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5 choses à savoir sur Parler, le réseau social préféré des Trumpistes

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5 choses à savoir sur Parler, le réseau social préféré des Trumpistes
Le réseau social Parler a laissé se multiplier des messages d'incitation à la violence. Conséquence : Google, Apple et Amazon l'ont banni. © Pavlo Gonchar/Sopa Images/SPUS/ABACA
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L'application "Parler", ça vous parle ? Depuis quelques jours, elle est au cœur d'une bataille avec les géants de la tech. Ce réseau social américain, prisé des conservateurs américains et des complotistes, a été proscrit par trois entreprises des GAFA, Google, Apple et Amazon ces derniers jours. En cause : la plateforme est accusée de laisser proliférer des publications cautionnant les agissements des manifestants pro-Trump — qui ont pris d'assaut le Capitole mercredi dernier — et incitant à la violence.

La modération quasiment inexistante de Parler est justement sa marque de fabrique. La plateforme se décrit comme "un réseau social impartial, centré sur la liberté d'expression et la protection des droits des utilisateurs." Créée en 2018, l'application a connu son heure de gloire en 2020, plébiscitée par les soutiens de Donald Trump qui jugent que les réseaux sociaux traditionnels comme Twitter font preuve de censure envers la droite conservatrice.

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Ce week-end, Parler était même l'application la plus téléchargée sur l'App Store aux États-Unis, après que Twitter a définitivement suspendu le compte de l'actuel président américain.

Qui possède l'application ? Comment est-elle devenue le "Twitter conservateur" ? Voilà 5 choses à savoir sur Parler, le réseau social préféré des Trumpistes

Parler est financé par une milliardaire conservatrice proche de Donald Trump

Robert Mercer et sa fille Rebekah Mercer font partie des plus gros donateurs du parti républicain et de la campagne de Donald Trump. Patrick McMullan/Patrick McMullan/Getty Images

Parler a été co-créé en août 2018 par John Matze, Jared Thompson et Rebekah Mercer. John Matze et Jared Thompson sont tous deux diplômés de l'Université de Denver, et avant de créer l'application, John Matze travaillait comme ingénieur informatique pour Amazon Web Services, le service d'hébergement d'Amazon (le même qui a arrêté d'héberger le site de Parler ce 11 janvier).

Si les deux hommes sont la tête pensante du projet, c'est Rebekah Mercer qui a financé son développement. Elle est la fille de l'homme d'affaires américain Robert Mercer, l'un des principaux donateurs de la campagne électorale de Donald Trump en 2016 et l'un des fondateurs de Cambridge Analytica.

Rebekah Mercer est elle-même l'une des plus importantes donatrices du Parti républicain. Elle a travaillé pour Cambridge Analytica, possède des parts dans le site d'extrême droite Breitbart News — un cadeau de son père — et a influencé Donald Trump dans son choix de conseillers et de ministres — ce sont les Mercer qui ont présenté Steve Bannon au président américain.

Sa modération quasi inexistante a séduit l'extrême droite

L'idée derrière Parler était de proposer une alternative plus libertarienne aux réseaux sociaux traditionnels, comme Twitter, Facebook et Instagram, dont la taille les oblige à modérer ce qui s'y passe. C'est cette "liberté d'expression" — ou sa modération plus qu'insuffisante, selon le point de vue adopté— qui a séduit la frange conservatrice de la droite.

L'application connaît un certain succès en juin 2020, lorsque Twitter commence à modérer plus fermement les contenus s'apparentant à de la désinformation, en signalant notamment des tweets de Donald Trump. De nombreuses personnalités crient alors à la censure et s'inscrivent sur Parler, invitant leurs soutiens à faire de même. C'est le cas du sénateur républicain Ted Cruz, mais aussi des figures de l'extrême droite française, comme Marion Maréchal.

