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6 choses que les caissiers de supermarché rêvent de dire aux clients

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© Getty Images

Lors du premier confinement, les Français avaient eu un élan de reconnaissance pour les employés essentiels à la continuité de notre approvisionnement. Parmi eux, les caissiers. “Les gens s'enflammaient, nous remerciaient à fond !”, se souvient Jérémy, 26 ans, employé dans un Franprix de l'est parisien. Depuis, les envolées de gratitude se font bien rares. La majeure partie des clients est toujours aimable, et les hôtes de caisse ont souvent l'occasion de mener “des conversations intéressantes, spontanées”. Mais les incivilités ont repris de plus belle.

Le nouveau confinement n’a pas rendu la considération qu’ils méritent aux hôtes de caisse. Au contraire, selon les travailleurs de la grande distribution que nous avons interrogés. Les chalands sont davantage blasés, bougons. Les clients grossiers permettent certes aux professionnels de développer leur capacité d’adaptation “à plein de choses, au niveau humain”, assure Grégoire, 23 ans, employé dans un Naturalia à Paris. Ce qui peut s’avérer utile “dans la vie privée, en matière de conflit”, poursuit-il, magnanime. Ceci dit, ces comportements sont surtout “démoralisants” pour les caissiers. Business Insider France a interrogé six hôtes de caisse quant à ce qu’ils rêvent de dire aux clients :

On ne demande pas la lune, soyez aimables !

"Être souriant, respecter certains principes de base… On ne demande pas la lune” WALK_ on Unsplash

"Être souriant, respecter certains principes de base… On ne demande pas la lune”, commence Grégoire, d’une voix grave et posée. Il a commencé à travailler dans la grande distribution lors du premier confinement. Remercié par le Monoprix où il officiait, il travaille aujourd'hui dans un supermarché bio de la rive gauche parisienne. “On fait un métier utile à tout le monde. Juste un ‘bonjour’ et un ‘au revoir’. Ça arrive souvent que les gens ne le disent pas”. A quelle fréquence, à la louche ? “Deux personnes sur cinq”, lâche Grégoire.

C’est un regret qu’on rencontre chez tous les hôtes de caisse : le comportement des clients à leur égard. “Pour certains, on n’existe pas. Et d’autres s’adressent à nous uniquement pour nous adresser des reproches, alors qu’on y peut rien s’il y a du monde qui qu’il y a la queue devant la caisse”, s’exaspère Jérémy. “Les gens parlent mal”, confirme Émilie* 20 ans, qui a enchaîné les contrats à Aldi, Auchan ou encore Cora, dans le Val-d’Oise (95).

Pour Stéphanie Fregioni, 41 ans, l’impolitesse des clients traduit un manque de considération pour le métier. “On nous regarde de haut. Pour certains, c’est un ‘sous-métier’”, regrette-t-elle.

Remettez les articles à leur place, surtout la nourriture périssable

"Ça arrive de faire des erreurs. Mais prendre un surgelé et ne pas le remettre au frais, c’est vraiment dommage… C’est précieux la nourriture.” ElasticComputeFarm/Pixabay

“Essayez de vous mettre à la place de la personne qui travaille. Posez-vous la question : est-ce que vous feriez ça chez vous ?”, conseille Grégoire. “Par exemple, quand vous prenez quelque chose, remettez-le à sa place”, développe-t-il.

Il regrette que beaucoup de clients gâchent la nourriture en la laissant n’importe où : "Ça arrive de faire des erreurs. Mais prendre un surgelé et ne pas le remettre au frais, c’est vraiment dommage… C’est précieux la nourriture.” Dans les magasins bio, où le rayon vrac est souvent conséquent, les consommateurs ont également tendance à jeter l’excédent à même les bacs, ce qui les rend impropre à la consommation.

Si vous êtes de mauvaise humeur en raison du confinement, ne vous vengez pas sur les hôtes de caisse

“On est devenus ceux qui contraignent le peuple à porter son masque." engin akyurt/Unsplash

“Il y a quelques mois, on sentait un élan de sympathie pour les caissiers… et d’autres boulots dans les services”, se souvient Jérémy. “C’est vite retombé. Maintenant c’est pire qu’avant le Covid. Les gens n’ont plus de respect”, regrette-t-il.

“On est devenus ceux qui contraignent le peuple à porter son masque. On est obligés de faire la police ; ça donne lieu à des altercations abracadabrantesques”, raconte Grégoire. “Pendant le premier confinement, on s’est aperçu d’une certaine reconnaissance. Mais depuis c’est la débandade. Et le nouveau confinement n’a rien arrangé, au contraire”, poursuit le travailleur de 23 ans.

Cessez de nous demander à tout bout de champ d’appeler un ‘responsable’

“Les gens s’attendent à voir un bonhomme. Ils se disent que ce serait plus facile de leur répondre pour un homme”. anson Lu/Unsplash

Jérémy est chef de rayon dans un Franprix de l’est parisien. “En cas de problème, les gens me demandent d’appeler un responsable. Je leur dis : ‘Vous l’avez devant vous !’…”

Pour Camille*, 24 ans, qui travaille à mi-temps dans un Intermarché à côté de ses études, c’est tous les jours : “Dès qu’on ne dit pas oui à leurs demandes, des clients me demandent d’appeler le responsable. Comme si quelqu’un allait débarquer, nous dire qu’on a tort et que le client a raison”, relate-t-elle, exaspérée. “Ils ne nous font pas confiance car on est des femmes”, constate la jeune femme.

Même constat pour Stéphanie Fregioni, qui travaille dans un Castorama près de Vitrolles (13). “Les gens s’attendent à voir un bonhomme. Ils se disent que ce serait plus facile de les aider pour un homme”.

En période de circulation active du virus, essayez de limiter vos passages au supermarché

“Ce midi, j’ai eu des clients qui passaient à quatre devant la caisse pour acheter une bouteille de coca et des Pim’s”. Atoms/Unsplash

"Ce midi, j’ai eu des clients qui passaient à quatre devant la caisse pour acheter une bouteille de coca et des Pim’s”, raconte Camille. “Il y a aussi des personnes qui viennent plusieurs fois par jour, pour un ou deux articles à chaque fois." Ces derniers sont souvent des personnes âgées, esseulées, qui sillonnent les commerces alentour en quête d’un brin de conversation. “Je sais que c’est pas facile pour tout le monde”, reconnait la jeune hôtesse de caisse. "Pour les caissiers plus âgés, plus à risque, ce serait quand même mieux de limiter les passages au supermarché”.

La caisse d’un supermarché n’est pas le meilleur endroit pour draguer

“J’ai toutes les semaines quelques propositions douteuses de la part de clients” Aiman Zenn/Unsplash

“J’ai toutes les semaines quelques propositions douteuses de la part de clients”, raconte Monique*, 39 ans. Elle travaille dans un supermarché Coccinelle, dans les Hauts-de-Seine (92). “C’est parfois des hommes mariés, avec une alliance. Il y a des gens très vieux aussi ; parfois c’est pour rigoler. Mais quand c’est sérieux ça me met mal à l’aise.” Comment réagit-elle ? “J’ignore. Je ne veux pas faire d’esclandre.” Elle raconte que ces avances sont trop épisodiques pour la toucher réellement. “Mais je connais des minettes de 20-25 ans pour qui c’est plus difficile, avec des clients lourds qui reviennent régulièrement”.

*Les prénoms ont été modifiés.

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