9 choses surprenantes sur l'économie de la Corée du nord

REUTERS/KCNA

La Corée du Nord est l'une des nations les plus secrètes du monde. La dictature qui dénombre 25 millions d'habitants est dirigée par la dynastie Kim depuis plus de 70 ans. L'économie de la Corée du Nord a connu des difficultés en raison des politiques isolationnistes. Mais il est impossible d'évaluer de façon précise l'étendue de ces difficultés car le pays ne publie aucune donnée détaillée.

Malgré cela, nous savons que la Corée du Nord est un pays où le travailleur moyen gagne moins de 2 000 dollars par année (1 785 euros), où une grande partie de la population est sous-alimentée et où les citoyens doivent payer plus de 17 000 dollars (15 173 euros) s'ils veulent déserter. Voici neuf faits surprenants sur l'économie de la Corée du Nord :

Plus de 40% des Nord-Coréens sont sous alimentés.

Wong Maye-E (Associated Press)

Depuis 2000, le pourcentage de Nord-Coréens sous-alimentés a augmenté. Il est passé de 37,5% à 43,4% en 2018, selon l'Indice mondial de la faim. Néanmoins, sur cette même période, le pourcentage d'enfants de moins de 5 ans sous-alimentés a diminué.

D’après ces données, la Corée du Nord n'est pas la nation avec la population la plus sous-alimentée au monde – elle se classe 109e sur 199. Mais la situation est catastrophique depuis les années 1990 et la famine qui a touché le pays, causant alors la mort de près de deux millions de personnes.

Pratiquement personne n'utilise Internet en Corée du Nord.

Wong Maye-E (Associated Press)

La Corée du Nord restreint drastiquement l'accès à Internet pour ses citoyens. Il n'y a qu'un seul serveur Internet sécurisé dans tout le pays et moins de 1% de la population utilise Internet. Les citoyens nord-coréens sont obligés d'utiliser un réseau intranet, baptisé Kwangmyong. Il ne fonctionne que sur le territoire nord-coréen et il est contrôlé par l'Etat. Ce service est gratuit (si vous avez les moyens d'acheter un ordinateur) mais il ne permet d'accéder qu'à une liste restreinte de sites web censurés.

Selon The Daily Telegraph, les seuls Nord-Coréens qui peuvent utiliser Internet, tel que nous le connaissons, sont les dirigeants politiques et leurs familles, ainsi que les étudiants des universités d'élite et les personnes qui travaillent pour les unités de la cyber-armée du régime. Vox a rapporté que Kwangmyong "utilisait des outils rudimentaires pour son service de messagerie électronique et pour la navigation qui se limite, elle, à une collection de 'sites' triés sur le volet et qui ont été copiés et censurés du vrai Internet".

Il pourrait y avoir plusieurs milliards de dollars de minerais cachés sous terre en Corée du Nord.

Reuters

La Corée du Nord est probablement assise sur une richesse de gisement de minerais, dont l'estimation oscillerait entre 6 000 milliards et 10 000 milliards de dollars, selon Quartz.

Ces gisements pourraient comprendre plus de 200 types de minéraux comme le fer, l'or, le zinc, le cuivre ou encore le graphite, ainsi que de nombreux métaux rares qui sont utilisés par la Chine et la Corée du Sud pour la fabrication des smartphones.

Les estimations de la valeur des minéraux proviennent essentiellement de sociétés sud-coréennes. Mais Quartz note tout de même que la Corée du Nord exploite mal ses mines et précise que l'exploitation privée est illégale dans le pays communiste.

Kim Jong-II dépensait 800 000 dollars par an pour du cognac Hennessy.

AP Photo/Yonhap

À une période, le dirigeant nord-coréen Kim Jong II dépensait plus de 800 000 dollars (714 870 euros) par an pour du cognac Hennessy, selon le US News & World Report.

Dans ses colonnes, le Wall Street Journal rapporte même que l'entreprise Hennessy avait annoncé que pendant deux ans, au milieu des années 1990, Kim Jong II était le plus gros acheteur au monde de son cognac.

Une seule bouteille de Hennessy peut se vendre 630 dollars (563 euros) en Corée du Nord – ce qui à peine moins que le revenu annuel moyen dans le pays, qui est estimé entre 1 000 et 2 000 dollars (entre 894 et 1 787 euros).

Il y a deux économies en Corée du Nord, et deux prix pour tout.

