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À partir de juillet, les ondes émises par les smartphones et les objets connectés devront être mieux mesurées. Voici pourquoi

À partir de juillet, les ondes émises par les smartphones et les objets connectés devront être mieux mesurées. Voici pourquoi
© Pixabay

Les ondes émises par les appareils mobiles sont-elles dangereuses pour la santé ? À cette question simple, il n'y a qu'une réponse complexe. Si les connaissances sur le sujet semblent plutôt rassurantes, les ondes — invisibles — créent toujours beaucoup de fantasmes. Elles suscitent encore des interrogations, les experts et les scientifiques étant loin d'avoir fait le tour de la question. "Enormément d’études expérimentales ont été réalisées. Beaucoup de ces études sont négatives, mais pas toutes. Pour celles qui montrent un effet des ondes, cela reste un effet de très faible ampleur", assure Yves Le Dréan, chercheur à l'Institut de recherche en santé, environnement et travail (IRSET), rattaché à l'INSERM.

Ce spécialiste de la biologie moléculaire explique qu'il y a "des difficultés à estimer si des effets sont bien reconductibles", ce qui montre "qu'on n'a pas encore tout compris". "À court terme, on ne risque absolument rien si on respecte les normes en vigueur. On ne constate pas de modification du fonctionnement d'une cellule et d'un organisme" soumis aux ondes, détaille-t-il. La question est plus de savoir si "les petites différences" à court terme pourraient engendrer à long terme "des déséquilibres ou bien si l'organisme va s'adapter sans difficulté". Il n'y a en tout cas pas de lien clairement établi entre les ondes des appareils mobiles et le cancer du cerveau, selon Yves Le Dréan.

Plus de transparence

C'est justement parce que des incertitudes demeurent que l'entrée en vigueur de nouvelles normes, le 1er juillet 2020, a son importance. À partir de cette date, et en vertu d'un décret publié le 17 novembre 2019 au Journal Officiel, le niveau d'ondes émises par les smartphones et tout objet connecté (montres, tablettes...) ayant vocation à être utilisés près du corps, devra faire l'objet d'un affichage spécifique. "Cette obligation, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2020, permettra ainsi aux consommateurs de choisir leurs équipements de manière éclairée", précise l'Agence nationale des fréquences (ANFR).

Le débit d'absorption spécifique (DAS) devra donc être systématiquement précisé. "La règlementation imposait déjà de mesurer le DAS, mais l'obligation d'affichage n'est actuellement applicable qu'aux seuls appareils de téléphonie mobile", précisait l'ANFR avant le 1er juillet. "Cela va participer à la démarche d'éducation sur le sujet, grâce à une mesure objective", se réjouit Stéphane Pannetrat, fondateur d'Art-Fi, une société française spécialisée dans la mesure du DAS.

Pour lui, l'essentiel est que "tous les téléphones soient testés" et que l'usager soit "conscient de la valeur à laquelle il est exposé". Autrement dit, il est favorable à une transparence maximale sur le sujet pour que chacun puisse être correctement informé. Régulièrement, l'ANFR constate des dépassements des seuils autorisés chez certains smartphones. Elle contraint alors les constructeurs à effectuer des mises à jour logicielles pour corriger le niveau d'émission des ondes. Les appareils peuvent aussi faire l'objet d'un retrait du marché si leurs fabricants ne réagissent pas aux mises en demeure des autorités.

Une nouvelle mesure

À partir du 1er juillet, la mesure des ondes va de plus être renforcée. Les ondes reçues par les membres vont désormais aussi être analysées. Concrètement, trois mesures seront obligatoires : le "DAS tête", qui reflète l'usage du téléphone à l'oreille, en conversation vocale ; le "DAS tronc", associé aux usages où le téléphone est porté près du tronc, par exemple dans une poche de veste ou dans un sac ; et, enfin le "DAS membres", qui correspond à l'usage du téléphone plaqué contre un membre, par exemple tenu à la main, porté dans un brassard ou dans une poche de pantalon.

Les deux premiers doivent respecter une valeur de 2 Watts par kilogramme (W/kg) maximum, quand le nouveau "DAS membres" ne doit pas excéder 4 W/kg.

Pour connaître les valeurs de DAS de son appareil, l'ANFR a développé l'application Open Barres, pour les smartphones fonctionnant sous Android. Cette appli permet de "mesurer à intervalles réguliers la puissance du signal reçue par son téléphone mobile", précise l'agence. Plus celle-ci est élevée, "moins votre appareil aura besoin de fonctionner à son DAS maximum", souligne l'ANFR. Donc plus le réseau est bon, moins le téléphone émet d'ondes. De quoi donner des arguments aux défenseurs du déploiement de la 5G, qui suscite de vives tensions et inquiète quant à ses conséquences sur la santé.

Mais "l'autre problématique, si le réseau est bon, est le niveau d'exposition aux ondes globales", relève Stéphane Pannetrat, ingénieur en électromagnétique et radiofréquence. Selon lui, "on en est encore à l'âge de pierre de l'évaluation des ondes. Si on veut éviter l'effet panique du mysticisme, il est impératif de rendre visible ce qui ne l'est pas, de rendre visibles les ondes." L'évolution de la législation à partir du 1er juillet devrait justement permettre d'être mieux renseigné sur les niveaux d'émissions des appareils, avec une obligation d'affichage renforcée et le contrôle des ondes au niveau des membres, en plus de la tête et du tronc.

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