Université d'Utrecht, Pays-Bas. Facebook/University of Utrecht

La France est le quatrième pays de destination pour les étudiants internationaux, mais son attractivité est concurrencée par d'autres pays tels que l'Allemagne, la Russie, l'Arabie saoudite, la Turquie, la Chine ou encore le Canada qui multiplient les actions pour séduire plus d'étudiants.

Pour éviter de se faire doubler, le Premier ministre, Edouard Philippe, a présenté une série de mesures ce lundi 19 novembre 2018, lors des rencontres universitaires de la francophonie à Paris.

"Si les étudiants choisissent de venir étudier en France, c'est parfois par évidence linguistique, quand ils sont francophones. C'est souvent par affinité avec notre culture et notre art de vivre. A nous d'inventer mille autres raisons qui les décideront à venir, à commencer par la qualité des formations proposées et des conditions d'accueil. Et sur ce point, nous pouvons faire beaucoup mieux, car nous sommes sans cesse comparés, évalués, arbitrés, parmi dix autres destinations possibles", a admis le Premier ministre.

"Les étudiants qui choisissent la France nous confient, parfois en souriant: 'La France, ça se mérite'. Ce qui traduit pudiquement un certain désarroi face à l'écheveau des complexités administratives", a-t-il encore ajouté.

Edouard Philippe promet désormais de "s'attaquer à tous les sujets, à tous les détails du quotidien qui compliquent la vie des étudiants étrangers" et donne pour objectif à la France d'accueillir 500.000 étudiants internationaux d'ici à 2027 contre 320.000 actuellement (dont 245.000 suivent une formation diplômante).

Voici les six grandes mesures présentées ce lundi matin par le Premier ministre pour y parvenir:

1. Simplifier la politique de visas

  • Les étudiants seront prioritaires dans le traitement des dossiers de visas par les consulats, ils auront une meilleure connaissance des documents à fournir via le portail récemment mis en ligne "France-Visas".
  • La première année, les étudiants étrangers bénéficieront d'un visa de long séjour valant titre de séjour, puis ils basculeront ensuite sur un titre de séjour étudiant, sous la forme d'une carte de séjour pluriannuelle pour l'ensemble de la durée restante du cycle d'études engagé.
  • Pour faciliter l'obtention de ces titres, des guichets délocalisés seront installés dans les universités, ou encore des guichets dédiés dans les préfectures, sur l'ensemble du territoire national.
  • Enfin, à partir de mars 2019, les étrangers ayant obtenu un diplôme de niveau master en France, et qui étaient retournés dans leur pays d'origine, pourront bénéficier d'un titre de séjour pour revenir en France et chercher du travail.

2. Doubler les enseignements de 'français langue étrangère' et les formations en anglais

  • Création en 2019 d'un "fonds d'amorçage Bienvenue en France", doté de 10 millions d'euros de budget pour financer des modules intensifs de "français langue étrangère" (FLE) dans les établissements d'enseignement supérieur et pour créer des diplômes destinés aux étudiants et scientifiques réfugiés.
  • Développement de l'offre d'enseignement à distance en français langue étrangère pour proposer aux étudiants des formations avant leur arrivée en France.
  • Doubler le nombre d'étudiants bénéficiant d'un programme "taught in english" (enseigné en anglais); aujourd'hui 1015 programmes sont intégralement dispensés en anglais par 237 établissements d'enseignement supérieurs.

3. Améliorer la qualité de l'accueil

  • Lancement d'un label "Bienvenue en France"; il sera décerné aux établissements selon des critères qui seront établis d'ici décembre; les établissements labellisés pourront obtenir des crédits du fonds d'amorçage "Bienvenue en France".
  • Mise en place d'un guichet unique pour rassembler les services dont ont besoin les étudiants internationaux à leur arrivée.
  • Traduction intégrale en anglais de la plateforme Lokaviz qui répertorie tous les logements libres des résidences universitaires des CROUS et des offres de logements de particuliers.
  • La "garantie Visale" sera accessible à tous les étudiants internationaux, leur permettant de bénéficier d'une caution locative gratuite et d'un accès facilité au parc locatif privé.
  • Attribution à chaque étudiant international d'un référent unique au sein de l'université ou de la grande école qui l'accueille; ce référent sera chargé de l'accompagner dans toutes ses démarches, avant même qu'il n'arrive en France.

4. Appliquer des frais différenciés et tripler les bourses d'études

  • Les étudiants internationaux qui ne sont pas ressortissants d'un pays de l'Espace économique européen ou de la Suisse et qui s’inscrivent pour la première fois dans un cycle supérieur de formation en France devront payer des frais d'inscription s'élevant à 2770 euros en licence et 3770 euros en Master et Doctorat, (contre 170 euros aujourd'hui pour une année de licence qui coûte de l'ordre de 9660 euros par en moyenne à l'Etat)
  • En parallèle, le plan stratégique d'attractivité prévoit des cas d'exonération (enfant, conjoint ou partenaire d'un résident de longue durée, accords bilatéraux avec le Québec etc.)
  • Le nombre de bourses offertes aux étudiants internationaux va également tripler; le ministère des Affaires étrangères délivrera 15.000 bourses d'études au lieu de 7000 aujourd'hui et 6000 bourses seront délivrées directement par les établissements.
  • Des accords bilatéraux pourront se poursuivre entre les universités et les écoles françaises et les établissements étrangers pour que certains étudiants — sous réserve de réciprocité — s'acquittent du même montant de frais d'inscription que les étudiants européens; les étudiants réfugiés ou bénéficiaires de la protection subsidiaire seront naturellement exonérés.

5. Accroître la présence et le rayonnement français à l'étranger

  • Augmenter les capacités de formation des établissements français à l'étranger.
  • Permettre aux étudiants des pays partenaires de suivre les formations proposées par les établissements français sans avoir à quitter leur pays.
  • Favoriser l'émergence de campus français à l'étranger ainsi que de campus franco-étrangers.
  • Mise en place d'un fonds d'amorçage doté de 5 millions d’euros dès 2019 par le Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, afin de soutenir l'émergence de projets de formation construits en commun par des établissements français et étrangers.
  • Puis, création par l'Agence française de développement d'un fonds de soutien doté de 20 millions d'euros par an, afin de soutenir la montée en puissance des projets et prendre le relai du travail d'amorçage.

6. Lancer une campagne de communication mondiale

  • Lancement d'une campagne de communication mondiale en 2019, ciblée notamment sur les zones géographiques francophones, les grands pays émergents et l'Afrique anglophone.
  • La campagne ciblera davantage les étudiants désireux de s'inscrire en master ou en doctorat en France.

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