Présidentielle 2017: Il y a eu plus de votes blancs au second tour que de voix récoltées par Benoît Hamon — et ce constat révèle une crise majeure

Le candidat du Parti socialiste Benoit Hamon a fini cinquième du premier tour de l'élection présidentielle avec 6,36% des voix. REUTERS/Regis Duvignau

Enjeu clé de l'élection présidentielle, l'abstention pour le second tour a atteint un taux de 25,44% selon les résultats officiels consultables sur le site du ministère de l'Intérieur.

Il s'agit d'un record depuis l’élection présidentielle de 1969, où elle avait atteint 31,3% lors de la victoire de Georges Pompidou.

Le niveau est nettement plus élevé qu'en 2012, où l'abstention atteignait 19,65% au second tour.

Au premier tour de cette élection présidentielle de 2017, l'abstention était de 22,23%.

L’abstention traduit souvent un désintérêt ou un choix politique actif consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord. 

Traditionnellement, l'affluence est plus forte au second tour, mais l'élection de cette année n'obéit pas aux règles habituelles, comme en témoigne la qualification d'une candidate du Front national et celle d'un prétendant encore jamais élu.

Ce qui marque également, c'est le niveau record de votes blancs.

Le vote blanc se distingue de l’abstention puisque l’électeur se déplace jusqu’à son bureau de vote. Il exprime une volonté politique de participer au scrutin pour dire son refus de choisir entre les candidats en lice.

Selon les résultats officiels, il y a un peu plus 3 millions de votes blancs — c'est plus que le nombre de voix récoltées par Benoît Hamon au 1er tour (2,291 millions).

"Les deux grandes familles politiques ne se sont pas qualifiées au second tour, ce qui a provoqué une forte indécision et un rejet chez les électeurs. C’est ce qu’expriment ces si nombreux votes blancs", explique Bruno Cautrès, chercheur au CEVIPOF et enseignant à Sciences-Po, dans 20 minutes. Ce dernier souligne également que ce phénomène nouveau est porté par "une crise du système politique".

Depuis la loi du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections, les bulletins blancs sont décomptés séparément des votes nuls et annexés en tant que tel au procès verbal dressé par les responsables du bureau de vote. Mais, comme auparavant, ils ne sont pas pris en compte dans le nombre des suffrages exprimés — ensemble des bulletins moins les votes blancs et nuls.

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