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Airbus développe des 'nez électroniques' qui pourraient détecter les bombes mais aussi le coronavirus

Airbus développe des 'nez électroniques' qui pourraient détecter les bombes mais aussi le coronavirus
Une version d'Airbus des capteurs électroniques qui peuvent détecter des explosifs à bord d'un avion. © Airbus

Le géant de la construction aéronautique Airbus s'est associé à une petite start-up biotechnologique de la Silicon Valley pour déployer des "nez électroniques" dans les aéroports et sur les avions, rapporte le Financial Times. Les capteurs ont pour objectif initial de détecter des explosifs, mais Airbus penserait à réadapter les appareils pour qu'un jour ils puissent également détecter des virus contagieux tels que le Covid-19, a déclaré le constructeur lundi.

Koniku Inc. a développé des capteurs potentiellement révolutionnaires, qui peuvent être fixés sur des surfaces, à la fois dans les terminaux d'aéroport et dans les avions. Le Financial Times les compare à des méduses en raison de leur apparence et leur capacité à adhérer aux surfaces. Une illustration d'Airbus montre que ces dispositifs peuvent être placés sur des poubelles à l'avant de l'avion pour une meilleure détection.

"Nous avons développé une technologie qui est capable de détecter l'odeur — cela vous dit ce qu'il y a dans l'air", a déclaré le fondateur de Koniku, Oshiorenoya Agabi, au Financial Times. "Ce que nous faisons, c'est que nous prenons des cellules biologiques, des cellules Hek ou des astrocytes — des cellules du cerveau — et nous les modifions génétiquement pour qu'elles aient des récepteurs olfactifs".

La détection des odeurs joue déjà un rôle important dans la sûreté aérienne, cette tâche étant principalement confiée à des chiens spécialement entraînés qui reniflent les bagages et les passagers dans le but de trouver des explosifs ou des substances illicites, qui dégagent des odeurs indétectables au nez humain. Le ministère américain de la sécurité intérieure, par exemple, emploie des chiens dans les aéroports, les postes frontières et les ports maritimes de tout le pays.

Un chien renifleur des douanes américaines.  OHANNES EISELE/AFP/Getty

Utiles aux forces de l'ordre, les chiens peuvent également être dressés pour détecter diverses maladies comme le cancer, comme l'a découvert la Harvard Medical School.

Les tentatives d'attentats à la bombe sont de plus en plus rare, mais restent une menace persistante, avec trois incidents au cours de la dernière décennie, dont l'un a réussi à faire crasher un avion de ligne en 2015, rappelle CNN. Alors que la pandémie de Covid-19 se poursuit, l'éventuelle détection de virus potentiel par les capteurs pourrait être utile pour redonner confiance aux voyageurs.

Cette annonce intervient alors que les voyageurs se méfient de plus en plus des voyages aériens en raison du Covid-19, et que les compagnies aériennes commencent à mettre en place des procédures de distanciation sociale dans les avions. Certaines, comme Air France, vont même jusqu'à exiger que leurs passagers portent leur propre masque lorsqu'ils prennent l'avion.

Un capteur d'odeur électronique de Koniku Inc. destiné à détecter les explosifs.  Airbus

Les voyageurs étant désormais sceptiques, l'évolution du "nez électronique" pourrait hâter le retour du transport aérien au niveau de 2019, ce qui, selon la plupart des compagnies aériennes, pourrait prendre des années. Depuis le début de la pandémie qui a ravagé l'aviation civile, les compagnies aériennes ont testé des moyens de redonner confiance aux voyageurs, notamment en mettant en avant de nouvelles techniques de nettoyage et en assouplissant les politiques de changement et d'annulation pour que les clients reprennent l'avion.

Les deux entreprises prévoient de commencer les tests dans les aéroports vers la fin de l'année 2020.

Version originale : Thomas Pallini/ Business Insider

Business Insider
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