350 000 emplois supplémentaires pourraient être détruits en 2021

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350 000 emplois supplémentaires pourraient être détruits en 2021
© Martinelle/Pixabay

L'économie française pourrait avoir plus de difficultés que prévu à se relever. La Banque de France se montre pessimiste dans ses dernières projections macroéconomiques, publiées lundi 14 décembre. Selon l'institution, l'activité pourrait rebondir de 5% en France en 2021, contre 7,4% anticipés il y a trois mois. "Début 2021, l'activité économique serait pénalisée par une consommation des ménages encore contrainte, avec une levée progressive des mesures sanitaires", explique la Banque de France (BdF).

Le produit intérieur brut (PIB) progresserait de presque 2% au premier trimestre, après le creux du quatrième trimestre 2020, "mais resterait près de 7 points au-dessous de son niveau de la fin 2019". Sur l'ensemble de l'année 2020, le PIB devrait chuter de 9%, contre 8,7% prévus en septembre. Sur le front de l'emploi, la reprise moins dynamique que prévu de l'activité s'accompagnerait de nouvelles destructions. La Banque de France (BdF) anticipe ainsi 350 000 nouvelles suppressions d'emplois en 2021, le taux de chômage grimpant alors à 10,7%, contre 8,5% fin 2020. Cette année, jusqu'à 425 000 emplois seraient également supprimés.

Un pic du taux de chômage au premier semestre 2021

"Même si l'ampleur des dispositifs d'activité partielle a permis de limiter à court terme la détérioration du marché du travail, celle-ci interviendrait, avec retard, sur les trimestres à venir et le taux de chômage atteindrait un pic proche de 11 % au premier semestre 2021", prédit la BdF. "Mais il refluerait ensuite vers 9 % à fin 2022", ajoute-t-elle. L'institution prévoyait auparavant 825 000 suppressions d'emplois dès 2020, avant un léger rebond en 2021 entraînant 125 000 créations.

Cette nouvelle projection du taux de chômage demeure incertaine en raison "de comportements d'activité difficiles à prévoir dans le contexte actuel", souligne la BdF. Elle repose sur l'hypothèse d'un retour de la population active à un niveau proche de celui d'avant-crise sur la deuxième partie de l'année 2021, à l'image de la reprise amorcée au troisième trimestre 2020 après la chute de l'activité au premier semestre.

"Dans le scénario central, l'hypothèse est que l'épidémie ne cesserait pas immédiatement et que le déploiement généralisé de vaccins ne serait pleinement effectif que vers fin 2021", précise la BdF. Le niveau d'activité de fin 2019 ne serait alors retrouvé que mi-2022.

Pouvoir d'achat en moyenne préservé, mais avec de fortes disparités

Par ailleurs, grâce à l'amortisseur des finances publiques, le pouvoir d'achat des ménages devrait rester "en moyenne préservé" en 2020 et en 2021 malgré la récession. Il devrait ainsi légèrement augmenter l'an prochain, de 0,3%. Mais ce chiffre recouvre "des situations très différentes selon les catégories de ménages", prévient la BdF. "D'autant que l'ajustement du marché du travail s'opère en premier lieu sur les formes les plus précaires de contrats", ajoute-t-elle.

En 2020, les administrations publiques supporteraient 62% des pertes de revenu disponible brut national, une part bien supérieure aux 25% habituellement pris en charge. Après un niveau record de 22% atteint en 2020, le taux d'épargne resterait de son côté "encore élevé en 2021".

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