprises françaises éprouvent d'importantes difficultés, les demandes de crédit de trésorerie se sont envolées au deuxième trimestre, selon des statistiques publiées le 4 août par la Banque de France. Ainsi, 42% des PME ont effectué une demande, après 17% entre janvier et mars, contre 6% lors des trimestres précédant la crise sanitaire. Les très petites entreprises (TPE) de moins de dix salariés sont de leur côté 28% à avoir fait une demande de crédit de trésorerie, contre 13% au premier trimestre et là encore 6% d'ordinaire.

Quand aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), comprenant 250 à 4 999 salariés, elles sont 40% à avoir demandé un tel crédit au deuxième trimestre, contre 22% cet hiver et 10% au dernier trimestre de l'année 2019.

Les demandes de crédit d'investissement ont à l'inverse diminué au premier semestre. La banque publique Bpifrance indiquait dans une enquête publiée fin juillet que 41% des PME comptaient reporter leurs projets d'investissement d'avant-crise, et 18% les annuler.

120 000 emplois ont été détruits dans le pays entre avril et juin

Au deuxième trimestre, 119 400 emplois ont été détruits dans le secteur privé, après 497 500 emplois supprimés au premier. Une légère amélioration qui s'explique notamment par l'intérim, mais aussi par le recours massif des entreprises au chômage partiel. "Le chômage partiel n'est pas une perte d'emploi. Dès lors, l'ajustement sur le marché du travail ne s'est pas fait sur la réduction de l'emploi mais par le passage en chômage partiel", explique Philippe Waechter, économiste chez Ostrum Asset Management cité par l'AFP.

Plus préoccupant, Eric Heyer, chercheur à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), voit "un décalage" entre la baisse de 0,6% de l'emploi salarié au deuxième trimestre et le plongeon de 13,8% du PIB sur la même période. "On aurait dû avoir des destructions d'emploi du même ordre, ce qui veut dire que la crise sur l'emploi n'est pas encore arrivée", estime-t-il auprès de l'AFP.

L'intérim, qui a chuté de 40,4% au premier trimestre, amorce toutefois un rebond, de 23,1% entre avril et juin, soit 108 500 créations. Mais il reste encore 27% plus faible que son niveau un an auparavant, ce qui représente 214 800 emplois en moins.

La production industrielle de la France commence par ailleurs à redémarrer, avec une hausse de 12,7% en juin. Mais là encore, par rapport à juin 2019, elle reste en baisse de 11,7%. Signe que le pays va mettre du temps à se relever, en espérant qu'une deuxième vague de contaminations ne viendra pas plomber un peu plus l'économie.

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