Le directeur général de Bpifrance Nicolas Dufourcq lors du bilan annuel de l'institution à Paris, le 31 janvier 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

Bpifrance, détenue à parité par la Caisse des dépôts (CDC) et l'Etat français, a réalisé l'an dernier près de 1,7 milliard d'euros de cessions dans des grands groupes et entreprises de tailles intermédiaires (ETI).

Ces opérations de son pôle Mid&Large Cap lui ont permis de dégager plus de 500 millions d'euros de plus-values par rapport à l'investissement initial.

Elle veut poursuivre ce type de cessions pour dégager environ le même montant, sans donner toutefois d'indications précises sur ses prévisions. "On va continuer. On a un programme de cessions", a ainsi indiqué lors d'une conférence de presse, Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance.

Interrogée par Business Insider France, Bpifrance dit avoir environ 150 participations dans des groupes cotés, grandes entreprises, ETI et PME à fort potentiel, au 31 décembre 2016. La banque publique précise que "c'est une gestion active de nos participations. Ce sont des plus-values pour réinvestir."

Nicolas Dufourcq a précisé mardi que la banque avait notamment réalisé 250 millions d'euros sur la vente d'actions Eiffage et 169 millions d'euros supplémentaires à la suite de sa sortie complète du capital de Valeo.

Dans son rapport publié la semaine dernière sur "L'Etat actionnaire", la Cour des comptes notait de son côté que Bpifrance détenait, au 31 décembre 2015, et dans un périmètre plus large, 771 entités, dont 42 participations gérées au titre des programmes d'investissements d'avenir (PIA) et 22 investissements qui représentent des titres immobilisés de l'activité de portefeuille (TIAP) et d’autres titres immobilisés (ATI).

Ces participations sont aussi issues de l'héritage de l'ex-FSI (Fonds stratégique d'investissement), comme celles dans Orange, Eiffage, TDF ou Eutelsat. Elles représentent "un poids très important" dans le portefeuille de Bpifrance, qui détient par exemple 9,60% du capital d'Orange.

Dressant un bilan de son activité en 2016, l'établissement public a rappelé dans un communiqué avoir investi l'an dernier 1,1 milliard d'euros dans des grands groupes ou des entreprises de taille moyenne. C'est une augmentation de 42% en un an.

Il a notamment participé à l'augmentation de capital de Vallourec destinée à renforcer le bilan du spécialiste des tubes sans soudure en acier, plombé par la chute des investissements des compagnies pétrolières.

Il y a également eu un nouvel investissement dans Technip à l'occasion du rapprochement du groupe français avec l'américain FMC.

La Cour des comptes invite néanmoins l'Etat français à "redimensionner" son portefeuille de participations, "fixer des objectif stratégiques clairs" à ses outils d'investissement et "mieux respecter l'autonomie de gestion des sociétés qu'il contrôle".

L'institution préconise à Bpifrance "de se spécialiser dans l’accompagnement du développement de secteurs ou filières stratégiques ou la stabilisation de l’actionnariat d’entreprise". Elle pourrait ainsi récupérer des parts dans des entreprises industrielles, chez Renault et Groupe PSA par exemple.

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