7 chiffres pour prendre la mesure de la précarité étudiante

Alto/Frederic Cirou/Getty Images

L'immolation par le feu d'un jeune de 22 ans, le 8 novembre devant le Crous de Lyon, a rappelé que les étudiants subissent souvent la précarité. Dans la foulée de cet événement, ils se sont mobilisés massivement, à travers toute la France, pour dénoncer leurs difficultés financières. Ce mardi 26 novembre, l'intersyndicale — constituée le 20 novembre et réunissant la Fage, l'Unef, la FSE, Solidaires étudiant.e.s et Alternative — appelle à la mobilisation pour réclamer "un plan d'urgence" et "une politique structurelle de résorption de la précarité étudiante". Les syndicats, qui estiment que le gouvernement ne prend pas conscience de la gravité de la situation, veulent accentuer la pression sur l'exécutif d'ici le 5 décembre et la journée nationale de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites. 

Gabriel Attal, le secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Education nationale, a rappelé le 13 novembre que plusieurs mesures avaient déjà été mises en place afin d'améliorer les conditions de vie des étudiants. Il a notamment évoqué, au micro de BFMTV, la suppression de la cotisation de sécurité sociale payée chaque année par les étudiants et qui s'élevait à 217 euros. Les étudiants non boursiers doivent toutefois désormais s'acquitter d'une contribution pour la vie étudiante et de campus (CVEC), d'un montant de 91 euros à la rentrée universitaire 2019. 

Frédérique Vidal, la ministre de l'Education, avait par ailleurs annoncé cet été 46 millions d'euros supplémentaires pour revaloriser les bourses sur critères sociaux. Mais c'est insuffisant pour les syndicats étudiants, qui réclament plus. Ils veulent notamment "une augmentation importante d'au moins 20 % des bourses étudiantes", ainsi que "l'augmentation du nombre de logements en cité universitaire" et "le gel puis la baisse des loyers" pour ce type de logement. 

Voici 7 chiffres illustrant les difficultés financières auxquelles les étudiants doivent faire face : 

Le coût de la vie étudiante a augmenté de 2,83% à la rentrée 2019

Selon une enquête du syndicat étudiant Unef, historiquement de gauche, le coût de la vie étudiante a donc progressé bien plus vite que l'inflation, de 1,20% sur un an.

Source : Unef

Seuls 45% des étudiants estiment avoir assez d'argent pour couvrir leurs dépenses mensuels

Le principal poste de dépenses des étudiants concerne le logement, suivi des frais de la vie quotidienne (vêtements, alimentation hors restauration universitaire...) et des frais liés au logement (charges, eau, électricité...), selon une enquête de l'Observatoire de la vie étudiante publiée en octobre 2018. Viennent ensuite les frais de transport et ceux liés à des activités sociales et de loisir (sorties, sport...).

Source : L'Observatoire de la vie étudiante

22,7% des étudiants déclarent avoir été confrontés à d'importantes difficultés financières pendant l'année

Source : L'Observatoire de la vie étudiante

Les étudiants paient en moyenne 430 € de loyer, un montant qui grimpe à 554 € en région parisienne et va jusqu'à 637 € à Paris

De nombreux étudiants vivent toutefois encore chez leurs parents ou l'un des deux parents : c'est le cas pour 32% d'entre eux, tandis que 23% vivent seuls dans leur logement, 12% sont en résidence universitaire et 11% en colocation ou sous-location. 

Source : L'Observatoire de la vie étudiante

712 000 étudiants ont perçu une bourse sur critères sociaux en 2018-2019, soit 38% des étudiants suivant une formation ouvrant droit à une bourse

Plus de la moitié des étudiants dans les sections de technicien supérieur et assimilés (STS) sont boursiers (55 %), quand moins de trois sur dix le sont en classes préparatoires aux grandes écoles, selon le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Les écoles de commerce sont les formations accueillant le moins d'étudiants boursiers (13%).

Par ailleurs, quatre étudiantes sur dix sont boursières contre un étudiant sur trois.

Source : ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation

46% des étudiants exercent une activité rémunérée (44,4% des hommes et 47,4% des femmes)

Photo: Jens Kalaene/dpa-Zentralbild/Getty Images

Parmi les étudiants ayant travaillé en 2016, année au cours de laquelle a été réalisée l'enquête de l'Observatoire de la vie étudiante, plus de 55% ont occupé des emplois à mi-temps sans lien avec leur cursus, tandis que moins de 45% ont travaillé en alternance, en stage ou ont eu une activité rémunérée en lien avec leurs études. En outre, 13,3% d'entre eux ont exercé une activité considérée comme "très concurrente des études", c'est-à-dire au moins à mi-temps et plus de 6 mois dans l'année.  

Source : L'Observatoire de la vie étudiante

42% des étudiants déclarent renoncer à des soins en 2019, un pourcentage en hausse de 7 points par rapport à 2014

Si 85% des étudiants déclarent avoir consulté un médecin généraliste au cours des 12 derniers mois, 42% précisent avoir renoncé à consulter un médecin sur la même période, dont 54% par manque de temps et 40% de moyens financiers, selon une enquête de la LMDE menée en partenariat avec l'institut CSA.

Source : LMDE

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