ADP veut conserver une 'double caisse' dans le cadre de la privatisation des aéroports de Paris — voici pourquoi

Capture d'écran du film "The Mask". Netflix/New Line Cinema

Alexandre Romanet, le PDG d'ADP, est favorable à la privatisation de son groupe. Mais il ne veut pas que soit remis en cause le principe de la "double caisse" dans le cadre de cette opération. 

C'est pourquoi il a insisté mardi 31 juillet sur la nécessité de conserver les grandes lignes du projet de loi "Pacte", qui encadre la privatisation de l'exploitant des aéroports d'Orly et de Roissy, détenu à 50,6% par l'Etat français.

"L’intérêt de la loi c’est qu’elle est confirmée, on met ça dans le marbre", a-t-il déclaré à des journalistes à l'issue d'une conférence de presse, rapporte Reuters.

Mais pourquoi Alexandre Romanet tient-il tant au maintien de cette "double caisse", mise en place en 2010 par ADP, selon La Tribune? Ce système de double comptabilité permet aux aéroports de séparer les activités aéronautiques des activités commerciales, qui comprennent les boutiques, les restaurants et les parkings. Cela permet de soumettre plus facilement les compagnies aériennes à des redevances, les activités aéronautiques devant être strictement rentabilisées.

Au premier semestre, les revenus tirés des redevances aéronautiques ont progressé de 4,5%, à 526 millions d'euros pour ADP, quand la division "commerces et services" du groupe affiche un chiffre d'affaires de 478 millions d'euros, en hausse de 3,3%.

Si les activités commerciales génèrent un peu moins de recettes, elles sont en revanche beaucoup plus rentables, puisqu'elles leur taux de marge brute s'élève 50,7%, contre 29,1% pour les redevances aéronautiques.

Parmi celles-ci, figurent différents types de redevances, dont notamment:

  •  Celle portant sur les passagers, destinée à rémunérer les services rendus par l'exploitant pour l'usage des aérogares, qui a rapporté 325 millions d'euros à ADP lors des six premiers mois de l'année. 
  • La redevance atterrissage, pour la mise à disposition et l'entretien des pistes et voies de circulation. Elle représentait 120 millions d'euros de revenus au premier semestre.
  • La redevance sur le stationnement des avions, qui a généré un chiffre d'affaires de 81 millions d'euros.

Les compagnies aériennes s'opposent aux exploitants d'aéroports sur le principe de la "double caisse". Fin juin, l'Association internationale du transport aérien (Iata) avait défendu le principe de la "caisse unique", pour que les aéroports utilisent les bénéfices tirés des activités extra-aéronautiques pour minorer les taux des redevances directement à la charge des compagnies. 

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