Air France-KLM accueille une nouvelle direction — mais elle ne va pas régler ses problèmes tout de suite

REUTERS/Charles Platiau

Air France-KLM a officialisé mardi la nomination d'une équipe présidée par Anne-Marie Couderc, pour piloter le groupe le temps d'une transition espérée "la plus brève possible".

Après sa démission le 4 mai dernier, Jean-Marc Janaillac avait accepté de rester aux manettes de la compagnie aérienne jusqu'au 15 mai, le temps pour le conseil d'administration de trouver une "gouvernance de transition". 

Le Figaro avait révélé lundi soir  qu'Anne-Marie Couderc, ancienne patronne de la messagerie de presse Presstalis et administratrice du groupe franco-néerlandais depuis mai 2016, en prendrait la tête en tant que présidente non-executive.

La gestion opérationnelle est confiée à un "comité de direction collégiale (CDC)" composé des directeurs généraux d'Air France Franck Terner et de KLM Pieter Elbers et du directeur financier du groupe, Frédéric Gagey, lequel assumera les fonctions du directeur général et de porte-parole du CDC pendant la période de transition, précise le groupe.

Cette direction intérimaire doit donner au conseil d'administration "un répit dans la recherche d’un successeur au PDG sortant — recherche pour laquelle aucune date limite n'est fixée", rappelle Air Journal

La transition pourrait durer des mois.

Pour l'instant, aucun favori à la succession de Jean-Marc Janaillac n'est sorti du lot. Parmi les noms en circulation — avec des degrés de crédibilité variables — figurent, selon La Tribune:

  • Bruno Mettling, PDG d'Orange Middle East and Africa
  • Thierry Antinori, directeur commercial d'Emirates
  • Pascal de Izaguirre, président du groupe touristique TUI en France et de la compagnie Corsair
  • Lionel Guérin, ex-PDG de Transavia et ancien directeur général délégué en charge de HOP
  • Marie-Joseph Malé, PDG d'Air Austral
  • Marc Rochet, président de la low-cost long-courrier French Bee

Par ailleurs, il n'est pas exclu que la gouvernance du groupe évolue et que les fonctions de président et de directeur général soient séparées à l'avenir, rapporte aussi La Tribune. Une hypothèse qui devrait encore rétrécir le champ des possibles côté candidatures. 

Mais le temps presse car le conflit sur les salaires d'Air France se poursuit. A date, 15 jours de grève ont coûté 400 millions d'euros à Air France-KLM. 

L'Etat, qui détient 14% d'Air France-KLM, est pressé de trouver une solution. Début mai, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire rappelait ainsi:

"La feuille de route du prochain président d'Air France, elle est claire: le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue et en deuxième lieu, le rétablissement de la compétitivité."

Une autre pression pourrait venir des  deux nouveaux actionnaires étrangers du groupe, Delta Air Lines et China Easter, qui contrôlent chacun un peu moins de 10% du capital. 

Andrew Lobbenberg, analyste de HSBC, estime ainsi que "vu les changements au board et en politique, on s'attend à ce que le nouveau DG se voie confier un mandat pour restructurer plutôt qu'apaiser", dans une note citée par Reuters.

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