Pour la première fois, le Conseil constitutionnel a validé jeudi 9 mai la possibilité d'un référendum d'initiative partagé (RIP) au sujet du projet de privatisation de la société ADP, anciennement appelée Aéroports de Paris. Cette décision vient en réponse à une demande de l'opposition parlementaire (248 députés et sénateurs PS, LR, PCF, LFI et du groupe Libertés et territoires), qui estime que la privatisation de l'opérateur des aéroports de Roissy, d'Orly et du Bourget privera l'Etat d'une manne financière, risque de l'éloigner des décisions stratégiques du groupe et pourrait in fine nuire à la qualité de l'accueil des voyageurs.

Loin de laisser indifférent les investisseurs privés au capital d'ADP, toujours détenu à 50,6% par l'Etat français, la perspective d'un tel référendum semble affoler le marché. Vendredi 10 mai, dans la matinée, le titre de la société dégringolait de plus de 9% à la Bourse de Paris. L'action ADP a finalement terminé la journée en baisse de 9,73%. Pour qu'une consultation populaire ait véritablement lieu, il faut à présent qu'elle soit demandée par un dixième des électeurs français, soit 4,7 millions de personnes, indique Reuters. 

Cours de l'action ADP à 10h10, vendredi 10 mai 2019, à la Bourse de Paris. Investing

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a de son côté précisé qu'il croyait toujours au bien-fondé de la privatisation d'ADP. "Fondamentalement je crois dans ce projet. Et (...) la majorité, qui a (l'a) voté unanimement, sait qu'il est bon économiquement pour le pays", a-t-il déclaré sur CNEWS. Il a aussi précisé qu'une telle opération ne serait pas engagée avant la fin de la procédure du référendum d'initiative populaire, qui doit durer neuf mois. 

En attendant, JP Morgan a choisi d'abaisser sa recommandation sur ADP à neutre, contre surpondérer auparavant, et a également revu à la baisse son objectif de cours, à 160 euros contre 210 euros précédemment. "Nous pensons (...) que l'appétit en matière d'offres dans ce contexte sera impacté", écrit la banque américaine dans une note consultée par Reuters. "A la lumière de ces nouveaux développements, nous estimons que le scénario baissier que nous avions précédemment identifié dans l'hypothèse d'une annulation de la privatisation va être testé", conclut-elle.

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