Actions ou obligations, marché européen ou américain... voici où il faut placer son argent en 2019, selon le meilleur prévisionniste au monde

Netflix/La Casa del papel

Les incertitudes géo-politiques se sont multipliées en 2018 et les marchés financiers ont connu une fin d'année très difficile, entamant une lourde chute à partir du mois d'octobre. En 2019, les facteurs d'incertitudes restent nombreux et continuent de peser sur l'économie mondiale. Les places boursières pourraient donc connaître de nouvelles turbulences, au gré des décisions politiques et de l'évolution des tensions commerciales. 

Selon Christophe Barraud, sacré meilleur prévisionniste au monde sur les statistiques de la zone Euro pour la 4e année consécutive par le spécialiste de la finance Bloomberg, l'Europe fait face cette année à trois incertitudes majeures: le Brexit, les taxes américaines éventuelles sur les importations d'automobiles européennes outre-Atlantique, les élections européennes qui auront lieu fin mai. "Vous pouvez poser la question de l'impact du Brexit à 100 personnes, aucune ne pourra vous répondre", souligne notamment Christophe Barraud, chef économiste chez le courtier Market Securities.

"On s'oriente vraisemblablement vers un décalage de la date [de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, ndlr]. Mais plus ce sera long, plus ce sera négatif. Au-delà des élections européennes de mai, on devra revoir les prévisions économiques à la baisse", poursuit-il. 

Actions américaines plutôt qu'européennes

Celui qui a aussi était classé par Bloomberg meilleur prévisionniste au monde sur les statistiques américaines pour la 7e année consécutive et sur les statistiques chinoises pour la 2e année d'affilée précise que l'on se trouve dans un contexte de ralentissement global synchronisé des économies. Aujourd'hui, en raison notamment des tensions commerciales, il prône "une approche plutôt prudente" des actifs financiers.   

"Vraisemblablement, la guerre commerciale va se poursuivre, que ce soit entre les Etats-Unis et la Chine, ou peut-être les Etats-Unis et l'Europe, ou encore les Etats-Unis et le Japon. La politique protectionniste américaine va continuer et potentiellement s'intensifier dans les prochains mois."

Dans cet environnement incertain, voici ce que préconise donc Christophe Barraud:

  • S'orienter en priorité vers les obligations d'Etats, comme celles des Etats-Unis, de l'Allemagne et de la France. Les obligations sont des actifs peu risquées, d'autant plus lorsqu'elles sont émises par des pays très solides économiquement.
  • Il conseille toutefois d'éviter les emprunts d'Etats italiens à court terme. "Je pense que les prévisions de croissance du gouvernement étaient complètement utopistes. Et il peut y avoir un nouveau débat sur le budget italien, voire de nouvelles élections anticipées."
  • Côté actions, le prévisionniste pense que les actions américaines "résisteront mieux que les européennes". Les entreprises auraient plus de visibilité aux Etats-Unis et des facteurs techniques comme les rachats d'actions, ainsi qu'une banque centrale (Fed) très réactive, offriraient un cadre plus favorable au marché américain. "Si les cours ont globalement remonté, c'est principalement grâce à l'action de la Fed", estime Christophe Barraud.
  • Au niveau des secteurs, il invite à privilégier par exemple les promoteurs immobiliers aux Etats-Unis, "qui ont plutôt sous-performé l'an passé et pour lesquels un rebond est donc possible". Il met en revanche en garde contre le secteur de la tech, "qui a remonté fort" et qui pourrait être particulièrement affecté par le conflit commercial sino-américain, mais aussi par l'évolution des législations sur les données personnelles et la taxation du chiffre d'affaires des Gafa en Europe.

Climat d'incertitude très pesant

Selon Christophe Barraud, nous sommes "dans une phase où la croissance va ralentir". Et les risques à la baisse "sont plus marqués en Europe qu'aux Etats-Unis". "Au-delà des incertitudes liées au Brexit, le secteur bancaire pose question, notamment les banques allemandes et italiennes", souligne-t-il. Les établissements financiers de ces deux pays affichent effectivement des fragilités et des rumeurs de consolidation du secteur circulent depuis de nombreux mois.

Globalement, le chef économiste se montre particulièrement pessimiste sur les perspectives de croissance, avec des prévisions inférieures au consensus des analystes. "Je vois un ralentissement très marqué depuis juin 2018, lié au ralentissement des échanges mondiaux, donc des exportations et des importations."

La politique protectionniste américaine et la hausse des tarifs douaniers touchent l'ensemble de la chaîne de valeur ajoutée. Et les Etats-Unis et la Chine ne sont pas les seuls pénalisés. Dans le climat d'incertitude actuel, "beaucoup d'entreprises bloquent leurs investissements alors qu'on est dans un monde fiscalement plus accommodant".

Fin 2018, l'indice de l'incertitude de la politique économique a ainsi atteint son plus haut niveau historique, comme le montre le graphique ci-dessous.

En résumé, au regard des tendances politiques et économiques actuelles, Christophe Barraud conseille de privilégier les obligations d'Etats, au sein d'un portefeuille équilibré, comprenant des actions plutôt américaines, sans que la pondération de ces actifs réputés plus risqués ne soit excessive.

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