Il n'y a pas que la modération qui diffère sur Parler. La plateforme ne s'est pas non plus dotée de fact-checkers pour vérifier les informations qui y circulent, comme Twitter et Facebook le font depuis quelques années, après avoir été critiqués pour avoir laissé se multiplier les fausses informations pendant l'élection présidentielle américaine de 2016.

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Ses téléchargements ont explosé après la défaite de Donald Trump en novembre 2020

Gayatri Malhotra/Unsplash

Juste après l'élection présidentielle américaine, qui a eu lieu le 3 novembre 2020, et à partir du moment où le décompte des votes a penché en faveur d'une victoire de Joe Biden face à Donald Trump, Parler a vu son nombre de téléchargements exploser.

Après l'élection, l'application a été téléchargée près d'un million de fois en seulement cinq jours, selon Business Insider US. Le 9 novembre, Parler était l'appli gratuite la plus téléchargée sur l'App Store et le Play Store.

Cette vague de téléchargements était une fois de plus une réaction aux mesures prises par Twitter, qui a épinglé des tweets de Donald Trump affirmant, sans preuve, qu'il avait gagné l'élection, et qu'il y avait eu fraude électorale en faveur des Démocrates.

Apple et Google l'ont banni de l'App Store et du Play Store en janvier

Brett Jordan/Pexels

Si vous découvrez l'existence de Parler aujourd'hui — lundi 11 janvier 2021 — et que vous essayez de l'installer sur votre iPhone ou votre smartphone Android, vous allez vite vous rendre compte que c'est impossible.

Alphabet, la maison-mère de Google, a retiré l'application du Play Store vendredi 8 janvier, et Apple a fait de même sur l'App Store dès le lendemain, face à la multiplication de messages incitant à la violence et à de nouvelles manifestations et le manque de modération de la plateforme.

Initialement, Apple avait laissé 24 heures aux équipes de Parler pour mettre en place des mesures de modération plus strictes, mais les propositions de Parler n'ont pas suffit, et Apple a supprimé l'application de son App Store le 9 janvier. "Il n’y a pas de place sur notre plateforme pour les appels à la violence et les activités illégales", a déclaré Apple.

Le site est inaccessible depuis qu'Amazon a arrêté de l'héberger

Capture d'écran/Business Insider France

Jusqu'au 11 janvier, le site web de Parler était hébergé par AWS, le service d'hébergement en ligne d'Amazon. Même si Google et Apple avait retiré l'application mobile, la plateforme était donc toujours accessible depuis un navigateur Internet. Mais aujourd'hui, impossible d'accéder à l'adresse URL "parler.com". Amazon a lui aussi coupé les ponts avec le réseau social.

Amazon Web Service (AWS) avait prévenu les propriétaires de Parler qu'il allait suspendre l'hébergement du site en raison de son incapacité à modérer les "contenus violents". Depuis 8h (heure française) ce matin, le site de Parler n'est donc plus accessible.

L'un des créateurs du réseau, John Matze, avait même prévenu les utilisateurs sur Parler samedi 9 janvier, expliquant qu'il était "possible que le réseau social ne soit pas accessible sur internet durant jusqu'à une semaine". Il a également accusé Google, Apple et Amazon de mener une "guerre contre la liberté d'expression" à travers leurs sanctions.

Parler a porté plainte lundi contre Amazon, demandant au tribunal de prononcer une ordonnance temporaire contre le géant de la tech pour l'obliger à lui rouvrir ses serveurs. Dans la plainte, Parler compare la décision d'Amazon au fait de "débrancher un patient sous assistance respiratoire."

Les propriétaires de Parler doivent désormais trouver un nouveau fournisseur d'hébergement pour leur site web s'ils souhaitent revoir un jour le réseau social en ligne.

Autre possibilité qui s'offre à eux : accepter de modérer plus fermement les discours de haine sur la plateforme pour espérer retrouver les bonnes grâces des GAFA. Mais quand on sait que John Matze considère Parler comme "le dernier espoir du monde pour la liberté d'expression et la libre information", cela paraît peut probable.

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