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Affaire Benalla: Gérard Collomb rejette la responsabilité sur l'Elysée — voici ses principales déclarations à l'Assemblée nationale

Affaire Benalla: Gérard Collomb rejette la responsabilité sur l'Elysée — voici ses principales déclarations à l'Assemblée nationale
© REUTERS/Philippe Wojazer
  • Au lendemain de la mise en examen de l'ancien conseiller à la sécurité d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb était auditionné à l'Assemblée nationale sur l'affaire Benalla.
  • Gérard Collomb a déclaré estimer que c'était à l'Elysée d'alerter la justice après les violences du 1er mai impliquant Alexandre Benalla.
  • Le ministre a aussi dit ignorer "sa qualité de conseiller du président de la République".

Le premier acte judiciaire de ladite "affaire Benalla" s'est clos dimanche soir avec la mise en examen d'Alexandre Benalla, ex-collaborateur d'Emmanuel Macron accusé de violences en réunion le 1er mai, et de quatre autres suspects, dont trois policiers.

Place désormais au chapitre politique.

Lundi 23 juillet, peu après 10 heures, a commencé l'audition publique du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb par la commission d'enquête de l'Assemblée. Son rôle et sa responsabilité l'objet de spéculations. Mediapart affirme notamment que le ministre de l'Intérieur avait été rencontré Alexandre Benalla le soir du 1er mai à la préfecture de police de Paris et été officiellement informé le lendemain des violences sans avertir la justice.

En préambule, Gérard Collomb a cherché à placer les faits dans un contexte plus large — celui de l'occupation de Tolbiac et l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes. "Le 1er mai s'annonçait lui-même difficile", a-t-il déclaré.

Le ministre de l'Intérieur s'est ensuite défendu de toute volonté de camoufler l'affaire et rejette la responsabilité de saisir la justice sur l'Elysée.

"En début d'après-midi [du 2 mai 2018 nldr], lors d'un de nos points de situation quotidien, mon directeur de cabinet et mon chef de cabinet m'informent de l'existence d'une vidéo montrant des faits de violence sur la place de la Contrescarpe, de l'implication de monsieur Benalla dans ces faits, et de la qualité de celui-ci (...) J'en ai informé le cabinet de la présidence de la République — c'est à l'autorité hiérarchique de prendre toutes les mesures qui s'imposent sur le plan administratif comme sur le plan judiciaire. (...)

"Monsieur Benalla ne faisant pas partie des effectifs sous mon autorité, et le cabinet du Président de la République et la préfecture de police disposant de toutes les informations nécessaires pour agir, j'ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté et je ne me suis plus occupé de ce sujet."

Interrogé par les parlementaires, le ministre de l'Intérieur a aussi affirmé qu'il ignorait le rôle de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron.

Voici ce que Gérard Collomb a déclaré au sujet d'Alexandre Benalla et de la gestion des faits dont il est accusé:

  • Sur ce qu'il savait d'Alexandre Benalla. "J'ai déjà rencontré monsieur Benalla lors de services d'ordre. Je ne le connaissais pas (...). J'ignorais sa qualité de conseiller du président de la République."
  • Sur la présence de Benalla comme observateur le 1er Mai. "Je n'ai jamais été au courant. (...) Je n'ai constaté qu'a posteriori que ces deux observateurs [Benalla et Crase ndlr] étaient là et qu'ils se sont rendus sans autorisations dans la salle de commandement, où je me suis rendu au cours de la journée avec le préfet."
  • Sur l'origine de l'invitation de Benalla au 1er mai. "Je n'en sais rien. Le préfet de police devait être au courant, en tout cas je le pense, il faudra lui poser la question. Le chef d'état-major était au courant qu'ils [Benalla et Crase ndlr.] devaient participer."
  • Sur l'origine de son brassard police et de sa radio. "Je n'en sais strictement rien."
  • Sur la découverte de la vidéo montrant Benalla en train de frapper un manifestant par ses services. "La personne qui aurait averti [le directeur de cabinet de Collomb] — c'est à vérifier — c'est la personne en charge des réseaux sociaux à l'Elysée."
  • Sur son permis de port d'arme. "Monsieur Benalla a sollicité à plusieurs reprises les services du ministère de l'Intérieur pour obtenir une autorisation de port d'arme (...). Toutes ces demandes ont été refusées car Monsieur Benalla ne rassemblait pas les conditions requises pour se voir délivrer une telle autorisation ministérielle. (...) Toutefois par un arrêté du Préfet de police du 13 octobre 2017, Monsieur Benalla s'est vu attribuer un permis de port d'arme sur un autre aspect du code.... Je l'ai découvert mercredi dernier."
  • Sur la réforme du GSPR, le Groupe de sécurité de la présidence de la République, et le rôle supposé de Benalla. "Un travail de réorganisation du service a été lancé il y a plusieurs mois. En matière de sécurité, avec d'un côté le GSPR qui assure la sécurité du président pendant les déplacements officiels, et de l'autre le commandement militaire qui assure la sécurité du président dans le palais, cela créé des situations compliquées. Il s'agit purement d'un enjeu de rationalisation des ressources et des emplois, pas de la création d'un quelconque service. Cette réflexion [n'était pas menée] par Monsieur Benalla."
  • Si une demande d'écoutes a été faite par Benalla. "A ma connaissance, non."
  • Sur la voiture de fonction de Benalla. "J'ai appris ces derniers jours que Monsieur Benalla disposait d'un véhicule avec des équipements dont certaines personnalités peuvent bénéficier. (...) Mes services n'ont jamais équipé ce véhicule."
Business Insider
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