Pierren-Antoine Dusoulier, Ibanfirst

Pierre-Antoine Dusoulier, ex-président du courtier en ligne Saxo Banque, et fondateur de la fintech Iban First. Daniel Osorio/IbanFirst

La Commission européenne envisage de faire bénéficier les startups de la fintech du passeport européen et d'exigences règlementaires assouplies.

Ces startups, qui proposent une vaste gamme de services financiers allant des paiements au crédit en passant par la gestion privée ou encore l'assurance, pourront ainsi les proposer dans l'ensemble de l'Union européenne quel que soit leur pays d'implantation au sein du bloc.

Plusieurs banques, dont Goldman Sachs, pensent que le Royaume-Uni va perde ses droits rattachés au passeport financier après le Brexit. 

Le vice-président de la Commission et commissaire aux Services financiers, Valdis Dombrovskis, a dit jeudi que l'exécutif européen examinait la manière de réguler ce secteur en encourageant son développement en Europe tout en protégeant les consommateurs contre les nouveaux risques que son expansion a fait naître.

Cette disposition pourrait menacer la position de Londres comme plaque-tournante de référence pour les fintechs en Europe, les entreprises du secteur financier risquant de perdre le bénéfice du passeport européen une fois que la Grande-Bretagne aura quitté l'UE au terme du processus du Brexit dont le déclenchement formel doit intervenir le 29 mars et durer deux ans.

Le passeport européen permet à une société de gestion, ayant obtenu un agrément par l’autorité de son pays d’origine, d‘exercer ses activités dans toute l’Union européenne. Les entreprises sont soumises à la régulation d'un seul pays et pas à celles de tous les pays dans lesquelles elles opèrent.

Des capitales continentales comme Berlin ou Paris pourraient alors renforcer leurs chances de s'imposer comme lieu d'ancrage en Europe de ces activités.

Valdis Dombrovskis a dit que la Commission envisageait aussi de délivrer des agréments spécifiques assortis d'exigences réglementaires et de fonds propres réduites pour les fintechs offrant des services à faibles risques.

Cela réduirait les coûts des fintechs au risque d'accroître la pression qu'elles exercent sur les acteurs traditionnels confrontés aux conséquences négatives de taux ultra-bas et à un environnement déjà très concurrentiel.

La Commission a lancé jeudi une consultation publique de trois mois sur ses propositions qui pourra déboucher sur un projet de texte.

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