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Action, Gifi, La Foir'Fouille... Pourquoi ces magasins restent-ils ouverts ?

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Devanture du magasin Action de Gérardmer, dans les Vosges (88). © Business Insider France/Claire Sicard
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C'est une question qui revient en boucle dans la bouche des Français depuis la mise en place du reconfinement par le gouvernement vendredi 30 octobre. Dans la cacophonie générale autour des commerces, quelles sont les grandes enseignes qui restent encore ouvertes ? La question se pose notamment pour les discounters, pourvoyeurs de produits à petits prix, qui connaissent actuellement un gros succès dans l'Hexagone. Après quelques jours de flottement, les distributeurs et déstockeurs ont décidé de prendre la parole

Sur son site internet, Gifi, par exemple, communique en expliquant "Nous sommes ouverts", et en donnant la liste des points de ventes accessibles au 2 novembre. Jointe par Business Insider France, la direction de l'enseigne a confirmé que "tous nos magasins restent ouverts" mais précise "dans le strict respect des consignes gouvernementales". Sur le site de La Foir'Fouille, les horaires d'ouverture des magasins sont indiqués, sans autre mention, comme pour une période de vente normale. Même son de cloche pour Noz qui indique que ses magasins "restent ouverts" en France.

De son côté, l'enseigne Action, dans un email à ses clients, annonce ce mardi 3 novembre que "vous pouvez actuellement vous rendre dans la majorité de nos magasins français". L'enseigne a confirmé à Business Insider France qu'une fermeture éventuelle de ses points de vente n'était "pas prévue pour le moment". Le discounter Stokomani indique à l'inverse avoir "temporairement fermé" ses points de vente "dans le cadre de la lutte contre le coronavirus". Même chose pour le déstockeur textile Zeeman qui précise que ses magasins sont "fermés en raison du durcissement des mesures sanitaires liées au coronavirus".

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Vente de produits 'essentiels'

Les ouvertures de ces magasins, si elles réjouissent certains clients, rendent d'autres Français perplexes et semblaient susciter l'étonnement ce week-end sur les réseaux sociaux. Mais alors, pourquoi certains de ces magasins ont-ils encore le droit d'ouvrir au moment où les petits commerçants doivent garder portes closes ? L'explication est simple : ces enseignes vendent des produits considérés comme "essentiels". Le discounter Action l'explique ainsi à ses clients : "En raison des mesures nationales, vous pouvez actuellement vous rendre dans la majorité de nos magasins français uniquement pour les produits essentiels, tels que des articles de nettoyage et d'hygiène, d'alimentation et de boissons mais aussi les soins personnels et les aliments pour vos animaux de compagnie".

En dehors de ces produits essentiels, aucune vente n'est possible dans ces magasins. Les autres rayons comme par exemple le textile, les objets de décoration ou la vaisselle, sont rendus inaccessibles aux clients, que ce soit avec des barrières, des panneaux ou encore des bâches plastiques. La direction d'Action nous a même précisé que des mesures étaient prises lors du passage en caisse : "les produits non-essentiels ne peuvent pas être scannés". Si une erreur a été commise lors de la mise en rayon, le client se verra donc dans l'impossibilité de procéder à l'achat de l'article non-essentiel, désormais interdit à la vente.

Du côté de Gifi, l'enseigne précise que ses magasins restent ouverts malgré ces nouvelles règles contraignantes. La direction du groupe ne cache pas son inquiétude pour l'avenir : "ce deuxième confinement est très lourd en pertes de chiffre d'affaires car il intervient dans la période la plus importante du commerce en France", précise-t-elle. Et même si un service de click & collect a été mis en place par Gifi pour l'achat des produits non-essentiels, "il ne va pas malheureusement compenser la perte de chiffre d'affaires, loin s'en faut", estime l'enseigne.

Les discounters appliquent donc les mêmes règles que dans les supermarchés qui doivent, d'ici mercredi 4 novembre, fermer un grand nombre de rayons proposant des produits qualifiés de "non-essentiels" par le décret pris par le gouvernement ce mardi 3 novembre. Joint par Business Insider France, le cabinet du ministre délégué chargé des PME, Alain Griset, a confirmé qu'il n'y avait "pas de raison de demander la fermeture" de ces magasins si les restrictions demandées par le gouvernement sont respectées. Des contrôles pourront néanmoins être mis en place par les Préfets, en région, menés par des agents de police (nationale ou municipale), des gendarmes ou encore des agents de la DGCCRF, organisme chargé de réguler les fraudes.

'Insultes' et 'crachats' à l'encontre d'employés d'un magasin Gifi

Ces ouvertures semblent en tout cas poser problème pour les salariés de certains magasins. Cinq salariés du magasin Gifi d'Aubervilliers en Seine-Saint-Denis (93) exercent leur droit de retrait depuis lundi 2 novembre, selon l'AFP. Cette décision fait suite à plusieurs agressions à leur encontre durant le week-end dernier, de la part de clients mécontents de ne pouvoir accéder à tous les produits du point de vente. Dans un communiqué de presse, la CGT Commerces Services dénonce des salariés '"pris pour cible". Élodie Ferrier, secrétaire fédérale CGT, rapporte de son côté des "insultes", mais aussi des "pressions physiques" et des "crachats" à l'encontre de certains employés.

Interrogée par Business Insider France, la direction de Gifi a expliqué que "face à des actes d'incivilités fort heureusement rares et isolés", l'enseigne avait déployé dès mercredi 4 novembre des vigiles "devant les quelques magasins en zones sensibles". Elle assure aussi avoir apporté "tous les supports nécessaires" aux équipes en magasin pour "expliquer la politique due aux consignes gouvernementales".

De quoi clarifier la situation en point de vente ? Jusqu'ici, c'était parfois le chaos comme a expliqué à l'AFP Fouzia Dekhedda, caissière au magasin Gifi Millénaire d'Aubervilliers (93) : "Samedi, on a appliqué les directives de l'entreprise en refusant de vendre certains produits. Ça a donné lieu à des situations tendues en caisse avec les clients, alors on a décidé de tout vendre".

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