AP Photo/Wong Maye-E

En tant que nation communiste, il y a deux économies en Corée du Nord : celle qui est dirigée par l'Etat et celle qui est souterraine. C'est pour cette raison qu'il y a deux prix pour absolument tout dans le pays, selon les déclarations de Bill Brown, professeur adjoint à l'Université américaine de Georgetown, au site Marketplace l'an dernier. Une personne qui travaille pour l'Etat peut toucher seulement une fraction du salaire d'un autre employé qui travaillerait, lui, pour une usine chinoise.

Concrètement, pour Bill Brown, le salarié qui travaille dans une entreprise publique de textile à Pyongyang pourrait gagner 3 000 won nord-coréens par mois (environ 3 euros) alors que ce même salarié pourrait gagner jusqu'à 100 fois plus en travaillant dans une usine affiliée à la Chine. "C'est un système très déstabilisant et assez inefficace", a estimé le professeur à l'Université de Georgetown.

Des sentiers de randonnée d'une valeur de 3,9 millions de dollars sont au cœur d'un projet d'unification des deux Corées.

Kim Hong-Ji/Reuters

Début avril, le Conseil de promotion des échanges et de la coopération entre la Corée du Sud et la Corée du Nord a validé un budget de 3,9 millions de dollars (3,5 millions d’euros) pour la construction de sentiers de randonnée dans la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux pays. Ce projet est l'une des mesures d'un accord conclu le mois dernier visant à faire de la DMZ une zone de paix. Récemment, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont également retiré 11 postes de garde dans cette zone.

Des pirates informatiques nord-coréens ont volé 670 millions de dollars en devises étrangères et virtuelles.

KRT via AP Video/AP

Alors que très peu de citoyens naviguent sur Internet en Corée du Nord, plus de 670 millions de dollars (599 millions d’euros), de monnaies et de crypto-monnaies, ont été dérobés par des hackers nord-coréens, selon un rapport du Conseil de sécurité de l'ONU.

Lors de leurs vols de grande ampleur, les pirates informatiques ont réussi à s'emparer de 81 millions de dollars à la Banque centrale du Bangladesh, 13,5 millions de dollars à la Cosmos Bank en Inde et 10 millions de dollars au réseau ATM de la Banque du Chili.

La Corée du Nord empoche environ 50 millions de dollars par an grâce à des activités illégales.

AP Photo/ Lee Jin-man

Et ça ne s'arrête pas au piratage informatique. On estime que le gouvernement nord-coréen gagnerait 50 millions de dollars (44,7 millions d’euros) par an grâce à des activités illégales telles que la vente de médicaments ou la fabrication de fausse monnaie américaine.

Pyongyang a réfuté ces accusations mais n'a pas fourni de statistiques économiques officielles, ce qui ne permet pas d'établir où se trouve la vérité. De son côté, l'ONU a suggéré que les fonds illégaux servaient au financement du train de vie luxueux de Kim Jong-un.

Pour quitter la Corée du Nord, il faut débourser 12 000 dollars.

Reuters/Damir Sagolj

Se défaire de la Corée du Nord, ça peut coûter une fortune. Et il devient de plus en plus difficile de quitter le pays depuis l'arrivée de Kim Jong-un au pouvoir, fin 2011.

Selon le Washington Post, les transfuges doivent payer 12 000 dollars (10 725 euros) aux courtiers pour se rendre en Corée du Sud. Selon d'autres estimations, le tarif pourrait avoisiner les 17 000 dollars (15 194 euros). Des chiffres qui ont fortement augmenté depuis 2012. Auparavant, la somme à payer atteignait 2 000 à 3 000 dollars (1 788 à 2 687 euros). Au début des années 2000, les Nord-Coréens qui souhaitaient quitter leur pays et se défaire de leurs responsabilités ne dépensaient que 45 dollars (40 euros), selon plusieurs groupes de défense des droits de l'Homme.

Comme les Nord-Coréens gagnent moins de 2 000 dollars par an (1 788 euros), la seule option réaliste pour eux, s'ils veulent déserter, est de compter sur un membre de leur famille qui a déjà quitté le territoire et qui peut assumer les frais à payer.

La méthode la plus courante utilisée par les citoyens qui souhaitent quitter le pays consiste à traverser le fleuve qui marque la frontière entre la Corée du Nord et la Chine. Toutefois, le Washington Post souligne que le renforcement de la sécurité aux frontières a rendu ce passage de plus en plus difficile.

Version originale : Pat Evans/Markets Insider


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VIDEO: Voici comment les Marines américains construisent un pont temporaire pour traverser un fleuve