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Airbnb résiste bien à la pandémie avant son entrée en Bourse

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Airbnb résiste bien à la pandémie avant son entrée en Bourse
© Pixabay

Airbnb est parvenue à dégager des bénéfices cet été. De juillet à septembre 2020, la société a réalisé 219 millions de dollars de profits, signe que l'entreprise, qui s'apprête à entrer en Bourse, semble avoir la capacité de bien résister à la pandémie. La plateforme de location de logements entre particuliers a publié lundi 16 novembre son dossier officiel pour son arrivée prochaine à Wall Street. Née à San Francisco il y a 13 ans, la société a créé un concept qui a bouleversé l'industrie des voyages professionnels et du tourisme, avec 4 millions d'hôtes à son compteur.

Mais elle a été heurtée de plein fouet par les mesures sanitaires imposées dans le monde à l'hiver et au printemps dernier : son chiffre d'affaires des 9 premiers mois de 2020 a plongé de 32% sur un an, à 2,5 milliards de dollars. Le Covid-19 "va continuer d'avoir un impact négatif sur nos résultats opérationnels et financiers sur le long terme", reconnaît le groupe californien.

"Cependant, nous pensons qu'au fur et à mesure que le monde se rétablit de la pandémie, Airbnb va être une source vitale d'émancipation économique pour des millions de personnes". L'entreprise a notamment trouvé une bouée de sauvetage dans l'appétit pour les longs weekends et vacances à proximité de chez soi, faute de pouvoir voyager.

Elle constate aussi que "les séjours de plus de quelques jours ont commencé à augmenter alors que le 'travail à la maison' est devenu le 'travail de n'importe quelle maison' sur Airbnb".

Signal positif pour les investisseurs

En 2018 et 2019, le groupe avait déjà dégagé un profit pendant la saison estivale, contrairement aux autres trimestres. Mais il a baissé en 2019, de 21% à 267 millions de dollars, et en 2020, de 17% à 219 millions. Ces bénéfices nets constituent néanmoins un signal positif pour les investisseurs : d'autres sociétés relevant de la "gig economy", ou économie du partage, comme Uber, entré en Bourse l'année dernière, n'ont jamais réussi à être rentables.

Airbnb avait démarré son processus d'entrée en Bourse à l'été en utilisant un mécanisme dit "confidentiel", mis en place en 2012 et élargi en 2017 aux grosses entreprises par la SEC, qui permet de garder secrètes des informations jugées stratégiques. Ce dispositif permet notamment de s'exposer plus en douceur aux marchés, qui se sont avérés redoutables pour d'autres licornes (entreprises non cotées valorisées à plus d'un milliard), comme WeWork.

25% des emplois supprimés

En avril, en plein marasme à cause des nombreuses annulations et de la crise du tourisme liée à la crise sanitaire, Airbnb avait levé 1 milliard de dollars auprès de fonds d'investissement. Elle valait alors 18 milliards de dollars, selon la chaîne économique américaine CNBC, bien en-deçà des 35 milliards estimés avant la pandémie. En outre, Brian Chesky, cofondateur et directeur général de la plateforme, a annoncé la suppression d'environ 25% de ses 7 500 employés dans le monde.

La pandémie a pu faire douter de la viabilité du modèle d'Airbnb, qui a connu une croissance spectaculaire ces dernières années. Mais selon Arun Sundararajan, professeur à la New York University et chercheur sur l'économie du partage, la plateforme a su construire une relation de confiance avec ses utilisateurs, notamment grâce à de nouvelles règles sanitaires.

"Au fur et à mesure que les gens reprendront les voyages, ils s'orienteront vers des espaces sur lesquels ils sentiront qu'ils ont un contrôle", disait-il à l'AFP en mai dernier. "Ils ne voudront pas traverser de réceptions d'hôtel bondées".

Les hôtes d'Airbnb ont déjà accueilli plus de 825 millions de clients et gagné plus de 110 milliards de dollars au total, depuis la création de la plateforme.

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