300 employés d'Amazon protestent contre leur entreprise qui ne les laisse pas parler librement de l'environnement

Plus de 300 employés d'Amazon ont signé de leur nom dimanche des critiques contre le géant américain de la distribution en ligne, notamment sa politique environnementale. Peter Steffen/picture alliance via Getty Images

Des employés d'Amazon ont décidé de continuer à s'opposer à la politique environnementale de leur entreprise. Et dans une entreprise où la politique de communication externe est très stricte, qui suppose une autorisation préalable de la hiérarchie, cette nouvelle action n'est pas anodine. Car c'est publiquement que plus de 300 employés sont sortis du bois. Ils ont signé de leur nom dimanche des critiques contre les pratiques néfastes pour la planète de l'entreprise du géant américain de la distribution en ligne. Amazon comptait près de 650 000 employés permanent à la fin 2018, selon le rapport annuel de la société.

"Cette action a été menée pour protester contre le règlement récemment rafraîchi qui interdit aux employés de s'exprimer publiquement sur les activités de l'entreprise sans autorisation préalable", souligne un communiqué de AECJ.  En septembre, plus de 1 400 salariés d'Amazon avaient fait grève au siège de Seattle pour les mêmes raisons, afin de protester contre les pratiques néfastes pour la planète de l'entreprise. Amazon aurait menacé de licencier des employés suite à ces protestations. "En tant qu'employés d'Amazon nous sommes responsables non seulement pour le succès de l'entreprise mais aussi de son impact. C'est notre responsabilité morale de parler haut et fort et les changements dans le règlement nous empêchent d'exercer cette responsabilité", écrit ainsi Sarah Tracy, ingénieurs informatique chez Amazon. 

A lire aussi — Amazon, Huawei, Disney... Les 17 marques qui ont le plus de valeur au monde

La publication de ces témoignages sur le site Medium a été organisée par le groupe Amazon Employees for Climate Justice (AECJ), qui pousse l'entreprise à aller plus loin dans son plan de mitigation annoncé à grand renfort de publicité.  Amazon est souvent critiqué pour son empreinte carbone en raison de la consommation d'énergie de ses immenses fermes de serveurs pour ses activités très lucratives dans le "cloud" (l'informatique dématérialisée). Et bien sûr l'entreprise a bâti son succès sur un énorme réseau logistique de transport routier pour assurer des livraisons de plus en plus rapide ce qui génère beaucoup de gaz à effet de serre, les principaux coupables du changement climatique.

Si l'environnement est l'objet de nombreuses critiques postées dimanche, Amazon se voit aussi reprocher d'autres activités comme par exemple la mise à disposition de ses capacités en intelligence artificielle pour des entreprises du secteur pétrolier. Le 19 septembre, Jeff Bezos, fondateur de l'entreprise et accessoirement l'homme le plus riche du monde, a pris des engagements publiquement en matière d'environnement promettant notamment qu'Amazon atteindra la neutralité carbone en 2040. C'est insuffisant selon l'AECJ qui réclame d'y arriver dès 2030.

Mark Hiew, directeur marketing chez Amazon juge que "ce n'est pas le moment de réduire des gens au silence. Nous avons besoin de règles qui encouragent un discours plus ouvert, plus de solutions et une action plus déterminée et concertée sur le changement climatique et ses causes".

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Les photos intimes de Jeff Bezos auraient bien été transmises à un tabloïd par le frère de sa petite amie, et non par l'Arabie Saoudite

VIDEO: Voici à quoi ressembleraient les Jeux olympiques s'ils se déroulaient sur la Lune