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8 choses que les médecins généralistes rêvent de dire à leurs patients

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8 choses que les médecins généralistes rêvent de dire à leurs patients
Absences aux rendez-vous, vols, incivilités, impatience, auto-médication, exigences folles… Les praticiens subissent toutes sortes de contrariétés. © Usman Yousaf/Unsplash

“On peut travailler comme on veut, à son rythme, on gagne sa vie correctement”, reconnaît le Dr Durand*, 70 ans, aujourd’hui établi à Biarritz. Il y a certes pire, comme profession, que médecin généraliste en libéral. Mais il faut travailler d’arrache-pied... et aimer le contact avec son prochain.

Car les médecins ne choisissent pas les personnes qui les consultent, et parfois, la relation avec les patients est compliquée. Absences aux rendez-vous, vols, incivilités, impatience, auto-médication, exigences folles… Les praticiens subissent toutes sortes de contrariétés. Interrogés par Business Insider France, des généralistes aux parcours variés révèlent ce qu’ils rêvent de dire à leurs patients :

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‘Venez pour un motif de consultation, pas cinquante’

“On ne peut pas s’occuper de la gorge, du cœur et de dépression d’un patient en 20 minutes”. Unsplash

“C’est difficile pour nous de traiter plusieurs motifs en 30 minutes”, estime la Dr Dubois*, 29 ans, qui a effectué des remplacements de médecins libéraux en Bretagne et travaille désormais à l'hôpital, dans le Var. “On ne peut pas s’occuper de la gorge, du cœur et de dépression d’un patient en 20 minutes”.

Comment faire, alors, lorsque les problèmes de santé s’accumulent ? “Il faut traiter les problèmes en amont. Un suivi régulier chez le généraliste économiserait de l’énergie et de l’argent à tout le monde”, pense le Dr Moreau*, 45 ans, praticien dans un centre de santé de l’est de la France. “Il faudrait que les gens viennent plus souvent, prennent plus de rendez-vous.”, poursuit la Dr Dubois. Pour “un rendez-vous par problème… Ou pour deux problèmes", concède la jeune praticienne.

‘Patience : la médecine, ce n’est pas du ‘tout de suite maintenant’’

“La médecine, c’est un travail d’équipe. Mais les patients sont devenus des consommateurs”. Marcelo Leal on Unsplash

“Certains pensent qu’on est Merlin l’Enchanteur”, regrette le Dr Noah*, 65 ans, libéral dans le premier arrondissement de Paris. “La médecine, c’est un travail d’équipe. Mais les patients sont devenus des consommateurs”.

La Dr Dubois rejoint son aîné sur ce point : “C’est le plus gênant : les gens veulent du ‘tout de suite maintenant’. Mais ils n’imaginent pas notre charge de travail. C’est de la consommation de soin”.

“Il faut que les gens comprennent ce qu’on leur dit et respectent notre travail”, poursuit le Dr Noah. “On a parfois l’impression de parler à des animaux. Les patients pensent qu’on peut tout faire de notre côté…”

‘Quand on a une heure de retard, c’est pas parce qu’on prend une pause café’

“Tu as une demi-heure de retard et c’est le bout du monde…" Viki Mohamad/Unsplash

“Les gens sont impatients”, assure la Dr Dubois. “Tu as une demi-heure de retard et c’est le bout du monde… Si on a du retard, ce n’est pas parce qu’on prend une pause café”, lance-t-elle. “Les anciens disent que c’est de pire en pire : il faut comprendre que, la médecine, c’est de la réflexion et de la recherche. C’est pas ‘tout de suite maintenant’ ! sauf en cas d’urgence vitale.”

‘Ne venez pas sans rendez-vous (sauf en cas d’urgence)’

“Je sais que ce sont souvent des personnes seules, ou vraiment malades. Mais souvent, je m’emporte quand même." Usman Yousaf/Unsplash

“Tous les jours, c’est le même rituel : expliquer à certains récidivistes qu’ils doivent prendre un rendez-vous avant de se pointer dans ma salle d’attente…”, raconte la Dr Carpentier*, 33 ans, libérale dans le nord de la France. “Je sais que ce sont souvent des personnes seules, ou vraiment malades. Mais souvent, je m’emporte quand même : ces patients m’empêchent de travailler. Ils sont parfois très égoïstes”, lâche la jeune praticienne.

‘Honorez vos rendez-vous !’

"Parfois, on me pose 5 ou 6 lapins dans la même journée.” DanielCubas/Pixabay

“Le pire, c’est les gens qui n’honorent pas leur rendez-vous”, estime le Dr Noah. “À cause d’eux, on doit refuser des personnes qui ont besoin de nous voir”.

“C’est un vrai problème”, confirme le Dr Moreau. “Et les plateformes comme Doctolib l’ont accentué”, relève-t-il. "Ça devient très facile de prendre un rendez-vous. Trop. Les gens oublient, en prennent plusieurs… Parfois, on me pose cinq ou six lapins dans la même journée.”

‘Suivez les traitements qu’on vous prescrit !’

“Les patients s’informent de plus en plus sur internet. Pour eux, on sert à rien." Victoria Heath/Unsplash

“Il faut suivre les traitements que l’on donne. Beaucoup ne le font pas…”, déplore le Dr Durand. “Cela fausse tout votre raisonnement.” “Respectez un minimum de régularité dans les soins”, martèle le Dr Noah. "Sinon, arrêtez de venir chez nous”.

“De nombreux patients pensent mieux savoir que nous comment se soigner”, constate la Dr Carpentier. “Parfois, ils arrivent en disant je veux ça, ça ça et ça. On est des prestataires de service, c’est le plus désagréable.” confirme le Dr Durand.

“Les patients s’informent de plus en plus sur internet. Pour eux, on sert à rien. Et c’est difficile de les convaincre”, fulmine le Dr Noah. “Autant nous remplacer par des machines”.

‘Nous sommes des humains, pas des machines’

"Les médecins ne sont pas invulnérables." engin akyurt/Unsplash

“On nous prend pour des prestataires de service”. C’est sans doute le reproche le plus récurrent que les généralistes voudraient adresser à leurs patients. Et pour certains praticiens, cela traduit un manque de considération pour leur travail.

“Certains n’imaginent pas le stress qu’on peut connaître", regrette le Dr Durand. “On est confrontés à des situations difficiles. Les médecins ne sont pas invulnérables ; on voit beaucoup de misère humaine dans la maladie. Quelquefois, ça peut être difficile à supporter, à absorber.”

‘Dans la salle d’attente, tenez-vous !’

"Dans un cabinet médical, il faut du calme” Eddie Kopp/Unsplash

“Entre ceux qui téléphonent à haute voix et les parents qui jouent à Candy Crush au lieu de s’occuper de leurs enfants qui font n’importe quoi autour, c’est souvent le bordel”, raconte la Dr Carpentier. "Ça peut être très agaçant. Dans un cabinet médical, il faut du calme”. “L’année dernière, deux personnes ont failli en venir aux mains dans la salle d’attente. Les secrétaires ont dû intervenir…”, ricane le Dr Moreau.

“Il y en a aussi qui volent des revues, le papier toilette, le savon. En ce moment, c’est le gel hydroalcoolique qui a la cote”, se désole la Dr Carpentier. “Je ne leur en veux pas : s’ils font ça, c’est qu'ils ne sont pas très bien dans leurs baskets”. Mais la jeune généraliste ne montre pas tant de mansuétude pour tous les comportements. “Quant à ceux qui mangent dans les salles d’attente...”

*À la demande des médecins interrogés, les noms ont été modifiés.

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